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que le premier mouvement de l'esprit est d'en | vorable pour la faire éclater. Cette occasion ne proclamer l'impossibilité; et certes, la conspi- tarda pas à se présenter : l'amiral du port, ayant ration de Marino Falieri doit être placée en tête été maltraité par un noble, vint se plaindre et de ces rares phénomènes historiques. Qui pour- demander justice au doge : celui-ci répondit en rait, en effet, en parcourant les annales d'un déplorant son impuissance, le degré d'abaissepeuple jadis puissant, lire sans un étonnement ment où il était tombé, et en manifestant ses mêlé d'incrédulité que le chef de ce peuple se désirs de vengeance. Dès ce moment, la conjuligua avee des conspirateurs subalternes, choisis | ration_fut ourdie, et l'animosité de Marino dans les classes les plus infimes de la société, Falieri et des plébéiens contre la noblesse vénipour renverser la constitution aristocratique de tienne en cimenta les bases. Seize des principaux son pays, qui l'avait investi du pouvoir su- conjurés devaient stationner dans les différents prême, et détruire violemment les corps qu'elle quartiers de la ville, ayant chacun sous leurs instituait les soutiens immédiats de ce pouvoir? ordres soixante hommes déterminés, et ignorant Et cette incrédulité ne croîtra-t-elle pas à me- leur destination; ils devaient exciter quelque suré qu'on s'initiera aux détails de cette conju- tumulte, et la cloche d'alarme du palais de Saintration, quand on apprendra que celui qui s'en Marc aurait alors donné le signal du massacre. fit l'âme n'avait pour excuse ni cette efferves- Au sou de cette cloche, tous les patriciens cence de la jeunesse qui la jette imprudemment étaient obligés à se rendre sur la place Saintdans les plus hasardeuses entreprises, ni cette Marc, et à se ranger autour du doge : c'est là ambition qui pousse les hommes avides de puis- que les conjurés devaient se porter, et les égorsance à se servir des passions des peuples pour ger tous sans exception. Le secret le plus prómieux les opprimer plus tard, ni cet amour de fond avait été gardé religieusement; mais le la patrie qui commande et absout tant de cho- hasard, plutôt que la délation, fit que le conseil ses; et que la vanité blessée d'un vieillard en des dix eut vent du complot plusieurs des coufut l'unique principe et le seul mobile? Telle est pables, emprisonnés, dénoncèrent leurs compourtant toute l'histoire de Marino Falieri. plices; ils furent mis à la torture, et suppliciés Après une jeunesse dans laquelle il avait glo- le 15 avril 1555, jour fixé pour l'exécution de rieusement servi son pays, et s'était toujours leurs projets. Le doge ne tarda pas à subir le fait distinguer par sa bravoure et par la justesse même sort interrogé par la quarantie crimide són jugement, Marino Falieri fut appelé, à nelle, à laquelle on avait adjoint vingt citoyens, l'âge de 76 ans, à la dignité de doge de Venise. mais sans voix délibérative, et jugé par le conMonté sur le trône ducal le 11 septembre 1554, seil des dix, auquel vingt citoyens avaient été il commença par conclure une trève avec les pareillement adjoints, il fut déclaré coupable Génois, qui venaient de détruire complétement ❘ d'être entré dans un complot contre le gouverla flotte vénitienne, dans le port de Sapienza : ce nement, et condamné à avoir la tête tranchée. premier acte semblait augurer aux Vénitiens une L'arrêt fut exécuté le 17 avril 1555, sur l'escalier profonde sécurité tant que durerait le règne de ducal, au lieu même où le doge avait prêté serFalieri. Mais un événement assez peu important ment de fidélité à la république lors de son invint faire mentir ces présages. Le doge avait tronisation. Un membre du conseil des dix, pour épouse une femme jeune, belle, et dont il saisissant l'épée sanglante des mains du bourétait jaloux à l'excès; un jeune patricien, Michel reau, la brandit devant le peuple, en disant : « Le Steno, l'un des chefs du tribunal des quarante, traître a reçu son châtiment. » A ces mots, la ou quarantie criminelle, s'étant pris de que- foule se précipita dans le palais pour contemrelle avec le doge, écrivit sur les murs mêmes pler les restes fumants de celui qui avait été de son palais cette inscription injurieuse : investi de la souveraineté. Ainsi avorta l'une Marino Falieri, mari de la plus belle des fem- des conspirations les plus incroyables dont mes: un autre en jouit, et pourtant il la l'histoire nous ait conservé le souvenir. Pour en garde. Marino, furieux de cet outrage, dénonça perpétuer la mémoire, le sénat fit remplacer le Steno à la quarantie criminelle, qui le con- portrait de Marino Falieri, qui se trouvait, avec damna à deux mois de prison et à une année ceux de tous ses prédécesseurs, dans la salle du d'exil. Cette punition fut loin dé calmer le res- grand conseil, par un voile noir couvert de cette sentiment du vieux Falieri; il étendit sa haine inscription: C'est ici la place de Marino Fasur tout le tribunal, sur tous les patriciens, qui lieri, décapité pour ses crimes. Plus de quatre n'avaient pas mieux pris fait et cause pour ven- cents personnes furent emprisonnées et punies ger son honneur, et il attendit une occasion fa- comme complices du doge. Les derniers mo

