Images de page
PDF
ePub

mière. Ils n'ont point, dit Bloch, de nageoire à l'anus;

elle est située au contraire un peu plus loin que l'endroit qui correspond à la seconde du dos. La nageoire de la queue est verticale, comme dans tous les chiens de mer et divitée en deux lobes.

[ocr errors]
[ocr errors]

Sa gueule est armée d'un appareil de six rangs de dents triangulaires, disposées en files de façon qu'il s'en trouve toujours de prêtes à prendre la place de celles qui tombent par vieillesse ou par accident.

Stenon dit que cet animal a plus de deux cents dents e qu'il n'en voit pas l'utilité en ce que la plus grande partie est placée vers la face interne de la mâchoire; mais Hérissant a découvert ce qui étoit échappé à Stenon. La première rangée des dents du requin s'avancent en saillies hors de la mâchoire, la seconde est droite; les internes panchées comme des feuilles d'artichaud vers le fond de la gueule et recouvertes d'une substance fongueuse. Lorsque la première rangée est usée, la seconde succède; ainsi de suite. Peut-être, ajoute encore Hérissant, cet animal n'est

il

pas le seul à qui la nature ait accordé cette propriété, mais c'est au moins le seul exemple qu'on ait de ce singulier renouvellement.

On assure que dans la femelle du requin la matrice ressemble à celle de la chienne, et que les parties génitales de ce formidable poisson ont en général une grande ressemblance avec celles des raies.

Lamorier

Lamorier qui a donné un mémoire sur l'impossibilite du vomissement des chevaux a découvert dans les Requins un organe particulier, jusqu'alors inconnu aux naturalistes. « Cet organe, dit-il, consiste en un filtre » placé entre la pointe du museau et du cerveau, » à-peu-près de la grosseur de ce viscère, de la → consistance et de la couleur du corps vitré, à l'aide » duquel il s'opère par les petits trous de la peau » une transsudation qui sert à graisser ou lubrifier la » partie avec laquelle cet animal de mer fend l'eau ».

Le foie du Requin' est divisé en deux lobes, et est si gros qu'un seul suffit pour remplir un petit tonneau de plusieurs pintes. La graisse a la propriété singulière de se conserver long-tems et de se durcir comme le lard du cochon. Au rapport de Fabricius, le Requin se nourrit de marsouins et de petites baleines qu'il avale toutes entières.

On connoît par les relations la manière de prendre ces énormes poissons.

Il n'en existe point qui ait la vie plus dure; car après l'avoir coupé en pièces, on voit encore remuer toutes les parties. Ceci rappelle les belles expériences de Van-Marum, au moyen desquelles il démontre que la mort absolue des animaux coincide instantanément avec la cessation de l'irritabilité. L'anguille, par exemple, dont les tronçons se meuvent quoique séparés et cherchent encore à se rejoindre, demeure

G

immobile et son irritabilité cesse dans toutes les parties par lesquelles s'est écoulé le rayon ou sens vital. Voyez Forster, voyage sur les rives du Rhin, tome 2, page 416.

On connoît également la férocité de ce redoutable animal, dont l'énorme gueule peut engloutir un homme tout entier. Ses yeux, lorsqu'il est en colère, paroissent rouges et enflammés.

Les Requins s'attaquent entr'eux avec un acharnement extraordinaire; on leur voit lever la tête et la moitié du corps hors de l'eau et se porter des coups si terribles que la mer en retentit au loin. Cependant quelques formidables que soient ces monstres, l'homme ose se mesurer seul corps à corps avec eux. Le nègre et l'Américain qui le découvrent à travers le crystal des eaux, plongent au-dessous de lui, lui portent sous le ventre des coups de couteau mortels, et échappent facilement à sa vengeance, à raison de sa pesanteur et de la configuration de sa gueule qui le forcent à se retourner tout entier lorsqu'il veut saisir sa proie.

Ceux qui aiment la science étymologique seront bien aises de savoir que le mot Requin vient de l'ancien gothique rick qui dans l'origine signifie fort, puissant et dont on a formé depuis le mot riche. Le suio-goth. reke, l'anglo-saxon, rica; le lithuanien, rike signifient également fort, puissant.

(62) P. 65. L'albatros est le plus gros des oiseaux

palmipèdes. Ses aîles, disent Buffon et Brisson, ont dix pieds d'envergure. Son bec est comme celui de la frégate, du fou et du cormoran, composé de plusieurs pièces qui semblent articulées et jointes par des sutures. Il est d'un jaune très-pâle, long et crochu par le bout supérieur. La partie inférieure est de forme tronquée; les deux mâchoires sont comprimées latéralement.

;

Les plumes de la gorge, du cou et de tout le dessous du corps sont de couleur blanche ; celles du dos, d'un brun sale ou moucheté de noirâtre sur un fond blanc; le croupion et le dessus de la queue d'un beau blanc; le dessus des ailes rayé de noir sur un fond blanc les jambes sont avancées vers le milieu du corps hors de l'abdomen et très-courtes proportionné→ ment à la longueur de l'animal. « Cet oiseau, dit » encore Buffon, habite les mers Australes, et se » trouve dans toute leur étendue depuis la pointe » de l'Afrique jusqu'à celle de l'Amérique et de la » Nouvelle Hollande ».

On n'en a jamais vu dans l'hémisphère bcréal. Tous les voyageurs s'accordent à dire qu'on ne rencontre d'albatros nulle part en plus grand nombre qu'entre les îles de Glace des mers Australes jusqu'aux glaces solides qui bordent ces mers, vers le 65.e ou 66. dégré.

Ces oiseaux se nourrissent de frai de poisson, de

zoophites ou de mollusques, sortes d'animaux de mer, tels que les polypes, la sèche, le calmar, l'ortie de mer, la velette, la plume de mer, la chenille ou la taupe de mer, le raisin de mer, les poumons marins,

etc.

L'albatros est d'un caractère paisible. Il se repose et dort sur les eaux. Son ennemi est la mouette,

(63) P. 66. Le cap de Bonne - Espérance situé à l'extrémité méridionale de l'Afrique, longitude 360 3' 45", latitude méridionale 34° 15', fut découvert en 1493 par Barthélemi Diaz qui le nomma d'abord le cap des Tempêtes à cause des mauvais tems qui sont très-communs dans ces parages, sur-tout lorsque les vents sont au nord-ouest. Mais Jean II, roi de Portugal, ayant conçu l'espoir de trouver, après l'avoir doublé, un chemin par mer pour aller aux Indes orientales, lui donna ensuite le nom du cap de Bonne - Espé

rance.

Les Hollandais s'y établirent en 1650 et ils y occupèrent avec les Français réfugiés environ 30 lieues de pays. « Ces derniers, dit le philosophe Poivre, ont > enrichi la colonie de leur industrie et du travail » inestimable de leurs bras; ils y cnt fondé des peuplades considérables dont quelques-unes ont tiré » leur nom du pays malheureux, mais toujours chéri, » qui leur avoit refusé le feu et l'eau. La peuplade » de la Petite Rochelle surpasse toutes les autres par

« PrécédentContinuer »