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vent même on préfère encore celui-ci, qui fut | donna ces lois, ou l'action des dieux aux arrêts créé tel par la nature, tandis que l'autre est son inflexibles du destin. Pour l'athée Diagoras, propre ouvrage. Il est néanmoins telle sorte de comme pour le chef de la secte athée du XVIIIe fatuité qui n'est pas nécessairement escortée de siècle. Diderot, le destin ou la nécessité est le la sottise, par exemple celle qui a le sexe pour dieu unique. La prédestination (voy.) des muobjet. Le maréchal de Richelieu était un fat, et sulmans veut concilier l'empire de la destinée non pas un sot, tandis que le beau Létobrière, avec la foi religieuse. Luther et Calvin cherautre homme à bonnes fortunes du dernier chent le même résultat pour les croyances chrésiècle, méritait également les deux noms. Quand tiennes, à travers l'obscurité de leurs explicala fatuité s'est principalement exercée sur des tions sur la nature et les effets de la grâce. Cette succès de boudoir, la marche des années la cor- sorte de fatalisme se retrouve dans les doctrines rige quelquefois, et plus encore peut-être la des solitaires de Port-Royal, malgré tous leurs crainte du ridicule qui, suivant l'expression de efforts pour l'en écarter. On connaît le mot atGresset, ne manque jamais de s'attacher aux tribué au célèbre Arnauld sur la Phèdre de Ravétérans de cette manie. cine C'est une femme vertueuse à qui la grâce a manqué. » Et ces vers où Despréaux semble avoir traduit ce mot :

Quoique le fat ait toujours une certaine dose d'impertinence, il ne faut pas croire qu'il suffise d'être impertinent pour être fat. La fatuité exige encore une certaine distinction de manières et quelque mesure dans le langage. Il n'y eut plus de fats chez nous aux tristes époques où il n'y avait plus de cercles, de salons, et pour ainsi dire de société. Ils sont un de ces inconvénients inhérents à une civilisation avancée et qu'il faut accepter avec ses progrès. Eux-mêmes d'ailleurs, en secondant ceux du goût et de la raison, servent à faire justice d'une fatuité qui se montrerait trop à découvert, et l'obligent à dissimuler tout ce qu'elle pourrait avoir d'offensant pour l'amour propre des autres. M. OURRY.

FATAL, FATALITÉ, FATALISME, FATALISTE. Toutes ces expressions dérivent du mot fatum (le destin, la destinée). Toutes prennent leur origine dans l'idée que tout ou partie de ce que l'on voit, ou de ce qui arrive dans le monde, est l'effet de la nécessité (anankê).

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Et qui voyant un jour la douleur vertueuse

De Phèdre, malgré soi, perfide, incestueuse.... etc. Le système des docteurs Gall et Spurzheim paraitrait n'avoir pour but que de donner les raisons physiques de ces faits moraux. (Voy. l'article LIBERTE.) — L'aspect du mal moral sur la terre et la difficulté d'en concilier l'existence avec la bonté et la toute-puissance divine ont donné naissance au fatalisme. Ceux qui trouvaient trop absurde le manichéisme (voy.), ou la doctrine de deux principes, l'un bon, l'autre mauvais, luttant sans cesse l'un contre l'autre, ont supposé des lois générales pour l'ordre de l'univers, en vertu desquelles tous les phénomènes et tous les événements s'enchaînent nécessairement, de manière à ce que l'ordre universel soit toujours maintenu, mais sans qu'il soit tenu compte des particularités qui nous semblent déroger à ces lois. Telle est l'opinion de ceux qui reconnaissent la Divinité en rejetant l'action perpétuelle et spéciale de sa providence. C'était la doctrine de Voltaire. Aux maux et aux erreurs souvent stupides qui affligent le genre humain, le seul remède était à ses yeux le zèle éclairé des amis de l'humanité. Si ce système ne méconnaît pas absolument la toute-puissance divine, il n'en choque pas moins la justice et la bonté, attributs non moins essentiels du souverain être. Le malheur d'un seul homme vertueux, l'impunité de l'oppression et du vice, protesteraient contre ces attributs. L'arbitraire et la fatalité dans la grâce ne seraient pas des objections moins puissantes. On ne lève ainsi aucune difficulté. Le hasard, le

