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lente de l'autorité, légalisoit ses opérations. La probité, qui se fût permise de demander hautement justice, eût été conduite à l'échafaud. Les scélérats triomphoient; dans leur arrogance, ils insultoient à la consternation publique, et faisoient croître l'effroi général, par le développement audacieux de leur infernale doctrine. Le temps est arrivé, disoient-ils, où doit s'accomplir cette prophétie : que les riches seront mis " à la place des pauvres, et les pauvres à la place des riches (1). Le notable Roullot annonçoit que ceux-ci seroient encore heureux, si on leur laissoit la moitié de leurs biens. Tarpan écrivoit de Paris, que si les ouvriers de Lyon man

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quoient d'ouvrage et de pain, ils pourroient 99 mettre ces calamités à profit, en s'emparant , des richesses, à côté desquels ils se trou

voient (2). Enfin le député Cusset leur crioit du même lieu: Nul individu ne peut mourir , de faim, près d'un sac de bled..... Voulez-vous ,, un mot qui paye pour tout ce dont vous avez ,, besoin? Mourez, ou FAITES MOURIR (3).

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Ces principes épouvantables, ne se concentroient point dans l'enceinte de la ville; des prédicans alloient des propager dans les campagnes, poury allumer aussi la soif du désordre et du carnage, dont la cité redonnoit l'exemple. Un boulanger étoit arraché des prisons et mis en pieces, par les bêtes féroces du club central; nombre de personnes étoient assassinées sur les places, dans les rues, en plein jour; et la police municipale laissoit impunis, des meurtres, que sans doute elle avoit promiş de favoriser par son si

lence....

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-15La cause de ces agitations meurtrieres, étoit dans l'effort que faisoit à Paris la faction des Cordeliers aidée des Jacobins, pour renverser la république naissante, susciter une septembrisa tion contre les députés, appellés girondins, et donner un dictateur à la France.

. Il importe, afin de faire comprendre tout ce qui va suivre, de s'arrêter ici pour reconnoître les traits caractéristiques de ces trois factions, leurs motifs, leurs vues, leurs mouvemens particuliers: car c'est aux efforts que chacune d'elles a faits pour s'emparer de Lyon, qu'il faut attribuer les déchiremens que cette ville a soufferts.

Les Jacobins, proprement dits, composés de la

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lie de la société, professoient le brigandage et le meurtre, uniquement pour eux-mêmes, et par l'appât des richesses qu'ils en espéroient. Les Cordeliers, plus vastes dans leurs desseins, ne vouloient ces désordres, que pour parvenir, par une désorganisation complette, à l'établissement, sans obstacle, du trône de d'Orléans, Ils s'aidoient efficacement de l'influence des Jacobins, dans la société desquels ils venoient, comme affiliés, lui donner une direction convenable à leurs complots. On sait que cette réunion produisit le parti formidable qui prit le nom de la Montagne..al

Le girondisme naquit de l'orgueil irrité de certains fauteurs de l'orléanisme, auxquels Philippe préféroit les Danton, les Marat, les Robespierre, les Dubois-Crancé, les Tallien, les Thuriot, etc., et qui, pour s'en venger, avoient furtivement introduit la république, suivant l'expression connue de Robespierre. Tels furent les Condorcet, les Brissot, les Rolland, les Barbaroux, les Verg niaud, les Guadet, des Gensonné, etc., qui faisant alors un hypocrite étalage de modération et de principes, s'efforçoient de rendre estimable, la républi que, cet, œuvre de leur vengeance (1) Tous ceux

(1) Babœuf nous apprend (20 et 21 pieces), que d'Orléans donnoit tous les matins à déjeûner, chez Ro

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qui réunissoient la peur de l'anarchie, à la haine d'une autorité qu'ils ne partageoient pas, se rangerent dans ce parti. Non moins ennemis de l'ordre, et non moins sanguinaires que les Jacobins, tant que le pouvoir fut entre les mains du roi : les girondins ne s'éléverent, contre eux, que pour révendiquer la puissance souveraine. Aussi funestes qu'eux à Louis XVI, ils leur ont envié le plaisir de le déclarer coupable; mais plus timides et plus rusés, ils ont cru, après l'avoir ainsi condamné réellement à la mort, qu'ils se mettroient à couvert des suites, en se retranchant, avec de ridicules formes de justice et d'humanité, derriere l'inutile appel au peuple.

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Lyon étoit alors, comme nous l'avons dit, la proie des Cordeliers et des Jacobins réunis; les girondins conçurent le dessein de leur enlever cette villé. Vitet qui toujours fidele à Rolland, se trouvoit des leurs, parut d'autant plus propre à faire cette conquête, que sa connivence avec les septembriseurs de Lyon, ne pouvoit que lui

bert, député de Paris, à Dubois-Crancé, Merlin de Thion ville, Thuriot, Tallien; et que Sillery, son intendant, rassembloit chez lui les Vergniand, les Guadet, les Gensonné, etc.

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faciliter les moyens dien venir à bonto Ce fut pony cela qu'ils l'ynfirent envoyer deux fois de suite, au nom de la convention, sous le prétexte de quelques troubles dont ils n'étoient pas inndcens. Vitet échoua; Challier qui connut ses prot jets, devint son ennemi, le club central lui déclara la guerre.petVitet, loin de le désarmer par beaucoup de dissimulation/s/emportas jusqu'à dire aux administrateurs du département, en conseil-général, qu'il ne falloit paslice se familia riser avec le peuple, parce que la familiarité engendroit, le mépris 19. 52291ide.sb vos é Alors les clubistes éclaterentaveofureur contre Vitet. Il tenta de se disculper par une affiche, où Challier ret se's disciples crurent voir qu'il les dévouoit au poignard, Des clameurs menaçantes s'ét levoient contre lui: le cordelier: Tallien les répé toit dans son journal; Vitet sentit le danger de séjourner à Lyon. Il en partit, couvert de l'exé? cration des patriotes, qu'il laissoit incurablement irrités contre tout ce qui tenoitsaus girondisme, sous le nom de feuillantins, de modérés et de rollandistes (1).

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(1) Le maire Bertrand et les autres municipaux, donnerent sur ces événemens, en mars suivant, un mémoire cu

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