Images de page
PDF
ePub

:

|

telle ou telle chose; dans le fait il n'en est rien, langage de Bacon, les savants purement empiou, Les faits n'ont pas confirmé cette opinion. Eu ristes ressemblent aux fourmis qui s'en vont matière de politique, de commerce, d'industrie, recueillir dans les broussailles de petits brins on juge d'après les faits en invoquant ce qui est de bois et d'herbe qu'elles amoncellent au arrivé par le passé dans des circonstances sem- hasard et sans aucun ordre; les partisans exclublables c'est le contraire de conjecturer, sup-gifs de la raison sont semblables aux araignées poser, juger à priori, par anticipation ou con- qui tirent d'elles-mêmes toute la matière dont séquemment à des principes systématiques. Aussi | elles composent avec tant d'art leurs toiles trèsla logique a-t-elle soin de distinguer deux évi- peu solides; le vrai savant, imitant à la fois la dences, l'une de fait, l'autre de raison; l'une fourmi et l'araignée, doit, à l'exemple de la prequi s'attache aux idées résultant de l'observation mière, recueillir avec soin tous les faits donnés des réalités, l'autre qui accompagne les idées, par l'expérience, et, à l'exemple de l'autre, tirer fruit d'un travail scientifique de l'esprit, indé- de son propre fonds le lien qui, de ces matériaux pendant de cette observation ou antérieur à épars, formera un tout bien ordonné; il fait cette observation. On a même partagé toutes les comme l'abeille qui, empruntant aux fleurs son sciences humaines en deux classes qu'on a appe- miel et sa cire, sait d'elle-mème, en leur imprilées les unes sciences de faits, les autres sciences mant un arrangement parfait, créer ou augde raisonnement, suivant qu'elles se proposent menter considérablement leur valeur. l'observation de certains faits, ou qu'elles s'occupent à déduire des conséquences de principes, d'axiomes, de définitions déjà posés. Ce dualisme a sa raison dans l'esprit humain. Nos connaissances sont toutes produites par le concours des réalités et de l'esprit; et c'est en considération du plus ou moins de part de l'un ou de l'autre de ces deux facteurs qu'elles sont rapportées soit aux sciences de faits, soit aux sciences de raisonnement. On se tromperait donc en tenant | pour absolue cette division des sciences; car d'abord les mathématiques, les sciences dites de raisonnement, doivent à l'observation de la réalité leur point de départ, savoir les idées de grandeur, de quantité, de nombres, de figures, sinon avec la perfection qu'elles doivent avoir pour être fécondes, au moins comme éléments ou comme conditions des conceptions mathématiques primordiales. Autant et plus on en peut dire de l'intervention nécessaire de l'esprit ou de la raison dans les sciences de faits. Au-ple, pour s'être procuré de nombreuses statisticune d'elles ne se borne à l'observation pure, à de simples descriptions. Si la physique étudie tous les faits relatifs à l'électricité, c'est pour en induire une explication de la foudre. Après avoir observé, décrit, classé les minéraux dans leur état actuel, l'histoire naturelle cherche à connaitre leur état primitif, leur origine, la naissance des montagnes, la formation des mers. Or, comment passer ainsi des faits à ce qu'ils expliquent sans la raison, sans le calcul? Les faits sont en réalité la matière ou les données fournies par les objets ; l'esprit ou la raison les lie, les enchaîne, leur donne un sens. L'œuvre des objets, sans celle de l'esprit, serait insignifiante; l'œuvre de l'esprit, sans celle des objets, serait vaine et chimérique; ou, pour parler le