Les mots fatal, fatalité, s'emploient pour indiquer un événement malheureux auquel on n'a pas pu se soustraire. Les années 1812, 1813, 1814 et 1815, ont été fatales pour la France. Il semble que ces quatre années successives aient été marquées dans le livre des destins comme des époques désastreuses pour ce pays. Il y a une fatalité qui s'acharne contre moi,» s'écrie celui qui échoue dans toutes ses entreprises. Il n'y a qu'heur et malheur dans ce monde, a dit Montaigne. Le fatalisme est le fond de toutes les religions et de toutes les doctrines philosophiques qui n'admettent point l'inter-destin, la nécessité, mots vides de sens, et qui vention des lois providentielles dans les affaires de ce monde. La mythologie grecque subor

D

n'expriment que l'ignorance des causes! La raison et la conscience nous crient qu'il y a pour

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FAUBOURG. On n'est pas d'accord sur l'étymologie de ce mot. On l'a fait dériver de l'allemand Vorburg, bourg bâti en avant de la ville ou du château, ce qui motiverait très-bien l'ancienne orthographe, d'après laquelle on écrivait forsbourg, hors du bourg, hors de la ville, d'après le bas-latin forisburgum. La langue latine désignait par le mot suburbium ce que nous appelons aujourd'hui faubourg ou fauxbourg. Au moyen âge, à partir du xe siècle surtout, les plus petites villes étaient dominées par un château et environnées de fortes murailles qui suffirent d'abord pour contenir tous les habitants. Mais les accroissements de la population, les progrès des arts, et surtout le développement de l'industrie et du commerce, nécessitèrent de nouvelles constructions au delà de l'enceinte désormais trop étroite des fortifications féodales. A mesure que la science financière fit des progrès et que les octrois se régularisèrent, beaucoup de personnes s'établirent en dehors des villes pour n'être pas astreintes aux droits d'en

