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correction ci-dessus indiquée, c'est-à-dire par 32d 30′ de latitude, et 133d 40' à l'ouest du méridien de Greenwich, ou 136a à l'ouest de Paris, fit une observation qui mérite d'être rapportée.

Ce jour, dit-il (22 juillet 1773), fut remarquable en ce que nous ne vîmes pas un « seul oiseau ; il ne s'en était encore passé au«< cun, depuis que nous avions quitté la nou« velle Zélande, sans appercevoir ou des al«batros ou des coupeurs d'eau, des pin« tades, etc.; ils fréquentent chaque portion de l'Océan austral dans les latitudes plus « élevées enfin nous ne découvrîmes abso<«<lument rien qui pût nous faire penser qu'il « y eût quelque terre dans le parage où nous « naviguions ». (Second Voyage de Cook, tome I, page 135 de l'original.)

Cette observation pourrait faire penser qu'on a peu d'espoir de trouver ces isles ou terres vues par les Espagnols à 32 degrés de latitude, en les cherchant sur le méridien de 136 degrés à l'oceident de Paris, puisque le capitaine Cook, étant par ce méridien, et à peu près sur le parallèle supposé de ces isles, n'a vu aucun oiseau, aucun signe de terre. On n'est cependant pas fondé à révoquer en doute leur existence; et après avoir exposé les raisons qui doivent laisser une grande incertitude sur leur véritable position, l'on ne peut que s'en rapporter à M. de la Pérouse, de faire entrer ces raisons en considération dans la recherche qu'il fera de ces terres. On obser

vera, en finissant cet article, qu'il est trèsprobable qu'elles sont plus dans l'ouest que 136d à l'occident de Paris, puisque les Espagnols les trouvèrent en revenant d'O-Taiti au Pérou, et qu'il aurait fallu qu'ils eussent pu faire mieux que le sud-est corrigé, avec les vents alizés du sud de la Ligne, pour pouvoir remonter près de 22 degrés vers l'est, sur 14 degiés et demi seulement en latitude,

GRAND OCEAN ÉQUATORIA L.

28. Isles de la mer du Sud, ou du grand Océan équatorial, entre le 26° et le 10 degré de latitude sud, dans l'espace compris entre le 130 méridien à l'occident, et le 170° à l'orient de Paris.

Pour toutes les isles renfermées dans ces limites, on ne peut que renvoyer M. de la Pérouse aux relations des voyages de Byron, Bougainville, Carteret, Wallis, Furneaux et Cook; il y trouvera tous les détails géographiques, physiques et historiques, qui peuvent lui être utiles dans la recherche de quelques unes de ces isles, et dans les séjours qu'il sera dans le cas d'y faire. A l'égard des isles anciennement découvertes dans ces mêmes parages, par Mendana en 1567 et 1595, Quiros et Torrez en 1606, le Maire et Schouten en 1616, Abel Tasman en 1642, et Roggewein, en 1722, on les a insérées dans la carte, du grand Océan équatorial, qui a été remise à

M. de la Pérouse, pour sa navigation, conformément aux indications qu'on a pu tirer des relations originales qui ont été publiées des découvertes de ces navigateurs. Les positions qu'on leur donne sur la carte, different cependant beaucoup de celles que les géographes avaient cru pouvoir leur assigner d'après ces mêmes relations; mais l'identité prouvée de quelques unes de ces isles avec celles qui ont été reconnues par les navigateurs modernes, ayant servi à rectifier quelques unes des anciennes déterminations, on a fait usage de ces points rectifiés, comme de points d'appui, pour corriger de proche en proche, et du moins en partie, les positions de quelques autres isles anciennement découvertes qui n'ont point encore été retrouvées: il en est cependant plusieurs sur lesquelles il reste la plus grande incertitude, parce que les journaux des anciens navigateurs sont si dépourvus d'observations et de dates, si stériles sur le fait de la navigation, qu'on ne peut en tirer le plus souvent que des conjectures peu satisfaisantes; leur silence sur les circonstances les plus intéressantes du voyage terdit quelquefois au géographe toute combinaison, tout rapprochement avec d'autres journaux d'où l'on pourrait tirer des lumières pour nous guider dans ces ténèbres.

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On va tracer sommairement les routes indiquées et les découvertes de ces anciens navigateurs, telles qu'on a pu les déduire des relations qui ont paru mériter le plus de con

fiance. On doit desirer que le hasard et des combinaisons heureuses mettent les bâtimens de sa majesté à portée de rencontrer quelques unes de ces isles perdues pour la navigation, qui, en leur offrant, pour la suite de leurs découvertes, des ressources en vivres et en rafraîchissemens, pourraient aussi contribuer à l'accroissement des connaissances humaines.

1o. Voyage de Magellan* (année 1519). Du détroit auquel ce navigateur donna son nom, il fit route à l'ouest-nord-ouest jusqu'à l'Equateur, qu'il passa à 9858 milles du détroit, et vers le 170° degré de longitude orien tale de Paris; et, dans cette longue traversée, il ne découvrit que deux petites isles désertes, éloignées l'une de l'autre de deux cents lieues; savoir, Saint-Pierre, par 18 ou 19 degrés de latitude sud; l'isle des Tiburons, par 14 ou 15 degrés de latitude sud.

Ces isles, que Magellan nomma en général isles Malheureuses, sont encore inconnues, et on ne les a pas marquées sur la carte du grand Océan équatorial, parce que leur position n'est pas indiquée d'une manière assez précise. De toutes les isles découvertes depuis

*Voyez le Voyage et navigation des isles MoLuques par les Espagnols, décrit par Ant. Pigaphetta; la Collection de Ramusio; Decadas da Asia, de Barros e Couto; - Navigations aux terres australes, par de Brosses; Historical Col lection de Dalrymple, et autres.

Magellan, il n'y a que l'isle Sauvage de Cook et l'Enfant-perdu de Bougainville qui pussent nous représenter les deux isles Malheureuses: elles sont à deux cents lieues l'une de l'autre, comme celles-ci, et à peu près par leur latitude; l'isle Sauvage, par 19d 1' de latitude, et 172d 30' de longitude occidentale du méridien de Paris; l'Enfant-perdu, par 14a 6′ de latitude, et 179d 2' de longitude orientale.

20. Voyage de Mendana * (année 1567). Du Callao, port de Lima, Mendana fait route à l'ouest, et parcourt quatorze cent cinquante lieues (espagnoles, de 17 et demie au degré) sans trouver de terres. Il découvre alors:

L'isle de Jésus, petite isle habitée, latitude sud, 6d 15':

Les basses de la Chandeleur, ressifs avec plusieurs petites isles; le milieu par 6d 15′ de latitude sud, et à cent soixante-dix lieues de l'isle de Jésus:

L'isle Isabelle, de quatre-vingt-quinze lieues de long sur vingt de large, dont la pointe du sud-est est par 9d de latitude, et la pointe nord-ouest par d 30. On y mouilla dans un port qui est à la côte du nord; et un brigantin qui fut envoyé de là en découverte, reconnut les isles suivantes :

* Geographia indiana de Herrera. las Indias de Lopes Vas. australes, par de Brosses.

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Historia de

Navigations aux terres

- Historical Collection de

Dalrymple. Découvertes dans la mer du Sud, etc.

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