Ainsi, l'on peut se tromper dans les sciences de faits de deux façons principales, en faisant trop grande la part de l'expérience ou celle de la raison. L'antiquité a commis et dû commettre la seconde erreur: pressée qu'elle était de résoudre les importants problèmes que soulève le spectacle du monde, elle a trouvé plus court d'imaginer des explications que de les déduire de la nature des choses et de plusieurs milliers d'observations. Au point où en sont aujourd'hui les sciences de fais, les sciences empiriques, ou les sciences d'observation et d'induction (toutes expressions synonymes), elles semblent avoir moins à redouter cette erreur que la première. Dans toutes les branches du savoir humain on s'applique incessamment à la poursuite des faits, comine si les faits étaient significatifs par eux-mêmes et qu'en posséder un grand nombre fût l'unique condition de la science. Mais est-on bon économiste, par exem

ques, des renseignements précis sur tout ce qui regarde la richesse des nations? pas plus qu'on n'est bon musicien pour avoir une grande col|lection d'instruments de musique. L'essentiel, à coup sûr, n'est point de recueillir des fails, mais d'en reconnaître l'enchaînement et les lois; car | les faits par eux-mêmes peuvent servir à défendre toutes les thèses imaginables. Comme les instruments rendent des sons différents suivant la main qui les touche, les faits donnent des instructions différentes suivant l'esprit qui les interprète; et qui n'a souvent admiré que deux doctrines opposées invoquent à leur appui précisément les mêmes fails?

Sur les traces et à l'exemple des sciences naturelles (les premières sciences de faits qui se

nombreux et surtout rapportés à leurs lois ou légitimement interprétés ; d'où la nécessité pour l'historien d'être en même temps philosophe. Pas plus que le naturaliste il ne doit se borner à recueillir passivement les données de la réalité, qui sont lettres mortes tant que l'esprit ne les a pas fécondées en les rattachant à leurs causes. L'essentiel encore, mais le difficile, c'est de savoir allier, dans une juste mesure, l'expérience et la raison, les faits et la théorie. A ce sujet nous devons également blamer deux écoles en

ment l'une, crédule et timide, hérisse ses livres de dates et de noms propres ; elle se contente d'enregistrer les faits purement et simplement, en s'astreignant d'une manière inintelligente et servile à l'ordre chronologique. Au lieu d'admettre tous les faits vraiment historiques, c'est

soient constituées définitivement, parce que les premières elles ont reconnu avec l'importance des faits, celle de la découverte de leurs lois), nous avons vu de nos jours s'organiser de nouvelles sciences empiriques, la psychologie, l'économie politique, auparavant livrées aux caprices de l'opinion. Mais il ne paraît pas que tous les faits qui servent de matière à nos calculs soient de nature à être jamais soumis à une étude régulière et méthodique : tels sont ceux dont nous nous appuyous dans nos conversations ordinaires sur la politique, les gouverne-nemies qui se partagent aujourd'hui l'enseignements, la guerre, les beaux-arts, les saisons, le plan de conduite à tenir dans telle circonstance de la vie. Ce n'est pas à dire qu'ils ne puissent être utilement employés dans nos raisonnements; mais c'est à leur égard surtout que conviennent la prudence et la réserve, car ils semblent tout également signifier suivant les goûts, les pas-à-dire avérés, importants et significatifs, elle sions et les intérêts de ceux qui les invoquent, Du reste, les règles à suivre en pareille matière sont absolument les mêmes que celles qui assurent dans l'avenir aux sciences d'observation de continuels progrès; seulement, n'étant point rédigées en code, leur application est abandon-rieure, sa religion, ses lois, ses mœurs, sa litténée à la perspicacité naturelle, au bon sens de chacun. Nous avons tous plus ou moins d'expérience, suivant la quantité de ces faits recueillis par nous, surtout quand ils nous ont été personnels, et suivant le parti que nous savons en tirer pour nous conduire.

On a divisé les faits en naturels et surnaturels ou miraculeux, et, eu égard à leurs causes productrices, en actes de la divinité, phénomènes de la nature el actions des hommes. La division la plus simple dans l'état actuel paraît être celle qui reconnaît autant de classes de faits qu'il y a de sciences empiriques: faits physiques, fails psychologiques ou phénomènes de conscience (voy. CONSCIENCE), etc.; et qui les subdivise suivant les parties de ces sciences: par exemple, les faits psychologiques en faits sensibles, intellectuels et volontaires. Quant aux faits historiques, ayant pour caractère particulier de ne pouvoir point se passer actuellement sous nos yeux, ils sont soumis à une première législation dont la critique historique assigne les règles. Peuvent-ils, au surplus, ainsi que la physique et la psychologie, devenir l'objet d'une véritable science? C'est un problème dont il faut demander la solution à la philosophie de l'histoire. Quoi qu'il en soit, nul doute que l'histoire, au moins dans certaines limites, ne puisse fournir des enseignements utiles; mais là encore, c'est à la double condition que les faits soient