FATHEMIDES, nom des princes d'une puissante dynastie mahométane, qui, sous le titre de califes, ont dominé, tant sur le nord de l'Afrique que sur l'Égypte, pendant près de trois siècles. Leur nom, ainsi que ceux d'alides et d'ismaelides, venaient de ce qu'ils se prétendaient issus de Fathemah ou Fatime et d'Aly, fille et gendre de Mahomet, par Ismael, le sixième des douze imans. Mais cette iliustre et respectable origine leur fut toujours contestée, bien que les auteurs varient sur la patrie et l'o-trée et à diverses servitudes; les bourgeois euxrigine du fondateur de cette dynastie; les uns le mêmes voulurent avoir, à une courte distance faisant naître en Égypte, en Perse, à Fez, en des remparts et en quelque sorte sous leur proAfrique; les autres le disant fils d'un juif ou tection, mais non dans leur enceinte, des jard'un mage, oculiste ou serrurier. Quoi qu'il en dins et des maisons de plaisance : toutes ces soit, Abou-Mohammed - Obéid-Allah s'étant causes contribuèrent à l'extension des faubourgs. fait passer pour le Mahady (directeur des fidè- Il arriva avec le temps que ces projections exles) annoncé par le Coran, et attendu comme térieures des villes devinrent quelquefois plus le Messie par les schyites ou musulmans hétéro- vastes que les villes elles-mêmes, comme elles doxes, commença ses prédications en Syrie. le sont encore par exemple à Vienne, dont le Dénoncé au calife, il s'enfuit en Égypte et tra- centre entouré de murailles, ou la ville propreversa toute l'Afrique jusqu'à Sedjelmesse, où il ment dite, ne forme qu'une très-faible partie. fut mis en prison. Mais une grande révolution Cependant le fisc ne voulut point perdre ses changea bientôt sa destinée. La dynastie des droits; le bon sens s'éleva contre ces disproporaglabides, qui, depuis 112 ans, régnait à Kairo- tions entre le tronc et les membres extrêmes : wan, Tunis et Tripoli, ayant été détruite, en on recula l'enceinte des cités; on fit entrer dans 909, par Abou-Abdallah, qui avait été disciple celles-ci les faubourgs, qui devinreut de véritadu père d'Obéid-Allah, le vainqueur s'empara | bles quartiers. Tels sont, à Paris, les quartiers de Sedjelmesse, et délivra le prétendu Mahady, | Saint-Germain, Saint-Jacques, Saint-Antoine, qu'il fit reconnaître comme tel par toute son Saint-Marceau, etc., etc., auxquels l'usage armée. Tel fut le commencement de la puis- conserve à tort le nom de faubourgs. Voy. sance des fathemides, qui s'établit sur les ruines VILLE. A. SAVAGNER. des Medradides, qui avaient régné longtemps à FAUCHAGE. Le fauchage ou l'action de couper Sedjemesse et en Mauritanie; des Rostamides, avec la faux est surtout usité pour la récolte des qui avaient possédé Thaort et les côtes depuis herbes fourragères, soit de celles qu'on cultive Tunis jusqu'au détroit de Gibraltar, et des Ed- en prairies artificielles, soit de celles qui forment rissides, anciens souverains de Fez.-Les Fathe-les prairies naturelles; mais fréquemment aussi mides conquirent aussi l'Égypte en 996, et s'y établirent en qualité de califes. Le dernier de ces anticalifes fut Adhed, dépouillé par Saladin, l'an 1171. Ils avaient régné 202 ans depuis la conquête par Moezz, et 272 depuis leur établissement eu Afrique. X.

on l'emploie pour abattre les céréales ou faire disparaître les mauvaises herbes. Cette opération, pour être bien exécutée, suppose dans l'ou│vrier de la force, de l'activité et une adresse qui ne s'acquiert que par l'habitude: aussi les bons faucheurs sont-ils souvent payés fort cher. Le

FAUCILLE, petite faux courbée en demi-cercle, qu'on tient au moyen d'un manche fort court. Les faucilles servent à moissonner les blés, couper de l'herbe, etc. Il y en a de trois sortes : 1° celles qu'on aiguise sur la meule, ou avec une pierre qu'on tient à la main : elles sont les plus communes; 20 les faucilles dont on refait le tranchant à froid, au moyen d'une enclume et d'un marteau (voy. FAUX ); 3° les. faucilles dont le tranchant, dentelé comme une scie, est rafraîchi avec la lime d'un côté, et sur la meule du côté opposé. Ces instruments coupent en sciant, d'où est venu l'expression scier les blés. La faucille est un des attributs de Cérès. L'Été, saison de la maturité et de la récolte des grains, est aussi représenté avec cet instrument.

