Images de page
PDF
ePub
[ocr errors][merged small]

Spernebat cunctas insuperata minas.
Vertice nudato, ventos pluviasque ferebam.
Non mihi solstitium, non grave frigus erat.

[ocr errors]

Quamvis exiguo poteram requiescere somno, Et quamvis modico membra fovere cibo.

[ocr errors]

CORN, GALLUS, Eleg. prima, Senect. Descr.

AVANT-PROPOS.

L'ÉGYPTE, dégradée de nos jours, et repaire de brigandages et de barbarie, peut espérer enfin de reprendre l'éclat dont elle brilla jadis. Devenue la possession d'un Peuple non moins célèbre que celui dont l'antiquité se glorifie, cette Contrée fameuse, que des siècles, écoulés écoulés pour la destruction avoient rendue méconnoissable, remontera vers son antique renommée. Les Hommes, comme le Territoire; le Pays, comme sa Population vont prendre un nouvel aspect, et bientôt l’Egypte ne sera plus ce qu'elle étoit naguères.

Il ne pouvoit donc être indifférent de faire connoître l'Egypte telle que les François l'auront trouvée; de peindre les Mœurs des différens Peuples qui l'habitoient, et chez lesquels la civiliTome I.

a

sation succédera à la grossière et féroce ignorance; de décrire les débris des Monumens augustes, épars sur un sol enorgueilli de leur hardiesse et de leurs masses prodigieuses; de dessiner quelques traits de la parure que la Nature généreuse n'a pas cessé d'étaler aux yeux d'hommes ingrats, qui ne cessoient à leur tour de l'outrager; enfin, de tracer l'esquisse de cette portion de l'Afrique, avant qu'elle n'eût changé de face. Ce tableau, mettra le Lecteur à portée de suivre avec intérêt les progrès d'une régénération inattendue, et les travaux que nos Compatriotes déposeront dans le sein de l'immortalité.

Sans ces circonstances, l'Ouvrage que l'on présente au Public n'auroit vraisemblablement pas vu le jour. L'Auteur en auroit laissé les Matériaux dans son portefeuille; mais il a pensé qu'il devoit compte à sa Patrie des connoissances qu'il a acquises, et qu'après l'avoir servie avec zèle, il ne seroit pas quitte envers

elle, s'il ne lui consacroit encore le résultat de travaux entrepris uniquement dans la vue de les faire tourner à l'avantage de son Pays.

L'on a suivi dans cet Ouvrage la forme de la relation : c'est la plus convenable aux Voyages. L'on aime à tenir la main du Voyageur, à l'accompagner dans ses courses, et à partager ses fatigues et ses dangers, comme à jouir avec lui des succès qu'il obtient dans ses recherches. Mais cette relation n'a pas l'aridité d'un journal, ou d'un itinéraire. Des observations, des développemens, des considérations générales en éloignent la fastidieuse monotonie. L'intention de l'Auteur étoit de donner une nouvelle Carte de l'Egypte, qui fût plus exacte que celles qui ont paru jusqu'à présent; mais le temps lui a -manqué pour cette rédaction, et il a adopté la Carte de Danville, comme la moins imparfaite de toutes, quoiqu'assurément elle laissât beaucoup à désirer.

Des Dessins exacts, et pris sur les lieux mêmes, représentent diverses sortes d'objets, la plupart peu connus; l'on y remarquera principalement les singulières Figures découvertes dans le Temple d'Isis, à Dendera. L'Auteur `s'est applaudi d'avoir suivi le conseil d'un savant Antiquaire qui exhorte ceux qui rassemblent des Monumens d'antiquité, à les communiquer au Public, parce que leur collection, quelque peu nombreuse quelle soit peut offrir des singularité trouve pas dans les rus amples cabinets. (Caylus, Recueil d'Antiquités, tome I, Avertissement, page v.) La collection des Dessins de cet Ouvrage contient, en effet, des singularités curieuses. Enfin, rien n'a été négligé pour que ce Voyage ne fût pas trop au-dessous de son sujet et de l'intérêt qu'excitent généralement les nouvelles destinées d'un Pays fécond en merveilles.

que l'on ne

« PrécédentContinuer »