[ocr errors]

donne une attention presque exclusive aux événements les plus extérieurs, comme si l'histoire d'un peuple devait uniquement présenter le récit de ses guerres et la biographie de ses rois, sans faire connaître en même temps sa vie inté

rature et ses arts. Elle craindrait, dans sa pusillanimité, que ce ne fût sortir du domaine de l'histoire que de s'élever à des théories qui généralisent les faits, les enchaînent et les expliquent. Voltaire, dans le Siècle de Louis XIV et dans l'Essai sur les mœurs, est un des premiers parmi nous qui aient enseigné une manière d'écrire l'histoire plus intéressante et surtout plus utile. Mais on peut aussi s'égarer dans cette voie, et c'est ce qui arrive à l'école rivale de la précédente, Que, pour échapper à l'étroite préoccupation de ceux qui s'attachent exclusivement aux faits extérieurs et les plus matériellement avérés, on s'applique aussi à étudier la physionomie des peuples, leur civilisation, leurs idées, rien de mieux assurément; mais pour mériter le titre d'historien philosophe il faut, de plus, quand les faits sont peu certains, peu concluants, s'abstenir de deviner; il ne faut point élever de théories factices sur quelques événements isolés ou sur de simples anecdotes; il faut avant tout tenir compte du matériel de l'histoire, ne point admettre ceci, rejeter cela, au gré d'un système préconçu; il faut, en un mot, une grande indépendance et une grande étendue d'esprit, de la circonspection, de la sagacité, de la bonne foi, qualités dont quelques-unes au moins ont manqué aux partisans de l'école en question. LAFAYE. FAIT. (Droit.) Les institutions humaines ne

sont que des conséquences de faits primitifs | caractère à l'action, et avec lesquelles il convient comparés entre eux et appropriés aux besoins de maintenir toujours la législation en harmosociaux. Mais ces faits eux-mêmes sont naturel- nie, pour assurer l'ordre public et le bonheur lement soumis à des lois qui ne sont pas l'ou- | du peuple. vrage des hommes, et qui sont au-dessus du droit conventionnel par lequel la société est régie. Nous entendons par le droit, dans son acception la plus ordinaire, et tel qu'il est formulé par les lois, tout ce qui est légal; dans un sens plus étendu, il est tout ce qui est juste. Sous le premier rapport, il sera vrai de dire que le fait a toujours précédé le droit positif ou rendu sensible par la loi et sous le second, qu'ils existent simultanément l'un et l'autre.

:

Tout fait étant le produit d'une action, et toutes les actions n'étant pas également bonnes et utiles, elles ont dû, après que le fait a été connu, | être soumises à des règles autant dans l'intérêt commun que dans celui de l'individu : c'est de l'ensemble de ces règles que se compose le droit social.

L'action abandonnée à son impulsion spontanée ne produirait le plus souvent que des faits nuisibles à l'homme; soumise à l'intelligence, qui en mesure le développement dans un degré proportionné aux besoins de l'individu, à son bien-être, aux besoins et au bien-être sociaux, elle produit des faits utiles, avantageux. L'intelligence doit donc être le suprême régulateur de l'action; ce n'est qu'éclairé par sa lumière que l'homme peut comparer les faits préexistants, et distinguer ceux qui lui sont nuisibles de ceux qu'il fera tourner à son profit.

Un fait se conserve et se prolonge autant à cause de l'utilité qu'on en retire que par l'habitude qu'on a contractée de le voir se répéter; souvent il se perd et tombe dans l'oubli avec le temps, parce que des faits nouveaux mieux appropriés aux hommes et aux circonstances viennent le remplacer. Le droit suit une marche parallele, et les lois tombent en désuétude, parce que les faits auxquels elles se rattachent ont perdu leur influence, ou qu'elles sont abrogées par des lois nouvelles, à raison de ce que les faits sont changés.

