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On distingue une varieté de muge volant qui a été regardée par plusieurs naturalistes comme une espèce particulière. Cette variété ne diffère de la précédente que par la longueur excessive des nageoires pectorales dont ce poisson se sert quelquefois pour s'élancer au-dessus des eaux, comme s'il avoit des aîles. Willughby, historia piscium, ajoute comme une singularité, que l'anus dans cette espèce est à une distance de la nageoire de la queue moindre que le quart de la longueur du corps, ce qui se trouve dans un très-petit nombre de poissons.

20. Le pirabe, ou exocetus evolans de Linnée, exocetus pinnis pectoralibus acuminatis de Brown. Selon Linnée, le pirabe ressemble au muge volant, cependant ce dernier a les côtés du corps relevés de part et d'autre en carêne vers la région du ventre: au lieu que le pirabe a cette même partie ronde et sans aucune saillie. On le trouve dans les mers voisines de l'Espagne.

3o. Le Pegasus de Linnée ou le pégase volant du genre des cartilagineux. Le museau de ce poisson est applati et dentelé sur ses bords.

4o. Le milan marin, milvago ou milago. Ce poisson ressemble dans presque toutes ses parties à l'hironrondelle de mer. Le savant Bomare à qui nous devons le meilleur dictionnaire d'histoire naturelle qui existe chez aucune nation, semble insinuer que

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ce poisson n'est effectivement qu'une variété du trigla hirundo de Linnée. Or Bomare pouvoit, je pense, annoncer comme une assertion ce qu'il a la modestie de proposer comme un simple doute. La plupart des naturalistes d'Angleterre et d'Italie que j'ai consulté, m'ont assuré que cette espèce ne devoit point en être distinguée. On a observé que les lignes latérales du milan marin sont bifurques. Il se trouve particulièrement dans les mers du Nord.

5o. L'hirondelle de mer ou le trigla hirundo de Linnée. Ce poisson a souvent plus d'un pied de longueur. On lit dans Willughby que l'hirondelle de mer a la tête très-inclinée depuis le sommet jusqu'au museau et qu'elle est couverte d'une lame osseuse dont la partie postérieure est fourchue et se termine par deux épines aigues. Les yeux sont grands, l'iris est brun et cerclé d'or; l'intervalle des yeux est trèsexcavé. « La première nageoire dorsale, dit Bomare,

a neuf rayons tous épineux, la seconde en a díx» huit simples. Ces deux nageoires sont implantées » dans un canal qui s'étend le long du dos et dont » les bords offrent environ vingt-cinq épines; les » pectorales sont très étendues et ont dix rayons » branchus. Les abdominales ont chacune six rayons. » Celle de l'anus est longue et en a dix-neuf. Celle » de la queue qui est un peu fourchue en a dix. Le » corps est couvert de petites écailles; le dos d'un

verd sale, les nageoires pectorales sont panachées » de diverses teintes, et ont leur extrémité d'un bleu brillant. Le dessous du ventre est blancheâtre. Ce > poisson se trouve dans l'Océan et la Méditerranée ».

6°. Le pirapède, ou trigla volitans de Linnée ; c'est le poisson volant proprement dit, et le milvus cirratus de Hans-Sloane.

Suivant Willughby, le pirapède a la tête large, comprimée par-dessus, excavée entre les yeux, et couverte d'une enveloppe osseuse, âpre au toucher, et panachée; elle est, ainsi que le dessus du corps, de couleur bleue jaune et d'un rouge obscur. La gueule du pirapède, disent les Ichtyologistes modernes, est petite et située en-dessous de la tête. Les mâchoires offrent en guise de dents de petits tubercules; les yeux sont grands et l'iris est d'un jaune nuancé de légères teintes d'un rouge de minium. Les opercules des ouies sont formées de deux lames. dures, et terminées chacune par une espèce d'épine fort longue, dentelée sur son bord extérieur.

Le corps est couvert d'écailles dures, disposées en lignes parallèles. Ces écailles sont relevées en saillie par le milieu. Je ne parlerai point des différentes nageoires de ce poisson, mais seulement des pectorales qui lui servent d'aîles et s'étendent jusqu'à la queue; 'elles sont très-mobiles à leur articulation, et précédées chacune par une petite nageoire garnie de six rayons

attachée à la nageoire voisine par une membrane. La surface extérieure de ces aîles est d'un vert olivâtre. Elles sont bordées de belles taches rondes de couleur bleue. Le pirapède est de la taille du maquereau. Il s'élève au-dessus de l'eau et vole l'espace d'une portée de fusil en déployant les deux larges nageoires pectorales, garnies d'osselets, que je viens de décrire. Marcgrave rapporte qu'il a vu très-souvent, sur la partie de l'Océan comprise entre le Tropique, des essaims de pirapèdes dont chacun étoit composé d'environ mille poissons volans.

Son ennemi est la dorade. On le trouve communément dans la Méditerranée et dans les parties de ⚫ l'Océan où la température est douce, mais il fuit les climats froids.

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Bougainville, tom. II, chap. V, parle d'une espèce de poissons volans qu'il trouva dans la mer du Sud vers l'archipel des Cyclades; le corps de ces poissons est noir, garni d'aîles ou nageoires de couleur rouge. » Ceux-ci, dit-il, étoient un peu au-dessus de la » grosseur ordinaire de ces poissons ».

(26) P. 26. On appelle bonite aux Antilles, le poisson connu en français sous le nom de maquereau bâtard. Japon. Ara. Holl. Marsbancker. Angl. scad, horse makrel.

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Ital.

Saurone, suaro.

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Ce poisson se trouve dans la mer du Nord, la Bal

tique, etc. Sa longueur est d'un pied jusqu'à trois; à Kiel il n'a que cinq à six pouces. Sa tête est grosse et inclinée. Son corps est comprimé des deux côtés. Sa bouche est moyenne, armée de petites dents aigues, son palais est rude et sa langne est lisse, large et mince. Les yeux sont grands, la prunelle est noire, entourée d'un iris argentin tirant sur le rouge. Le front et le dos sont verdâtres, le ventre de couleur argentine. Les ouies sont larges, la ligne latérale est garnie de soixante-huit boucliers posés les uns sur les autres. Les nageoires sont blancheâtres à l'exception des premiers rayons de la seconde nageoire du dos qui sont noires. Celle de la poitrine est composée de vingt-deux rayons, celle du ventre en a six, celle de l'anus trente-un, celle de la queue en a vingt-quatre, la première nageoire du dos huit et la seconde trentequatre. L'estomach est triangulaire, le canal intestinal a deux sinuosités et douze à treize appendices. La vessicule aërienne est placée le long du dos.

Ce poisson est vorace, il paroît en grandes troupes au printėms sur les bords de la mer. Sa chair est d'assez bon goût, mais moins grasse et moins bonne que celle du maquereau. Gall prétend que les bo nites sont de difficile digestion.

Belon est le premier qui l'ait décrit et fait graver en bois. Voyez son histoire des poissons 1553 — 57. Rondelet et Salvien en ont aussi parlé. Willugby a

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