Images de page
PDF
ePub

lly eut aux Etats de Blois en 1588 134 Députés de l'Eglise,

104 Députés de la Noblesse,

191 Députés du Tiers-Etat, sans ceux, dit la Chronique, qui sont arrivés depuis la première et la seconde séance.

Il y eut aux Etats de Blois en 1576. 104 Députés du Clergé,

72 Députés de la Noblesse, 150 Députés du Tiers-Etat.

On voit donc qu'aux deux Assemblées tenues à Blois, à la première en date sur tout, le nombre des Députés du Tiers-Eta

Ville et Gouvernement de la

Rochelle...

Sénéchaussée de Lodunois.

Sénéchaussée de Chastelleraudais.

Bailliage de Bugey et Valromey.

[merged small][ocr errors][ocr errors][merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][merged small]

étoit-à-peu-près égal au nombre des Députés réunis de la Noblesse et du Clergé.

[ocr errors]

La différence se trouva plus grande aux Etats de 1614, et cependant elle ne fut pas d'un contre deux, mais de huit contre

onze.

Enfin, aux petits Etats de Pontoise (1561) qui précédèrent les Etats de Blois dont je viens de parler, et où cependant on accorda un impôt sur les boissons, considérable pour le tems, les Députés de la Noblesse et les Députés du Tiers-Etat étoient en nombre égal. Les Députés du Clergé n'assistèrent point à cette Assemblée; ils étoient alors réunis à Po ́ssy pour les affaires de la Religion et ils promirent un secours particulier,

Que signifie donc, près de ces divers éclaircissemens, le nom de doublement du Tiers appliqué si légèrement à l'égalité de nombre entre les Députés du Tiers Etat et les Députés réunis du Clergé et de là Noblesse?

La grande question, en 1789 et en tous les tems, n'étoit pas le nombre respectif des Députés des trois Ordres, mais leur manière de délibérer, par tête ou par Bailliages, les Ordres réunis ou les Ordres séparés; questions que je traiterai dans la suite et à leur place.

Elles n'appartiennent point au Résultat du Conseil du 27 Décembre, puisque ce Résultat ne changeoit point les anciennes formes de discussion, et qu'au contraire il les rappcloit. Mais une observation plus importante sur le prétendu doublement du Tiers, c'est que le Roi en déterminant, comme le fit, le nombre respectif des Députés des rois Ordres, restreignit en réalité les Députations du fiers-Etat; vérité remarquable. et que je dois expliquer.

On auoit suivi, je suppose, le formulaire adopté précédemment par la Chancellerie; ainsi l'on eût adressé aux Eailliages des Lettres-de-convocation, où l'on auroit dit,

en parlant du nombre des Députés, un de chaque Ordre, un de chaque Ordre au plus, un de chaque Ordre au moins. Les Bailliages en recevant ces Lettres auroient consulté la tradition, auroient examiné les procès verbaux, et ils auroient vu, que nonobstant les formules d'usage, ils avoient envoyé, selon leur libre arbitre et sans aucune contradiction, tantôt plus, tantôt moins de Députés; et leur motif de confiance n'étant pas diminué, tout au contraire, ils auroient, chacun d'eux, suivi leur convenance.

Or peut-on mettre en doute qu'il y avoit et qu'il devoit y avoir un beaucoup plus grand empressement pour les Etats de 1789 que pour aucune autre tenue antécédente? Le Tiers-Etat, dans un tems où les grandes routes étoient imparfaites et peu nombreuses, les chemins de traverse quelquefois impraticables, les voitures publiques encore inconnues, devoit se soumettre avec peine aux fatigues et à la dépense des Députations, longtems même il fut obligé de payer,

lui seul, tous les frais occasionnés par la tenue des Assemblées Nationales, et l'om voit qu'aux Etats de Tours, sous Charles VIII, le Chancelier invita le Clergé et la Noblesse à payer une part de ces frais pár pitié pour le pauvre Peuple. Enfin on sait que le TiersEtat se montra souvent indifférent, et avec raison, à la plupart des intérêts et des querelles qui déterminèrent les Monarques Français, les Princes et les Régences, une convocation d'Etats-Généraux.

Rappelons encore qu'autrefois l'éducation étoit rare, la science à son commencement,' l'espoir de briller incertain, et n'oublions. pas non plus que la distribution des graces étoit autour du Prince et de ses Ministres, infiniment circonscrite.

Tout étoit différent à la fin du dix-huitième siècle, tout étoit autre, tout étoit changé; Paris se trouvoit rapproché, pour ainsi dire, de toutes les parties du Royaume par l'extrême facilité des communications, et

« PrécédentContinuer »