Les lois civiles ne sont produites qu'au fur et à mesure du besoin qu'en éprouve la société pour régulariser son action; et cette action se modifiant ou acquérant une plus grande extension, un nouveau degré d'énergie, dans la proportion du mouvement progressif de la société, il ne faut pas rechercher d'autre cause aux nombreux et fréquents changements que ces lois éprouvent. Ici se fait plus particulièrement sentir l'influence des mœurs qui impriment leur

[ocr errors]

|

Il n'est point rare de voir dans la société des faits nuisibles obtenir l'autorité qui appartient à ceux dont l'utilité réunit l'assentiment universel. De ce nombre sont la tyrannie et les priviléges qui dégradent l'humanité, source ordinaire de maux et de désordres, véritables fléaux politiques qui forment de rudes obstacles à la félicité des nations. Ces faits, quelle que soit leur puissance, portent avec eux les éléments de leur ruine certaine; ceux au profit desquels ils tournaient se perdent par leurs propres excès. La tyrannie et les priviléges qui ne sont que des faits iniques fondés primitivement sur l'aveuglement des peuples encore grossiers, et maintenus par la force que ces peuples eux-mêmes leur donnaient dans l'ignorance de leurs droits, n'auront pas dans leur existence une plus longue durée que celle de l'erreur qui les favorisait et de l'obéissance que leur procurait l'abus de la force soumise à un principe vicieux. Les tyrans seraient sans force si les peuples, dans leur aveuglement, ne les secondaient pas. Mais un temps vient où la vérité triomphe, et où le droit, dont l'erreur appuyée par la force avait attribué le caractère à un fait contraire à l'équité naturelle, cède au droit imprescriptible de l'humanité, qui est antérieur à tous les droits de convention.

Ce qui précède explique les expressions gouvernement de fait et gouvernement de droit. En termes de jurisprudence, on comprend sous la dénomination de faits la série des actes qui appartiennent aux procès et dont se compose la procédure, tant ceux qui ont pris naissance avant l'introduction de l'instance et sur lesquels reposent les prétentions du demandeur et les exceptions du défendeur, que ceux qui ont pour objet de servir à l'instruction de la cause.

Les faits forment la base des jugements; c'est de leur exposition que naissent les questions de droit qui sont à décider. Les tribunaux ne doivent statuer que sur ceux qui leur sont présentés, et ne pas en créer d'imaginaires pour fonder leurs décisions. Une ordonnance de Philippe de Valois, de 1344, défend aux juges de proposer d'autres faits que ceux qu'ont proposés les parties, qui savent ou doivent mieux savoir qu'eux ce qu'elles ont à démander ou à répondre. Aussi le Code de procédure civile exige-til qu'une des parties du jugement contienne

des jurés.

l'exposition sommaire des faits du procès. Tout | préciation en est abandonnée à la conscience ce qui serait accordé au delà de ce qui est demandé contiendrait un ultrà petita qui donnerait lieu à la réformation du jugement, de même que s'il était omis de prononcer sur quelquesuns des chefs de la demande.

[blocks in formation]

:

Le mot fait s'emploie encore au palais en différentes acceptions. Le fait d'autrui se dit de ce qui est fait, dit ou écrit par une personne dans l'intérêt d'une autre; on a coutume de l'exprimer par ces mots, res inter alios acta. Il est de principe que le fait d'un tiers ou d'autrui ne peut nuire à un autre. Cette règle est cependant | susceptible de quelques exceptions, par exemple, lorsqu'un tuteur agit pour son mineur, un mari pour sa femme, un associé pour la société, un mandataire pour son mandant. Le fait du prince est assimilé à un fait de force majeure qui ne peut être empêché aussi nul n'en est garant ni responsable, à moins que la garantie n'en soit formellement stipulée dans la convention des parties. On appelle fait de charge celui qui résulte d'une prévarication commise par un officier public dans les fonctions de sa charge. | La réparation du dommage a, dans ce cas, un privilége sur le prix de l'office de celui qui en est responsable, et une préférence sur toutes les autres créances; fail négatif, celui qui consiste dans une négation pure et simple, dont la preuve n'est pas admise; fait positif, celui dont l'existence est manifeste, indépendamment | de toute autre preuve; et fails justificatifs, ceux qui sont allégués par un accusé pour établir son innocence: ils doivent être pertinents pour que la preuve puisse en être reçue, et l'ap