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ments de ce vieillard, sacrifiant tous les préju- | Il y a également une grande différence entre gés et toutes les affections que comportaient son l'action de contrefaire ou fabriquer et celle d'alrang et sa dignité ducale à l'orgueil d'une jalou- térer ou falsifier. Si l'action de falsifier des sie offensée, offraient à la scène dramatique un écrits peut avoir, dans les relations sociales, les sujet dont elle n'a pas manqué de s'emparer. En plus déplorables résultats, celle de falsifier des 1817, Byron a le premier reproduit sous la drogues n'est quelquefois guère moins couforme du drame les événements que je viens pable. C'est une branche d'hygiène publique, d'esquisser faiblement; après lui Casimir Dela- surveillée avec trop peu de soin, et sur laquelle vigne s'en est emparé, et les a transportés sur pourtant il serait urgent d'appeler toute la vigila scène française. Il est encore d'autres piè- lance des médecins les plus consciencieux et les ces de théâtre dont Marino Falieri est le plus éclairés. BILLOT. héros, telles que le Marino Falieri de l'OpéraItalien; mais nous n'avons pas à en parler ici. NAPOLEON GALLOIS.

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FALSTAFF (sir JOHN), un des compagnons de débauche du roi Henri V pendant .sa jeunesse. Shakspeare l'a rendu célèbre en faisant de lui le type du grand seigneur ruiné, abruti par les

son air et dans ses manières quelques traces à demi effacées de son ancienne grandeur. Falstaff joue un rôle important dans le drame de Henri IV, et c'est le héros de la comédie intitulée : les Commères de Windsor ( The merry Wives of Windsor). On croit que l'original du Falstaff de Shakspeare est un certain Fastolf qui vivait à cette époque et qui servit avec quelque distinction dans les campagnes de France. Il assista à la bataille d'Azincourt et au siège d'Orléans; mais il prit honteusement la fuite à la bataille de Patay, frappé de terreur par la pucelle d'Orléans. Il mourut en 1469. BOUILLET.

FALUN, nom dont l'étymologie, peut-être celtique, pourrait bien aussi être la même que celle de falaise, et qui se donne vulgairement, à des bancs ou masses calcaires plus ou moins friables, composés de débris de coquilles, parmi lesquelles on en trouve cependant un nombre assez considérable qui étonnent par leur belle conservation.

