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Septem. désagrément que nous éprouvions, étoit de 1er. ne trouver ni caffés ni hôtelleries, lorsque nous voulions nous rafraîchir, ou passer une nuit ou deux à terre.

3.

Le commodore envoya M. Moreton pilote du Syrius, avec deux midshipmen ( gardesmarines), à bord d'un vaisseau anglais qui retournoit de la pêche de la baleine dans la mer du sud et qui partoit pour l'Angleterre. A deux heures de l'après-midi le commodore fit un signalà tous les officiers de se rendre à bord des vaisseaux sur lesquels ils servoient, ainsi qu'aux bâtimens anglais de transport de hisser leurs bateaux.

Vers les six heures, la flotte leva l'ancre par une légère brise. Lorsque le commodore s'approcha du fort de Santa-Cruz, il fut salué de vingt un coups de canon que le Syrius rendit en nombre égal. Sur les dix heures nous étions en pleine mer, cinglant à l'est par une brise assez douce. Thomas Brown un des condamnés fut puni de douze coups de fouet, pour s'être comporté avec insolence envers un des officiers.

5. Le vent étoit variable et le tems nébuleux. Nous découvrimes encore la montagne nommée le Pain de sucre de Rio, quoiqu'à la distance de huit ou neuf lieues.

Lcs

6.

Les officiers, les soldats, ainsi que les Septem. matelots et les prisonniers, furent réduits, d'après un signal du Syrius, à la portion de trois pintes d'eau par jour, y compris celle qu'on leur accordoit pour cuire leurs provisions. Dans le cours de la journée. il s'éleva une forte brise de nord est. A six heures du soir le Fishburne vaisseau d'approvisionnement perdit la vergue du petit perroquet, qui fut remplacée sur le champ

par un autre.

Le tems continua d'être sombre, et il 7 et 8. pleuvoit par intervalle. Dans la soirée du 8, Mary Brond une des prisonnières accoucha d'une fille.

Tems sec et beau. Le commodore fit un 9 et 10. signal de ralliement au convoi qui étoit dispersé à une très grande distance.

12.

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Brises fortes suivies de rafales subites 11 et et d'abondantes pluies. Les jours suivans nous eûmes une brume épaisse. Le soir du 17 notre longitude se trouva, d'après le signal du commodore, 31° 34', ouest. Le jour meme nous primes un requin (61) de six pieds de long, ce qui réjouit fort notre équipage.

Grande pluie, tems froid et sombre. Nous vimes plusieurs albatros (62).

18.

Willams Brown prisonnier

Septem. en allant 19. retirer ses hardes qu'il avoit fait sécher sur

23.

Octob.

I.

13.

le beaupré, tomba dans la mer, et malgré tous nos efforts nous ne pûmes le sauver. Ceux qui étoient sur l'avant, nous assurèrent que le vaisseau avoit passé par dessus le corps de cet infortuné.

La mer devint haute, et le vent tourna à l'ouest. Nous vimes voltiger autour du vaisseau des albatros, des pintades, et quelques petits éperviers.

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Le tems parut brumeux, et l'air s'adoucit. Nos gens apperçurent plusieurs oiseaux de diverses espèces; nous étions alors latitude 34° 42′ sud, longitude 1° 10' est, méridien de Londres.

Le Syrius fit un signal pour annoncer qu'il voyoit ferre. A sept heures du soir nous arrivâmes dans la baie de la Table au cap de Bonne-Espérance (63), et nous mouillâmes sur dix-sept brasses d'eau à la distance d'environ un mille de la ville du

Cap. Aussitôt que le Syrius fut à l'ancre, le commodore descendit à terre, et fut reçu dans la maison de MM. Roitt. Bientôt il fut suivi de tous les officiers, dont le service n'étoit pas nécessaire à bord, et qui désiroient profiter des rafraîchissemens ainsi

13.

que des plaisirs que pouvoit procurer le Octob. pays, afin de se préparer à la plus longue et la plus ennuyeuse partie de leur voyage.

Lorsque le capitaine Phillip eut passé le con- 14 trat avec MM. Roitt et Caston, les hommes, les femmes et les enfans eurent une livre et demie de pain tendre, et une égale quantité de bœuf et de mouton par jour. Au lieu d'eau-de-vie on leur distribua du vin. Les prisonniers furent traités de même à l'exception du vin.

Le commodore, suivi d'un grand nombre d'officiers, alla visiter son Excellence le gouverneur hollandois Mynheer-Van-Graaf (65), qui nous reçut avec une grande politesse, et quelques heures après M. Van Graaf rendit la visite au commodore, ainsi qu'aux autres officiers qui logeoient à terre.

Malgré toutes ces démonstrations d'une politesse affectée il s'écoula plusieurs jours avant que nous pussions obtenir de lui les approvisionnemens nécessaires. Sans la judicieuse persévérance du commodore Phillip et ses instances réitérées, il est probable qu'on nous auroit refusé la majeure partie de nos demandes, sous prétexte de la grande disette que la colonie avoit éprouvé l'année précédente, particulièrement en froment et

Octob. en bled, articles dont nous avions le plus pressant besoin.

16.

Cependant la prudence et le zèle du commodore l'emportèrent sur la mauvaise volonté du gouverneur, et nous obtinmes la liberté de faire nos provisions. Malheureusement il fut impossible d'embarquer, faute de place, toutes celles qui étoient nécessaires. Nous remplimes les vuides que nous laissoient la consommation de nos comestibles, ainsi que l'emplacement vacant par le transport de vingt de nos prisonniers qu'on avoit tirés du Friendship, pour les placer à bord de la Charlotte, de LadyPennant, et du Prince de Galles.

Le gouverneur Graaf invita le commodore et plusieurs officiers de l'expédition à un très beau diner. La maison où il nous reçut est dans une situation délicieuse au centre d'un vaste jardin bien planté, bien alligné et qui appartient à la compagnie des Indes hollandoises. Le gouverneur a la jouissance des fruits et des végétaux de toutes espèces qu'on y cultive. Le but de la compagnie, en formant ce jardin, a été d'approvisionner de tous les végétaux nécessaires à la santé destiné aux gens de mer

l'hôpital

ainsi que

les

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