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Nous apperçûmes ensuite le grand mar- Avril tin pêcheur brun (91), décrit par Latham (92) 18. dans son Synopsis generalis avium, vol 2, pag. 603. La longueur de cet oiseau est de dix-huit pouces. Le bec est noir par-dessus et blanc en dessous. Les plumes de la tête sont déliées et assez longues, de sorte qu'elles forment une espèce de crête. Elles sont de couleur brune, rayées d'un brun plus clair. Le dos et les ailes sont fauves. La partie inférieure du dos et le croupion sont d'un verd-bleu pâle, les bords extérieurs bleus et les bouts noirs. On remarque sur chaque aîle une tache d'un verd bleu lustré. La queue est sillonnée de raies de couleur ferrugineuse, mêlée d'une teinte pourprée. L'extrémité est blanche. La partie inférieure du corps est de la même couleur, rayée transversalement de lignes sombres : les jambes sont jaunes et les ongles noirs.

Cet oiseau est commun dans plusieurs îles de la mer du sud et se rencontre fréquemment dans la Nouvelle Guinée d'où l'on a apporté celui qui a été décrit par M. Latham.

Nous fimes le tour de cette lagune dont je viens de parler et ensuite nous remontâmes, durant l'espace de plusieurs milles les bords

Avril d'une petite rivière qui s'y déchargeoit et 1788. dont l'embouchure se trouvoit dans un ma

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rais que nous franchimes avec des peines infinies. Alors nous entrâmes dans un bois immense dont les arbres étoient fort élevés et d'une grosseur prodigieuse. Ces arbres étoient séparés par des espaces considérables et entourés d'une grande quantité de broussailles. Le terrein nous parut de médiocre qualité, quoiqu'il produisit en abondance une espèce de gazon rude et disposé par touffes ce qui lui donnoit de loin l'aspect d'une prairie. Là, nous dressâmes nos tentes dans l'intention d'y passer la nuit près d'un marais qui nous fournit d'assez mauvaise eau. Comme l'air étoit froid et qu'une abondante rosée couvroit la terre, nous entretinmes de grands feux devant nos tentes, et cependant malgré notre précaution les maringouins (93) nous tourmentèrent cruellement jusqu'au lendemain matin le feu les attiroit au lieu de les écarter.

Ce jour-là nous apperçûmes le kakatoes (94) de Banks, M. Latham dans le tome 7eme, ou supplément de son Synopsis generalis avium est le premier qui nous ait fait connoître cette espèce. Le kakatoes

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de la Nouvelle Galles diffère peu de ceux Avril dont parle ce naturaliste. Ces derniers sont 1788. en général d'un noir foncé. Les plumes de la tête, celles du derrière du cou, celles enfin d'une grande partie des ailes, prennent vers leur extrémité la couleur du buffle. Les parties inférieures du corps sont divisées en lignes paralleles et étroites de la même couleur. Le bout de la queue est noir, mais le milieu présente de larges touffes d'un beau rouge bariolé de points noirs. Celui que je décris ici est de couleur olivâtre ou noir - rouillée. La tête est d'un jaune éclatant et les plumes placées au sommet sont très longues. Celles des autres parties du corps ne sont point tachetées de buffle à leur extrémité et les cuisses ne sont point divisées par des lignes de cette couleur. Sa queue ressemble exactement à celle du kakatoes décrit par M. Latham. On rencontre aussi ces oiseaux dans plusieurs cantons de la Nouvelle Hollande.

Nous apperçumes encore plusieurs perroquets à ventre bleu (95). Cet oiseau est d'une forme très belle; et M. Latham qui nous a permis de copier ici l'article XIV B de son Synopsis, vol. Ier., page 213, en donne la description suivante. « Sa longueur

Avril

» est de 15 pouces; son bec est rougeâtre, 1788. » ses yeux sont noirs, sa tête et sa gorge

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» d'un bleu sombre nuancé de plusieurs

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plumes d'un bleu plus éclatant; le derrière » de la tête est de couleur verte et la » gorge jusqu'à la région de l'estomac » d'un jaune verdâtre. Le dos et les ailes » sont vertes, les grandes plumes de cou« leur obscure rehaussée de jaune ; la poi» trine est rouge et mélangée de jaune, le >> ventre d'un beau bleu; les cuises sont » vertes et jaunes; la queue est cuneiforme, » les deux plumes du milieu sont vertes, » les autres de la même couleur, mais d'un » jaune éclatant sur les bords extérieurs ; » les pattes sont d'un brun foncé ». Cette espèce est fort commune dans les diverses parties de la Nouvelle Hollande et se trouve en grande quantité à Botany Bay ainsi qu'au port Jackson. Elle ne diffère d'ailleurs que par le plumage de toutes celles qu'on rencontre à l'ile d'Amboine (96) ou aux iles Moluques.

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Nous prolongeâmes notre course vers l'ouest et nous avançâmes plusieurs milles dans l'intérieur des terres sans déco vrir le moindre vestige qui pût nous indiquer passage récent des naturels du pays.

le

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Nous apperçumes seulement diverses figures Avril incrustées sur la surface unie de quelques 1788. larges pierres. Ces espèces de bas-reliefs (97) représentoient des hommes dans diverses attitudes, des pirogues et plusieurs sortes de poissons ou d'animaux. On voyoit encore sur ces mêmes pierres quelques fragmen's de coquilles brisées par l'usure. Ce lieu étoit entouré de rochers élevés et le sol en paroissoit aride, brûlé et inhabitable.

Le soir après une longue et pénible marche, nous arrivâmes à la partie nordouest du bassin qui fait la sûreté du port Jackson. Les deux matelots accablés de fatigues et marchant avec des souliers déchirés sur un chemin rempli d'aspérités, ne purent continuer leur route. Ce contretems engagea le gouverneur à les confier aux soins du lieutenant Ball; on leur donna des provisions suffisantes pour les faire subsister tout le tems qu'ils employeroient à regagner le vaisseau.

Nous dirigeâmes alors notre course vers l'ouest en suivant le rivage de la mer toujours dans l'espoir de trouver enfin une terre meilleure et un pays plus ouvert. Environ à quatre heures de l'après-midi,

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