FALMOUTH. ( Falmutum, Folmutum des anciens, ou, selon quelques auteurs, Volubovices et l'ivrognerie, et conservant encore dans portus.) Petite ville du comté de Cornouailles, en Angleterre, située à l'embouchure de la rivière du Fal, entre le cap Lézard au levant, et celui de Cornouailles. La position de Falmouth, au pied duquel se trouve l'une des plus grandes et des plus sûres baies de toute l'Angleterre, a bien plus contribué à sa prospérité que l'importance de sa population, qui ne dépasse pas 6.000 àmes. La pêche de la sardine est la principale occupation de ses habitants, dont la marine marchande s'élève à 7,000 tonneaux. La ville de de Falmouth consiste principalement en une grande rue, longue d'environ 800 toises; son bon port et sa magnifique rade sont défendus par les deux châteaux de Pandenis et de Mause, situés vis-à-vis l'un de l'autre ces deux châteaux ont été bâtis par Henri VIII. Falmouth est la station habituelle de plusieurs navires de la marine royale, en même temps que le point de départ de tous les paquebots chargés d'entretenir la correspondance régulière de l'Angleterre avec les différentes parties du monde. Lat. N., 50° 8′′, long. 0., 7 25. U. BARRIERE. FALSIFICATION (adulteratio) se dit des écrits et des drogues. La falsification constitue dans le premier cas le rôle d'un faussaire, dans | le second celui d'un fripon. On se sert du mot altération pour désigner l'acte par lequel on dénature la valeur des monnaies en y mèlant des alliages. Il y a une égale différence dans l'action de contrefaire ou altérer des monnaies, et dans celle de contrefaire ou falsifier des actes. Le terme générique de falsificateur peut également s'appliquer à celui qui falsifie des drogues ou des écrits. La pièce, ou toute écriture contrefaite, est celle dans laquelle on a cherché à imiter le mieux possible une écriture véritable. La même pièce est falsifiée si l'on y ajoute, retranche, ou si l'on y change quelque chose.

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Le falun est exploité sur un grand nombre de points, parce qu'il fournit un excellent amendement pour fertiliser le sol qui le recouvre et qui consiste en une terre argileuse d'environ 1 mètre d'épaisseur. L'action de cet amendement, qui est différent du marnage, a une durée beaucoup plus considérable : elle est ordinairement de 30 ou 40 ans. Le sol qui recouvre le falun ne produit naturellement que des bruyères, et lorsqu'on y mêle le falun toutes les plantes y réussissent. X.

FAMILLE, réunion d'individus formée par les liens du sang. Le mot famille rappelle tout ce qui émeut le cœur de l'homme : amour, dévouement, respect, reconnaissance. L'amour qui unit le père et la mère s'accroît encore quand les enfants en deviennent l'objet, et se change en

dévouement qui excite la reconnaissance et le respect de ceux-ci. Il est peu de cœurs que ne touchent ces noms d'époux, de père, de fils, de frère, cette magnifique variété d'affections qui nait de la famille, modèle de la société, qui n'existerait point sans elle. La famille ne se montre dans sa perfection que lorsque l'union de l'homme et de la femme est indissoluble, et que chacun réserve pour l'autre exclusivement l'espèce de sentiment qui le lui fit préférer et choisir. Il n'y a point de famille dans les contrées où la polygamie est en usage: les femmes jalouses transmettent à leurs enfants l'aversion qu'elles ressentent pour des rivales; et dans les fils de son père, chaque enfant ne voit que les fils de l'ennemie de sa mère. Sans les enfants d'Agar et de Lia, qui troublent le repos des tentes d'Abraham et de Jacob, la famille, au temps de ces patriarches, s'offrirait à nos yeux dans une plénitude de majesté et de grâces qui laisse bien loin derrière elle tous les charmes de notre existence moderne de la pluralité des femmes, les meurtres qui ensanglantent les palais de l'Orient... C'est du père et de la mère que naît la famille : d'eux aussi en dérivent les vertus et le bonheur. Leurs exemples, leurs pré-vie étaient appelées à y participer; car, dans la ceptes, produiront l'affection; leur autorité la maintiendra. Le père travaillera pour fournir aux besoins de la famille, soit qu'il administre les biens reçus de ses aïeux, soit qu'il en acquière ses fils partageront ses travaux. La mère, renfermée dans sa maison, allaitera les enfants, instruira les filles, s'occupera de l'administration intérieure: ainsi, une partie de la famille échangera sa force physique et morale, contre les soins tendres, assidus, patients, de l'autre moitié. Tous nécessaires, indispensables au bien-être commun, ils composeront ce tout complet qui constitue la famille. Voilà l'ordre de la nature, perfectionné par la religion révélée... Les liens du sang se resserrent encore par la vie de famille, leur force s'en augmente, et la société profite du bonheur dont cette vie est la source et dont l'égoïsme ne pourra jamais être le principe. L'individu inutile à la famille le sera toujours à la patrie. La famille est l'abrégé de la nation, et les plus sages législateurs se sont efforcés de reproduire dans leurs codes les lois qui la font prospérer, lois qui se réduisent à un mot union. Et la félicité, et la puissance, et la gloire de la famille, sont comprises dans ce mot... Malheur à celui qui se méprend sur les devoirs que la famille impose! malheur à celui dont l'âme est inaccessible aux affections que provoquent ses