[ocr errors]

C'est toujours un fait qui constitue l'obligation, toutes les fois qu'il n'est contraire ni aux lois, ni aux bonnes mœurs, ni à l'ordre public. Il est établi par la convention des parties, qui est ordinairement formée par un contrat; les crimes, les délits, les quasi-délits, les quasicontrats, qui sont aussi les résultats d'un fait, constituent également des obligations, lesquelles se résolvent dans ces cas en dommages-intérêts, dont la loi rend civilement responsables ceux en la puissance desquels se trouvent leurs J. L. CRIVELLI.

auteurs

[blocks in formation]

FALCK (ANTOINE-REINHARD, baron), ministre d'État hollandais, naquit à Amsterdam en 1776. La position assez fortunée de sa famille le mit à même, après ses premières études à l'athénée de sa ville natale, d'aller les compléter dans les universités d'Allemagne, pour se préparer à la carrière diplomatique. Il y entra peu de temps après son retour à Amsterdam, en allant remplir le poste de secrétaire de l'ambassade hollandaise en Espagne. Lorsqu'il revint dans sa patrie, elle était sur le point de devenir un royaume, destiné à servir de dotation à un frère de Napoléon. Falck fut du petit nombre des hommes publics qui ne voulurent pas servir directement le souverain imposé à leur patrie. Il se tint à l'écart et ne voulut accepter que la place, très-lucrative il est vrai, de secrétaire général de l'administration des affaires de l'Inde, affaires qui alors se réduisaient à peu de chose; Falck eut ainsi du loisir pour se livrer à la littérature qu'il aimait. Nommé membre de la 3e classe de l'Institut royal de Hollande, classe qui répondait à l'Académie des inscriptions et belles lettres en France, il y lut un mémoire traitant de l'influence de la civilisation hollandaise sur les peuples du nord de l'Europe, particulièrement sur les Danois. Ce travail plein de remarques intéressantes fait partie du tome Ier des Mémoires de la 3e classe de l'Institut de Hollande, Amsterdam, 1817. Falck développait ainsi des aptitudes diverses, ce qui fit dire à son compatriote Van der Palm, qu'il est partout à sa place, dans une réunion de savants comme dans le grand monde et dans les cabinets des hommes d'État. Peu favorable,

[ocr errors]

|

|

nitivement conclue entre la Belgique et la Hollande, il fut nommé embassadeur du cabinet de la Haye à Bruxelles où il avait laissé tant d'honorables souvenirs. Il y mourut le 16 mars 1843. DEPPING.

FALCONET (ÉTIENNE-MAURICE), fameux statuaire, né à Paris en 1716 de parents originaires de Suisse, mort en 1791, exécuta à Saint-Pétersbourg, 1766, la statue équestre de Pierre te Grand cet ouvrage gigantesque lui coûta 12 années de travail; il fit en outre un beau groupe colossal en marbre blanc, représentant l'Annonciation, et d'autres statues estimées. A son retour en France il fut nommé recteur de l'Académie royale de peinture et de sculpture. Il a écrit: Reflexions sur la sculpture, 1761, in-8°; Observations sur la statue de Marc-Aurèle, 1771, in-8°, etc.