fauchage des prairies a lieu lorsque les plantes | coupes suivantes. Il convient aussi qu'il coupe qui y abondent et qui donnent le meilleur four-toutes les plantes au même niveau pour cela, rage sont en fleur; avant cette époque, le pro- il doit corriger le mouvement naturel qui lui fait duit présenterait un excès de parties aqueuses élever la faux un peu plus sur ses côtés que par rapport aux parties nutritives; plus tard, ce devant lui; il coupera aussi d'autant plus égaleseraient la fibre des tiges et la fécule des graines ment que l'espace qu'il embrasse avec la faux qui prédomineraient sur les sucs et la matière sera moins large. J. YOUNG. saccharine : dans le premier cas, la conservation de la récolte serait plus difficile et le produit utile serait en moindre quantité; dans le second, il serait inférieur en qualité. On peut juger par là de l'importance qu'il faut mettre à former les prairies de végétaux qui fleurissent à peu près en même temps. L'époque du fauchage dépend aussi des espèces végétales auxquelles il s'appli- | que, de leur durée, du nombre de coupes qu'on veut faire, des circonstances particulières où se trouve le cultivateur, de la nature du sol, de l'espèce de bétail qui doit consommer le foin, et surtout de l'état de l'atmosphère. Sous ce rapport, pour pouvoir dessécher le plus promptement possible l'herbe coupée et lui conserver sa couleur, sa saveur et sa bonne odeur, on doit choisir un temps sec et un jour où le soleil brille; on fera bien même de ne commencer le travail qu'à l'heure de la journée où la plus grande partie de la rosée s'est dissipée, et de ne pas céder trop facilement sur ce point aux faucheurs, qui, surtout lorsqu'ils sont à la tâche, préfèrent se mettre à l'ouvrage dès le point du jour, parce qu'alors l'herbe se coupe plus aisément. En moyenne, un ouvrier fauche 40 ares de prairies par jour.

FAUCILLON, petite faucille dont on fait usage dans les jardins, etc., pour couper des herbes, des fruits. TEYSSÈDRE.

FAUCON. Falco. Genre d'oiseaux de l'ordre des rapaces. Caractères bec crochu, le plus souvent courbé depuis son origine qui est plus ou moins poilue et recouverte d'une membrane ou cire épaisse et colorée; mandibules plus ou moins échancrées, l'inférieure obliquement arrondie; narines latérales, arrondies ou ovoïdes,

Dans l'acte du fauchage, l'ouvrier, à chaque coup de faux qu'il donne, fait décrire horizon-ouvertes, percées dans la cire; pieds robustes; talement à la pointe de son instrument qu'il tient à deux mains une courbe qui a à peu près la forme et la valeur d'un arc de cercle dont il est lui-même le centre; pendant ce temps, il coupe une zone d'herbe qu'il renverse sur sa gauche; après en avoir abattu une, il fait un pas et donne un second coup qui en abat une seconde; puis il continue à avancer droit devant lui, les jambes un peu écartées, et au milieu d'une bande bordée d'un côté par la partie de la prairie encore intacte, de l'autre par l'andain ou plutôt l'ondain que forme l'herbe à mesure que la faux la couche à terre. L'ouvrier doit faucher le plus près de terre possible, car sans cela non-seulement il négligerait une longueur notable des plantes assez hautes pour être atteintes, mais encore il ne toucherait point ou ne toucherait que fort légèrement aux individus végétaux qui n'ont que quelques pouces de hauteur et aux feuilles radicales; de plus, les tronçons qu'il laisserait nuiraient à la pousse de l'herbe et aux

tarse écailleux ou emplumé; quatre doigts garnis d'ongles très-forts, crochus, aigus, mobiles et rétractiles; trois devant et un derrière. Les faucons, que l'on désigne plus généralement par l'épithète d'oiseaux de proie diurnes ou d'accipitres, se distinguent facilement de tous les oiseaux par la beauté de leurs formes, la noblesse de leur maintien, leur courage, leur hardiesse et la vivacité de leurs mouvements. Ils sont trèsdifficiles à priver; et si l'on est parvenu à en tirer un parti avantageux pour la chasse au vol, ce n'est qu'après des soins infinis et l'assujettissement de leur appétit vorace à des jeûnes sévères; aussi les services qu'ils rendent ne sontils fondés que sur l'espoir de la récompense. Ce sont moins des amis dociles que des serviteurs craintifs, toujours prêts à retourner à leurs habitudes naturelles. Ils ont le vol très-élevé, rapide et soutenu; le sens de la vue, plus étendu, plus vif, plus net et plus distinct chez eux que chez aucun autre animal, leur permet d'aper

toutes les parties connues du globe. Ce genre a éprouvé bien des modifications, des coupes et des subdivisions de la part des méthodistes ; mais ces divers travaux, quelque beaux qu'ils soient d'ailleurs, ne présentent point de caractères assez nets, ni assez bien tranchés pour que l'on

posés. Temminck qui, de tous, paraît avoir été le plus à même de bien étudier les oiseaux de proie, a laissé le genre tel à peu près que l'avait institué Linné; il l'a seulement divisé en huit sections dont nous allons tracer succinctement les caractères distinctifs.