liens! blessé du trait dont il a frappé, c'est en vain qu'il s'isole; le sort l'a fait solidaire dans son honneur, dans sa fortune, dans sa chair, dans ses os, de sa famille; ou ses misères, ou ses affronts l'attendront toujours. Est-ce donc de cette nécessité d'union que naît la violence des haines entre ceux que la nature destinait à s'aimer? La haine de famille semble appeler à son aide toutes les passions humaines; et les hordes venues des extrémités de la terre pour se combattre montrent moins d'acharnement à se détruire que des enfants conçus dans le même sein... Les sociétés modernes, par différentes institutions, par des coutumes provenant du mélange des peuples, par l'extension du commerce, par le goût du plaisir, succédant à la satisfaction des besoins, ont affaibli l'esprit de | famille; ces sociétés ont voulu réunir en un large cercle ces anneaux qui formaient une chaîne, sans cesser d'avoir un centre particulier. Il est douteux que le bien public en soit augmenté, mais certes le bien individuel en a été diminué. Non-seulement les joies de la famille étaient pures, mais encore elles étaient faciles, prolongées, et toutes les époques de la

famille, le ridicule n'atteint ni les cheveux
blancs, ni les rides du vieillard; la puérile et
bruyante gaieté de l'enfant n'est point impor-
tune; les charmes de la jeunesse excitent l'inté-
rêt et non l'envie. Qui se rit des années de son
aïeul? Qui s'ennuie des jeux de son fils? Qui ne
se félicite de la beauté de sa fille? Et les maux
du corps, ceux de l'âme, que la société réduit au
silence, où s'adouciront-ils par la plainte, où
seront ils écoutés, soulagés, si ce n'est dans
le sein de la famille ?... La sagesse, qui nous
fait aimer la vertu et rechercher notre propre
bien nous apprendra toujours, secondée par
l'expérience, que du bonheur de notre famille
naît notre plus sûre et notre plus solide féli-
cité.
Case DE BRADI.

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FAMILLE (CONSEIL DE). D'après le Code civil français (liv. I, titre X, sect. 4), on appelle ainsi l'assemblée de six parents, alliés, ou amis, pris moitié dans la ligne paternelle et moitié dans la ligne maternelle, résidant dans la distance déterminée par la loi, présidée par le juge de paix, qui y a voix délibérative et prépondérante en cas de partage, pour délibérer sur les intérêts des personnes qui sont incapables par elles-mêmes de prendre soin de leur personne et de leurs biens.

Peu d'institutions légales sont, dans la vie des hommes, d'un usage aussi fréquent que chez nous les conseils de famille; les questions

les plus graves et les plus difficiles s'y présen- | ses; sur les séparations de corps entre mari et tent journellement. Un juge de paix instruit peut y faire le plus grand bien, en dirigeant le conseil dans le sens des intérêts de la personne ou des personnes pour lesquelles il est formé.

femme, pour savoir auquel des époux doivent être confiés les enfants issus de leur mariage; sur la confirmation des tuteurs nommés par la mère remariée et maintenue dans la tutelle; sur Dans la composition du conseil, les parents la manière de régler les dépenses, l'administradoivent être préférés aux simples alliés, les al- tion et l'emploi des biens des incapables; sur liés aux amis, et, en cas de concurrence du l'autorisation à donner au tuteur pour les prenmême degré, la préférence doit être donnée dre à ferme, les acheter, les aliéner ou les hyaux plus âgés. Les frères germains et les maris pothéquer, restreindre ou rayer les hypothèdes sœurs germaines, lorsqu'ils sont en nombre ques; sur l'acceptation ou la répudiation des suffisant, composent tout le conseil de famille, successions ou donations qui lui sont échues ou et ils en font tous partie en quelque nombre failes; pour autoriser l'introduction des actions qu'ils soient; en cas d'insuffisance, on appelle relatives aux intérêts immobiliers, ou pour acdes parents pour compléter le nombre de six. quiescer à une demande formée contre eux; Les parents appelés doivent avoir leur domicile | pour provoquer tout partage, transiger, faire dans la commune où le conseil s'assemble, ou détenir le mineur par forme de correction, l'édans la distance de deux myriamètres; néan-manciper, révoquer l'émancipation, l'interdire moins le juge de paix peut permettre de citer, à quelque distance qu'ils soient, les parents ou alliés plus proches ou au même degré que les parents présents, lesquels sont tenus de se présenter en personne ou par un fondé de pouvoir, sous peine d'être condamnés à l'amende dont le maximum est de 50 francs, et d'être réassignés à leurs frais jusqu'à ce qu'ils aient satisfait à la loi, à moins qu'ils n'aient des excuses qui les empêchent de se rendre; le tout à la volonté du juge de paix, suivant que les intérêts des mineurs et autres incapables l'exigent. Toutes les fois qu'une nouvelle convocation devient nécessaire, le conseil doit être composé autant que possible des mêmes personnes qui ont fait partie du précédent, sans que la loi y altache aucune nullité.

