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après Romulus, Bajazet après Mahomet et Salomon après David; mais qu'il falloit Tullus après Numa, Soliman après Bajazet, et un autre que Roboam après Salomon. Ne pourroit-on pas dire aussi qu'un Prince ferme et peut-être sévère eût été nécessaire, eût été bien placé entre Louis XV, et Louis XVI, comme il auroit fallu sans doute, entre les deux premiers Stuarts, une seconde Elisabeth.

Les divers apperçus que je viens de présenter sur les signes avant-coureurs d'une Révolution, à l'époque où je me suis placé, sembloient encore alors foiblement expressifs, et peut-être que l'Histoire ne les auroit pas recueillis, si les événemens subséquens. ne leur avoient pas donné de la consistance. Tout étoit réparable au milieu des Français, près de leur caractère, et à la faveur des sentimens ou des liens d'habitude qui les unissoient à la Monarchie. Le retour à une Administration sage eût remis, au moins pour un tems, le

calme dans les

esprits. On étoit, il

est

vrai, devenu

difficile, non seulement parce qu'on avoit acquis de nouvelles lumières, mais aussi parce qu'on n'étoit pas diposé à décheoir des espérances que l'événement d'un nouveau règne avoit données. On étoit sorti du précédent avec un sentiment de fatigue et d'irritation; et comme l'indifférence de Louis XV avoit succédé aux folies de la Régence et aux dissipations de Louis XIV, on croyoit qu'il étoit tems de voir enfin la fortune publique en sûreté et l'on désiroit impatiemment que les propriétés particulières obtinssent une sauve-garde, qu'elles en obtinssent une, suite d'exactions toujours nouvelles, et dont la nécessité étoit imputée à l'inconduite ou à l'impéritie du Gouvernement.

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contre cette

J'AVOIS laissé les Finances dans un équilibre parfait, en 1781, mais les impôts étoient considérables. Le Roi avoit prévenu leur accroissement, en ménageant, par des économies, un intérêt aux emprunts devenus indispensables pour subvenir aux dépenses

extraordinaires de la guerre. Tous les efforts du Ministre des Finances n'avoient pu s'étendre plus loin. Le Monarque se trompa, ce me semble, lorsqu'il crut, sur la parole de M. de Maurepas, que tout étoit au plus simple dans cette administration, et qu'un autre feroit aussi bien. La Nation se montra d'une opinion différente; mais elle m'auroit oublié peut-être, comme elle a fait de tant d'autres, si la prudence ou la fortune du Gouvernement m'eussent donné pour successeurs des hommes en état d'être opposés avec succès, à des circonstances pénibles. La guerre n'étoit pas encore terminée, mais le prochain retour de la paix eût ouvert à l'espérance une nouvelle carrière, si le Roi n'avoit pas confié les austères fonctions de l'Administration des Finances à un homme plus digne d'être le héros des Courtisans que le Ministre d'un Roi. La réputation de M. de Calonne étoit en contraste avec la moralité de Louis XVI; et je ne sais par quels raisonnemens, ou par quel ascendant, on engagea ce Prince à donner une place

dans son Conseil à un Magistrat avoué, reconnu pour aimable dans les sociétés de Paris les plus élégantes, mais dont toute la France redoutoit les principes et la légèreté. Combien de repentirs ont dû suivre cette détermination on prodigua l'argent, on multiplia les largesses, on ne se défendit d'aucune facilité, d'aucune complaisance, on fit même de l'économie un objet de dérision, et pour donner un air de systême à cette conduite inconsidérée, on osa professer, pour la première fois, que l'immensité des dépenses, en animant la circulation, étoit le véritable principe du crédit, et l'on fut applaudi de tous ceux qui se trouvoient propres à seconder le Ministre dans cette manière de servir l'État.

LA Nation cependant considéroit avec res sentiment une pareille subversion de toutes les idées d'ordre et de moralité, et les Créanciers de l'État, en particulier, s'effrayoient du précipice que l'on creusoit chaque jour autour de leur fortune et de leurs propriétés.

Ce fut alors que le Ministre, pressé par l'embarras des affaires et dans l'espoir de déplacer, de transporter ailleurs une responsabilité qui l'alarmoit, engagea le Monarque à convoquer une Assemblée de Notables. Il se flatta d'appaiser les mécontentemens, ou de distraire du moins les esprits, en proposant à cette assemblée un grand nombre d'opérations générales, et dont plusieurs eussent captivé l'intérêt public, si le Ministre n'eût pas attiré sur ses idées la défiance qu'on avoit conçue pour ses principes.

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Les Notables se comportèrent avec dignité, et M. de Calonne, qui avoit dirigé les nomi nations du Roi sur les hommes les plus distingués dans la Nation, mérita d'en être loué, et il obtint cette justice. Cependant on se perdit en recherches et en incertitudes, et l'on ne put atteindre à aucun but. Il étoit difficile aux Notables de concilier leur devoir et leur réputation avec les idées du Gouvernement; car ils ne pouvoient pas

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