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l'ouest; c'étoit la première que nous éprou- Janv. 1. vions depuis notre départ d'Angleterre ; elle commença un peu avant minuit et continua jusqu'à sept heures du soir. Le Syrius se tint tout le long du jour sous ses voiles d'étai, et le convoi sous la voile de mizaine et sous les voiles d'étai.

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Brises gaillardes, tems sombre. Nous ap. 2 et 3. perçumes ce jour-là divers oiseaux aquatiques et quelques veaux marins.

Tems n'ébuleux, latit. 44° 2' sud. Le 4 Syrius fit le signal pour. la long, par l'observation de la lune. Nous la trouvâmes de 135° 30' est. Dans la soirée on vit autour du vaisseau quelques-uns de ces oiseaux. qu'on nomme poulets de la mere Cary (73): mother cary's chichens.

Tems froid et clair, vent nord-ouest. On 5. vit flotter sur les eaux quelques herbes marines. Dans la matinée le troisième pilote crut appercevoir des plongeons; mais comme nos gens ne virent rien, on fit peu d'attention à ce qu'il disoit.

. De très-bonne heure dans la matinée, 7 Lady Penrhyn fit le signal pour annoncer qu'on voyoit terre : mais cette terre prétendue n'étoit qu'un amas de nuages. Or ces brouillards lointains qu'on prend pour

1788.

Jany, le rivage trompent souvent l'espoir des matelots. Vers deux heures de l'après-midi, le prince de Galles qui se trouvoit en avant fit le même signal qui fut répété par la Charlotte et presque dans le même instant nous découvrîmes distinctement la terre à travers le brouillard. D'après notre dernière observation lunaire, cette terre se trouve très-bien indiquée dans les tables de Maskelines (74), ainsi que dans les journaux du célèbre Cook. Mais ce qui surprit nos pilotes et tous nos officiers, ce fut de trouver dans une petite (*) carte publiée par Steele ét que nous estimions assez peu, la situation précise et une description très-exacte de la terre de Van Diemen (75), de sorte que cette petite carte est très-utile aux vaisseaux qui viennent dans ces parages.

Pour moi je ne vois aucun inconvénient à border ces terres de jour, ce qui seroit très imprudent durant la nuit. Les rochers avancés dans la mer et qui sont fort à découvert servent de signaux. Jamais aucun convoi n'a longé la terre avec plus d'exactitude que le nôtre,, ce qui fut l'effet de l'habileté du capitaine Hunter qui sans contredit est un des plus savans naviga(*) Voyez note 10.

1783.

teurs de l'Europe. Comme il dessine très- Janv. bien, il est vraisemblable qu'il donnera la carte de cette terre, et cette carte sera d'une grande utilité à ceux qui entreprendront ce voyage.

Comme nous naviguions le long de cette côte qui est assez élevée, nous fùmes surpriş de voir quelques endroits couverts de neige, une brise du nord nord-ouest ayant dispersé les brouillards. Nous n'étions alors qu'à six ou sept milles de la côte, et nous pouvions entendre le bruissement de la vague au moment, où elle se brisoit contre les rochers qui se projettoient fort avant dans la mer. Cette partie du rivage, autant que notre vue pouvoit s'étendre, nous parût irré. gulière et très-escarpée ; à peine y découvroit-on quelques arbres et un peu de verduré.

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A quatre heures de l'après-midi, en gouvernant au nord-nord-ouest, environ à six ou huit milles à l'est du rocher le plus oriental nommé le Mewstone nous découvrimes à l'ouest plusieurs éminences qui probablement sont un amas d'iles ou une langue de terre dont l'extrémité s'avance considérablement dans la mer. Nous étions trop éloignés pour qu'il fut possible de s'en

assurer.

Janv. 1788.

A sept heures naviguant vers l'est, et à la distance de quatre milles, à la hauteur de la baie nommée la baie de la tempête (Storm-Bay), lat. 44° 3' sud, et long. 146° est. Nous découvrîmes le fameux rocher Swily (76, portant au sud et un peu à l'est de Swilly; un autre rocher plus petit appelé Eddystone, à cause de sa ressemblance avec le fanal de Plimouth qui porte ce nom. Nous étions d'abord trop près de la terre pour les appercevoir, parce qu'ils sont avancés en mer d'environ six à sept lieues du cap sud-ouest, qui est à la latitude de 45° 39' sud et à la longitude de 145° 5' est jusqu'au cap sudest qu'on regarde comme la partie la plus sud du cap Tasman (77), on compte environ 15 à 16 lieues.

,

Comme nous portions vers l'est nous vimes plusieurs arbres d'une espèce rabougrie. Ils étoient recouverts d'une écorce blancheâtre et entièrement dépouillés de feuilles. Cette portion de terrein me parut presque inculte et en général peu fertile. On découvroit seulement quelques traces de verdure près de Storm-Bay. Dans cet endroit les arbres étoient plus élevés et mieux garnis de feuilles.

Entre huit et neuf heures du soir nous,

1785.

apperçumes un grand feu à la pointe orien- Janv. tale de la terre qui forme cette baie. Ce feu étoit allumé par les naturels du pays; mais nous ne pûmes appercevoir aucun des habitans quoique nous fussions à une trèspetite distance du rivage.

Tems et vent variables. Nous ne découvrions plus la terre. J'allai à bord du Fishburne, pour voir le contre-maitre qui le premier jour de l'an ayant trop bu de grog (78), étoit tombé du haut d'un mât et s'étoit brisé le corps d'une manière cruelle. Cet homme étoit déjà violemment atteint du scorbut, et il mourut une demie-heure après que je fus à bord. Le pilote me parut très affligé de sa perte. Il ajouta qu'il aimeroit mieux s'embarquer une autre fois pour une si longue route avec la moitié de l'équipage ordinaire, plutôt que de partir sans avoir un chirurgien à bord, tant il étoit persuadé que ce malheureux n'auroit point péri s'il eut été secouru sur-le-champ.

En effet je suis toujours étonné que des armateurs envoyent des vaisseaux dans des régions si lointaines et sous des climats si variés, sans les pourvoir d'un officier de santé. Lady Penrhyn dont l'Alderman Curtis étoit l'armateur, se trouvoit le seul

8.

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