ou lui nommer un conseil judiciaire; pour régler les conventions matrimoniales des enfants des interdits et autres actes concernant les personnes et les biens des incapables, autorisés par la loi, la jurisprudence et l'usage.

Les délibérations du conseil de famille se forment à la majorité des voix relatives, et, toutes les fois qu'il n'y a pas unanimité, l'avis de chaque membre est mentionné dans le procès-verbal, afin que ceux qui n'ont pas été de l'avis de la majorité puissent se pourvoir devant les tribunaux et faire réformer la délibération s'il y a lieu. L'homologation de celles qui y sont assujetties est poursuivie par un membre choisi à cet effet. Le juge de paix préside l'assemblée et doit prendre part à ses délibérations; en cas de partage, il a voix prépondérante. La présence des trois quarts au moins des membres est nécessaire, et, lorsque le conseil se forme, tous ceux qui en font partie doivent être présents; les trois quarts ne peuvent délibérer que lorsqu'un des membres régulièrement cité se trouve indisposé avant que la délibération soit terminée. S'il venait à en mourir un subitement, ou, lorsqu'un tuteur est nommé, s'il est pris parmi les membres qui composent le conseil de famille, la nomination du subrogé tuteur devant être faite immédiatement après celle du tuteur, et le tuteur ne pouvant jamais concourir à cette nomination, Le conseil de famille doit être convoqué dans elle est faite par les cinq membres restants; le presque tous les actes concernant les mineurs et juge de paix peut proroger ou renvoyer à un les personnes incapables. Il nomme et destitue autre jour pour le plus grand avantage des incales tuteurs, cotuteurs, protecteurs, subrogés pables. Toutes les fois que les délibérations du tuteurs, curateurs, tuteurs et curateurs ad conseil de famille sont attaquées ou sujettes à hoc; il donne son consentement, son avis, son l'homologation, le tribunal peut les réformer autorisation, sur le mariage des mineurs et les ou les modifier s'il pense que les intérêts des oppositions à y former; sur les tutelles officieu- | incapables ont été froissés. S'il s'agit de nomi

Le conseil de famille se tient de plein droit chez le juge de paix ou dans un local désigné par lui; les membres qui le composent doivent être du sexe masculin et majeurs : il n'y a d'exception que pour les pères, mères et ascendantes; ils doivent n'avoir jamais eu, personnellement ou par leurs ascendants, de procès avec le mineur, dont sa personne ou une partie notable de la fortune aurait été compromise; n'avoir subi aucune condamnation emportant peine afflictive ou infamante, et n'avoir pas été exclu ou destitué d'une tutelle.

ont été faites; mais il n'a pas le droit d'en nommer d'autres, il doit renvoyer cette nomination au conseil de famille.

nation de personnes, il peut annuler celles qui | défaut de culture par suite de longues guerres ou de grandes révolutions, ainsi que les ravages de la peste, autre fléau destructeur des populations, etc., sont les causes principales des famines réelles, car toutes elles frappent la terre de stérilité. Les famines factices enfin sont celles qu'engendrent la malveillance, quelquefois l'esprit de parti, et le plus souvent l'avidité d'êtres indignes du nom d'homme, qui, spéculant sur | les malheurs publics, accaparent les grains soit pour les vendre ensuite à un prix énorme, soit pour les exporter, et quelquefois même pour les détruire, afin de soulever les masses et d'amener une révolution qu'ils s'efforcent de faire tourner à leur profit. Voy. ACCAPAREMENT.

