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1780.

Novembre, Départ du port de Sisiran, situé sur la côte orientale de l'isle Luçon, par 14a 20' de latitude nord, 126d 34' à l'ouest de Saint-Lucas ou Lucar, en Californie, 121d 20' à l'est de Paris, 20' à l'ouest de Saint-Bernard ou Bernardin dans le débouquement.

21.

JE mis à la voile, le 21 novembre, par de jolis vents d'est-nord-est et d'est, qui ne tardèrent pas à forcer; et comme ils m'étaient directement contraires, je courus diverses bordées pour m'élever au nord et m'éloigner de l'isle Catanduanès. Ces vents me portèrent jusqu'à la latitude de 16a 14′, que j'observai Décembre. le 30. Je fis alors route au sud-sud-est, et je revis l'isle le 3 décembre : elle me restait au sud-est quart sud, à la distance de cinq lieues. Je conclus que les eaux m'avaient rejeté 2d 26′ à l'ouest, nonobstant la correction que j'avais faite de ma route dans le nord-nord

3.

ouest.

*

Dans cette position où j'étais retenu par les vents, qui ne me permettaient pas de porter au sud-est, je fus assailli par une mer grosse et élevée, et par des vents extrêmement forcés,

* Outre les courans, la dérive avait sans doute beaucoup influé sur la direction de la route; mais c'était apparemment sur l'estime de cette dérive que la route avait été corrigée.

cape

qui m'obligèrent de mettre souvent à la
sous la misaine, ayant toutes les peines pos-
sibles à gagner le dessus du vent, pour pou-
voir continuer mon voyage.

1780.

Décembre.

Le 9 décembre, après avoir couru plusieurs 9. bordées, je me retrouvai en vue de l'isle Catanduanès, et j'y pris mon dernier point de départ, la pointe la plus sud de l'isle me restant à l'ouest-nord-ouest 3d ouest, à la distance de dix à douze lieues; ce qui me mettait à 13a 24' de latitude, et à 122d 26' de longitude à l'est de Paris, 46′ à l'est de Saint-Bernardin.

Nous eûmes alors des vents assez bons frais, soufflant du troisième quart; j'en profitai pour courir à l'est jusqu'au 14 décembre, que les 14. vents se remirent à l'est-nord-est, à l'est et à l'est-sud-est. Ce changement m'obligea de naviguer par les rumbs du deuxième quart les plus près du sud.

19.

20.

Le 18, suivant une des cartes sur lesquelles 18. je dirigeais ma route, je devais être à l'est de l'isle nommée le Martyr, à sept lieues de distance; et entre le 20 et le 21, j'aurais dû passer sur celle qu'on nomme le Triangle: mais, suivant une autre carte, j'étais le 19 en la proximité de l'isle Yap, ou grande Caroline, et le 20 par le travers des isles Palos, sans que nous ayons eu connaissance d'aucune de ces isles: mais une mer courte et houleuse que nous éprouvions, ne pouvait avoir d'autre cause que la proximité des isles Carolines, ou nouvelles Philippines, telles qu'elles sont placées sur la carte française.

178c.

29.

Le 29, je traversai la Ligne, et passai dans l'hémisphère austral. Les vents soufflèrent Décembre. alors du troisième et du quatrième quart. Ils étaient assez frais, mais entremêlés de calmes fréquens, qui nous incommodèrent beaucoup par les chaleurs excessives qu'ils occasionnèrent. Je suivis alors les rumbs du deuxième et du premier quart voisins de l'est, ne perdant cependant pas de vue le dessein que j'avais de m'élever insensiblement dans le sud, pour y rencontrer les vents occidentaux qui devaient régner dans de plus hautes latitudes. Faisant cette route, nous remarquâmes beaucoup de gros tronçons d'arbres, des oiseaux de différente espèce, des foux, et d'autres qu'on nomme dominicos.

I

Dans cette même course, je me proposais de reconnaître les Mille-isles, dont Bougainville place, sur sa carte, la plus boréale et orientale par 1d 10' de latitude australe, et 1781. par...... à l'est de Paris. Je les reconnus Janvier. en effet le 7 janvier; 'elles s'étendaient du 38° degré du second quart, jusqu'au 9° degré du troisième. La latitude de celle qui était le plus au nord-est, fut trouvée précisément la même que celle que la carte indiquait;

7.

'La longitude est en blanc sur le manuscrit : elle est de 139 36', suivant la carte de Bougainville. Au reste, les Mille-isles sont manifestement la même chose que son Échiquier.

2

Donc elles s'étendaient de l'est 38 degrés sud, • au sud 9 degrés ouest.

mais sa longitude était, suivant mon point, de 1414 12 à l'est de Paris.

y en

Je me déterminai à côtoyer ces isles à la moindre distance qu'il me serait possible. J'en fis une infinité de relèvemens, lesquels, combinés avec le chemin que faisait la frégate, m'ont mis en état de déterminer avec la plus grande précision la position de vingt-neuf de ces isles que nous avons découvertes. Il a sans doute beaucoup d'autres dans la partie du sud, dont nous n'avons pu prendre connaissance. Il n'est pas possible de marquer sur la carte l'étendue de chacune de ces isles; à peine y en a-t-il quelques unes qui aient une lieue dans leur plus grande longueur. Toutes sont rases et couvertes d'arbres : quelques unes sont environnées de ressifs qui les joignent avec les isles voisines. La mer brise sur ces ressifs; mais ces brisans ne s'apperçoivent qu'à peu de distance. Je continuai à m'approcher de ces isles, de manière que je passai à deux milles de distance de la plus boréale. A sept heures du soir, je découvris beaucoup de feux sur les isles les plus orientales: je ne pus être que très-étonné de voir que d'aussi petites parcelles de terre fussent habitées.

Quittant ces isles, je fis gouverner à l'est quart nord-est; et le 8 nous découvrîmes au sud 3 degrés est, à la distance de cinq à six lieues, deux islots, que je nommailes Hermites; le même jour au soir nous vîmes les Anachorètes au nord et à l'ouest, à la distance de cinq milles je les trouvai bien précisément

1781.

Janvier.

8.

1781.

par la latitude que Bougainville leur assigne. Nous vîmes, au même instant, quatre petits Janvier. islots à l'est: je les dépassai à minuit, par la partie du sud, à la distance d'une lieue; je

10.

11.

nommai les Moines.

De ce parage, je portai sur le cap nord de la nouvelle Bretagne mais, le 10, l'aurore commençait à peine à paraître, lorsque je découvris d'autres isles au sud sud-est *. Je courus, ce même jour et le suivant, le long de la plus occidentale, à une distance raisonnable. Je pris toutes les mesures possibles pour m'assurer, à force de relèvemens, de sa véritable situation, et je puis assurer que sa côte du nord a onze lieues de long. L'isle est sans doute large à proportion; car au-delà des plaines qui s'étendent jusqu'au bord de la mer, on voit plusieurs montagnes assez élevées la carte en représente la perspective. Au large de cette isle sont quatre autres isles dont les plages se succèdent elles sont couvertes d'arbres; les bords de la mer sont francs, libres de ressifs : je ne doute pas que dans les canaux qui séparent ces isles on ne trouve de bons fonds, où les vaisseaux soient suffisamment à l'abri de la mer et des vents.

:

Les habitans de ces isles, me voyant, le i1,

* Il y a dans le manuscrit sudoeste : il faut sans doute lire sudeste ou sud-sueste, sud-est ou sud-sudest; toute la suite prouve que cette isle ne pouvait rester alors à l'ouest de la frégate.

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