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et dure jusqu'au mois de Septembre. C'est alors qu'on peut les prendre avec la plus grande facilité.

Les tortues de mer paissent l'herbe sous l'eau et hors de l'eau. Elles trouvent leur nourriture dans des espèces de prairies au fond de la mer; quand elle est calme et le tems serein, on voit à travers les ondes, près de certaines îles de l'Amérique, de nombreux troupeaux de tortues se promener sur ce beau tapis verd les îles de l'Ascension et de Caiman sont renommées par la grande quantité de tortues qui s'y rencontrent.

La manière la plus ordinaire de les prendre est, comme on sait, de les tourner sur le dos; on dit qu'alors elles tirent des soupirs du fond de leur poitrine, et qu'elles versent des larmes en abondance : on prétend aussi que les tortues sont longevites, et que par conséquent elles n'atteignent que fort tard leur dernier dégré de croissance.

et

Je terminerai cet article par le fait suivant qui, sous tous les rapports, m'a paru digne de l'attention. du naturaliste philosophe. Lorsque Rédi s'occupoit à faire quelques observations sur le cerveau sur le mouvement des animaux, cet ingénieux naturaliste essaya sur une tortue une singulière expérience. Il lui fit dans le crâne crâne une large ouverture, et lui enleva exactement tout le cerveau. Alors elle ferma les yeux, et ne les rouvrit jamais.

Cependant la blessure du crâne se referma naturellement, et la partie de l'os qui avoit été enlevée fut remplacée en trois jours par une membrane charnue. Cette tortue vécut six mois, conservant toujours la force de marcher librement et de manger comme à son ordinaire. Voici le texte même de Rédi: » Son vissute ancora altre molte tartarughe terrestri, alle quali ec cavai tu'to quanto il cervello. . . . . . non son sole le tartarughe terrestri ad aver questa » virtu di viver lungamente é di muoversi di luogo, » prive totalmente del cervello, ma cio awiene an

cora alle tartarughe di acqua dolce ». Voyez l'ouvrage de ce célèbre naturaliste. Osservazioni into no, agli animali viventi; ainsi qu'une lettre de lui au père Athanasio Kirker, ou esperienze intorno a diverse cose naturali e particolarmente a quelle che ci sono portate d'all'Indie. Rédi a fait plus encore: il a coupé la tête à des tortues, et elles ont survécu assez long-tems à cette opération; une entr'autres a vécu vingt trois jours.

Je n'étendrai pas davantage mes recherches sur toutes ces piquantes singularités; mais après avoir traité de l'histoire naturelle de la tortue, me serat-il permis de proposer comme spéculation commer→ ciale, et sur-tout comme un objet digne de fixer l'attention du gouvernement, le projet difficile peutêtre, mais non impossible, de naturaliser les tortues

de mer dans nos départemens méridionaux. Quant aux moyens d'exécution, ils sont consignés dans une lettre de Laborie, habitant du Cap Français, au savant Valmont de Baumare. Voyez la note de la page 301, tom. 14e. de son dictionnaire d'histoire naturelle.

(90) P. 118. Le rédacteur du voyage du capitaine Phillip, après avoir dit que le cigne noir si rare dans les autres parties du globe, ne l'est point dans ces contrées, et que les gens de l'équipage le rencontroient fréquemment sur la plupart des lacs, en donne la description suivante : » Cet oiseau est très» majestueux; il est plus gros que le cigne ordinaire » et d'une forme aussi belle; son bec est nuancé de » rouge, et lorsqu'il prend son vol il déploie dans » les airs de fort belles ailes bordées de blanc.

( 91 ) P. 119. L'espèce de grand martin-pêcheur dont parle White, se subdivise en une foule de variétés dont la couleur est plus ou moins brillante. On a observé que dans plusieurs individus la queue étoit entièrement rayée de blanc et de noir; les pattes sont en général brunes ou blanches. Celui dont il est 'ici question, a été envoyé de la Nouvelle Galles Méridionale à la Havane, et jusqu'à présent cette espèce n'avoit été décrite par aucun ornithologiste anglais. L'oiseau nommé martin-pêcheur appartient en général aux pays chauds, et ne paroît pas s'é

tendre au-delà des régions tempérées. Il suffira d'en indiquer ici les espèces principales.

10. Le martin-pécheur, ou martinet-pêcheur, en latin, jepida nostras, ou alcedo fluviatilis. Buffon assure que cet oiseau est un des plus beaux de nos climats, et qu'il n'en exite aucun en Europe qu'on puisse lui comparer pour la netteté, la richesse et l'éclat des couleurs. Ses plumes, dit-il, ont les nuances de l'arc-en-ciel, le brillant de l'émail, le Justre de la scie; tout le milieu du dos et le dessus de la queue sont d'un bleu clair et brillant qui, aux rayons du soleil, a le jeu du saphir et l'œil de Ja turquoise.

2o. Le martin-pécheur à longs brins, ainsi nommé à cause de deux plumes ou brins qui dépassent de quatre pouces le reste de sa queue.

3o. Le martin-pêcheur à gros bec, ou martin-pêcheur du cap de Bonne-Espérance. Cet oiseau est de la grosseur d'un merle, le bec est rouge. On donne encore le nom de martin-pécheur du Cap à un autre martin-pêcheur à tête verte; mais c'est à l'île de Borneo, l'une des Moluques, et non au cap de Bonne-Espérance que Commerçon a observé cette dernière espèce.

4°. Le martin-pécheur hupé du cap de BonneEspérance. Les plumes de la partie supérieure de son corps sont parsemées de mouches blanches sur un fond gris-noirâtre.

5o. Le martin-pêcheur à tête grise du Sénégal, ou grand martin-pécheur du Sénégal, de Brisson.

6o. Le martin-pêcheur à tête bleue, nommé aussi martin-pêcheur du Sénégal, cet oiseau, dit buffon, n'a guères que quatre pouces de longueur; tout le plumage inférieur est d'un beau roux, excepté la gorge qui est blanche.

7o. Le martin pêcheur du Sénégal appellé crabier. Cet oiseau paroît être celui dont parle le capitaine Cook.

8. Autre espèce de martin-pêcheur du Sénégal, ou martin-pêcheur bleu et noir. Les grandes pennes, le des sus des ailes et les plumes scapulaires sont de couleur noire, le reste du plumage supérieur est d'un bleu plus ou moins foncé.

9°. Le grand martin-pêcheur de la Nouvelle Guinée. C'est l'oiseau le plus grand de son genre. Il est long de seize pouces et gros comme un choucas. Le bec est légèrement fléchi vers la pointe, noir en dessus et de couleur orangée par dessous. Sonnerat dans son voyage aux Indes orientales, à la Nouvelle Guinée, etc. 2 vol. in-4°. parle d'un autre espèce de martin-pécheur aussi gros que le précédent; mais dont l'iris, le bec et les pieds sont noirâtres; le plumage de cet oiseau est noir et pointillé de blanc.

10°. Le martin-pêcheur à bec blanc ou martinpêcheur bleu d'Amérique, de Brisson.

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