Sont assujetties à la formalité de l'homologation les délibérations qui excèdent les bornes d'une simple administration, telles que la destitution des tuteurs, subrogés tuteurs et autres destitutions des personnes; celles qui autorisent l'aliénation des biens, les échanges, les emprunts avec hypothèque, les transactions, les dots à donner par des incapables, et généralement lorsque les délibérations ordonnent le change- | ment de personnes ou autorisent l'aliénation de propriétés.

J. DELLAC.

FAMILLE (PACTE DE ), nom donné au traité signé le 15 août en 1761, d'après l'instigation du duc de Choiseul, entre les rois de France, d'Espagne, des Deux-Siciles, et le duc de Parme. Ce traité était ainsi nommé parce que tous les contractants appartenaient à la famille des Bourbons; il avait pour but de prévenir, par l'union des forces françaises, espagnoles et italiennes, la supériorité de la marine anglaise. Ce traité n'eut pas tous les résultats qu'on en espérait. Les événements de 1789 le rompirent; il ne fut pas rétabli en 1814. BOUILLET.

Ainsi que nous l'avons dit au mot DiSETTE, la plus ancienne famine générale dont l'histoire fasse mention est celle qui affligea, durant sept ans, la grande monarchie d'Égypte. Rome fut souvent en proie aux funestes effets de la famine, surtout sous l'empire, et notamment sous Titus, l'an 79 de l'ère chrétienne. Neuf années auparavant, le même empereur assiégeait la ville de Jérusalem, et dans cette malheureuse cité les ossements des cadavres dépouillés de leurs chairs encombraient alors les rues et les places publiques; les combattants qui tombaient de faim sur les remparts étaient aussitôt partagés entre ceux qui leur survivaient. Quelquefois même les malheureux n'avaient pas le temps de mourir entièrement. Sous le règne de Marc-Aurèle, la famine vint se combiner avec l'invasion des barbares, qui commençaient déjà à peser de tout leur poids sur l'empire romain; mais ce prince ayant vendu la partie la plus précieuse de l'ameu

FAMILLES NATURELLES. On nomme ainsi des réunions ou groupes d'êtres liés ensemble par leur organisation et qui ont entre eux plus de ressemblance qu'avec tous les autres êtres du même règne. C'est dans la botanique que l'on a commencé à former des familles naturelles pour arriver à une classification qui se rapprochat autant que possible de la marche de la nature. Cette classification a reçu le nom de mé-blement de son palais, sa vaisselle d'or et d'arthode naturelle. Voy. MÉTHODE.

DR.. z.

FAMINE, de fames, faim. C'est la disette des grains, particulièrement des blés, parvenue à son dernier période. Il y a donc famine lorsqu'il y a manque absolu d'alimentation, et que les funestes effets de la disette (voy.), c'est-à-dire | les tourments de la faim, se font sentir. Voltaire en a tracé l'effrayant tableau dans sa Henriade:

La famine au corps sec, au pas mal assuré, etc. La famine est générale ou partielle, réelle (naturelle) ou factice. Elle est générale, lorsqu'elle enveloppe la totalité ou la presque totalité de l'une des quatre grandes parties du monde; partielle, lorsqu'elle ne se fait sentir que dans un royaume, un État, une province; naturelle, si elle est occasionnée par la stérilité de la terre, l'intempérie et le renversement des saisons l'excès de sécheresse ou de pluie, le

gent, les perles, pierreries, parures, diamants et rubis qui appartenaient tant à lui qu'à l'impératrice, employa le produit de cette vente, qui dura deux mois, à procurer des subsistances à son peuple. Enfin du temps de Gallien (en 360), époque où l'empire était disputé par une trentaine de compétiteurs, la famine vint ajouter les tortures aux malheurs de cette anarchie tyrannique. Véïes, Numance, Carthage et plusieurs autres villes assiégées par les armes romaines éprouvèrent au plus haut degré les horreurs de la famine; l'armée de Pompée assiégée et bloquée par César fut décimée par la famine. Rome, à son tour, fut torturée par la faim lorsque les barbares vinrent l'assiéger. Notons du reste ici que l'époque la plus féconde en famines est peut-être celle de la chute du colosse romain à la suite des invasions des peuples barbares de la Germanie. De même nous remar

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