X.

comme on vient de voir, au régime napoléonien, | il fut pendant quelque temps un des plus actifs Falck s'empressa, lors de la retraite des troupes défenseurs des intérêts de la Hollande auprès de françaises en 1813, de provoquer une révolution | la conférence. En 1839, la paix ayant été défidans la Hollande et de favoriser l'entrée des alliés, dans l'espoir de parvenir au rétablissement d'un gouvernement indépendant. Aussi fut-il nommé secrétaire du gouvernement provisoire; puis l'année suivante, lors de l'organisation du royaume des Pays-Bas, il fut appelé au poste important de secrétaire d'État, et eut beaucoup de part à l'établissement des nouvelles institutions de sa patrie. Ce fut lui qui rétablit, en 1816, l'Académie de Bruxelles et lui donna des statuts. Il fut élu membre de cette Académie deux ans après. Dans la même année 1818, le roi des Pays-Bas, qui lui accordait une confiance illimitée, le chargea à la fois des ministères de l'instruction publique, de l'industrie nationale et des colonies. C'était plus peut-être qu'un seul ministre ne pouvait faire, quels que fussent son zèle et sa capacité. Le baron Falck encouragea | et améliora beaucoup l'instruction primaire, et FALCULIE. Falculia. Genre d'oiseaux de les universités ne se ressentirent pas moins de l'ordre des anysodactyles, établi par Isidore sa direction éclairée. Le rapport qui fut distri- | Geoffroy pour un oiseau nouveau, découvert à bué en 1827 aux états généraux sur la situation | Madagascar par le voyageur naturaliste Goudot. des écoles du royaume fit voir tout ce que le Caractères : bec très-long, arqué, comprimé en ministre avait fait pendant son ministère et tout lame, à faces latérales presque parallèles; narice qui avait reçu de lui sa première impulsion. nes basales, latérales, de forme ovalaire, presMais les embarras du gouvernement allaient que contigues aux plumes antérieures de la récroissant. Les Belges exposaient avec virulence gion frontale; ailes subobtuses la première les griefs qu'ils avaient contre le système hollan-rémige très-courte, les quatrième et cinquième dais; le ministère auquel le baron Falck appar-les plus longues de toutes, atteignant seulement, tenait n'était pas lui-même entièrement d'accord. Van Maanen, ministre de la justice, détruisait en partie par sa véhémence le bien que Falck cherchait à faire dans la haute instruction. Tiraillé en dedans et en dehors, le ministère fut dissous enfin, et Falck se retira avec ses deux collègues, M. de Nagell et le baron Goubau, laissant le champ libre au bouillant Van Maanen. Cette retraite fut vivement blâmée par le parti hollandais; mais sans doute les mi- | nistres qui donnaient leur démission avaient jugé impossible de se maintenir avec dignité. Depuis lors, le baron Falck, qui conserva néan-marais et des ruisseaux. moins le titre de ministre d'État, vécut pendant FALERNE, Falernum, ville du Latium mériquelque temps retiré à la Haye. En 1824 il fut dional chez les Volsques, fut longtemps célèbre envoyé à Londres en qualité de ministre pléni- par ses vignobles qui disparurent, dit-on, du potentiaire représentant le cabinet des Pays-Bas. temps de Théodoric, vers l'an 500. BOUILLET. Il y resta jusqu'en 1829. A cette époque, l'état de sa santé ayant rendu nécessaire un voyage dans le midi de l'Europe, il partit pour l'Italie. Mais à peine eut-il attint Nice que les événements dont la Belgique fut le théâtre en 1830 le forcèrent à reprendre son poste à Londres, où

[ocr errors]

C

par leur extrémité, le milieu des rectrices; pieds à tarses courts, mais très-robustes; doigts longs, principalement le médian et le pouce, forts, terminés par des ongles longs et très-arqués; chaque doigt, mais surtout le pouce, garni en dedans d'une sorte de semelle qui en élargit considérablement la base; queue carrée, composée de douze rectrices. Les mœurs de la falculie sont peu connues ; on sait seulement qu'elle fréquente le bord des eaux, et vit, outre la chasse des insectes aquatiques, de la recherche des débris organiques que renferme la vase des DR..z.

FALIERO, ou plutôt FALIERÍ (MARINO). Il est, dans la vie politique de quelques hommes appelés aux plus hautes dignités, des circonstances tellement invraisemblables, des faits tellement en dehors des idées reçues, tellement en contradiction avec le caractère public de ces hommes,

« PrécédentContinuer »