1. Mandibule supérieure armée d'une forte dent et quelquefois de deux qui s'engagent dans des échancrures de la mandibule inférieure : les faucons proprement dits.

2. Tarse aussi court ou guère plus long que le doigt intermédiaire. Bec courbé à partir de sa base. Bec droit à sa basé, ne se courbant que vers la pointe : les aigles.

3. Tarse élevé, beaucoup plus long que le doigt intermédiaire. Ailes courtes; première rémige de beaucoup plus courte que la seconde; la troisième presque égale avec la quatrième qui est la plus longue : les autours.

cevoir à une hauteur telle que nous les perdons de vue, une alouette, un mulot et même jusqu'à un petit lézard. Les uns, tels que le faucon, le ❘ milan, etc., se précipitent et tombent d'aplomb sur leur proie; d'autres, comme la buse, l'autour, etc., arrivent obliquement sur elle, et ne l'attaquent que de côté ; ils se repaissent de pré-puisse adopter tous les genres qui ont été proférence de chair vivante et ne se jettent sur les charognes que dans les cas de détresse absolue ; | les quadrupèdes, les grands oiseaux font l'objet de la poursuite des grands accipitres; les fringilles, les fauvettes, les grenouilles et même de gros insectes sont le partage des petites espèces; tous saisissent leur proie avec les serres, et souvent leurs deux pieds en sont munis à la fois. Ils sont, en général, silencieux ; cependant quelques-uns des plus petits se plaisent à fatiguer l'oreille de cris aigus et précipités. Ils habitent de préférence les lieux solitaires, les montagnes escarpées, les bâtiments abandonnés. Lorsqu'ils ne placent point leur nid dans des creux de rochers ou dans des trous de muraille, c'est presque toujours sur les arbres les plus élevés. La ponte est ordinairement de deux à trois œufs; les petites espèces portent quelquefois ce nombre à sept. Leur caractère est cruel ; ils ne respirent que les combats et paraissent avoir peu d'affection pour leurs petits, car à peine ceuxci ont-ils la force de voler qu'ils sont chassés du nid et forcés de pourvoir eux-mêmes à leur subsistance: l'usage continuel du sang et de la chair étoufferait-il en eux, ainsi que dans tous les quadrupèdes féroces, ces tendres affections dont la nature a embelli la création? Tout porte à le faire croire, puisqu'on ne retrouve point la même cruauté chez les oiseaux granivores, non plus que chez les dociles ruminants. Tous les oiseaux changent de plumage après leur enfance; chez les accipitres, ce caprice de la nature se renouvelle plusieurs fois, et ces mues successives différencient tellement les couleurs et leur distribution, que l'oiseau de six mois ne ressemble nullement au même individu à l'âge de dix-huit mois ou de deux ans et demi, et plus d'un ornithologiste a fait de cet oiseau, dans ses trois âges, trois espèces distinctes; quelques oiseaux de proie n'acquièrent leur plumage parfait qu'à leur sixième année. En général, les jeunes sont bigarrés de taches et de raies longitudinales, tandis que les vieux ont plus d'homogénéité dans les couleurs, et sont plutôt rayés transversalement. Les femelles sont constamment d'un tiers plus grosses que les mâles qui, pour cela, sont désignés quelquefois sous le nom de tiercelet. On trouve des faucons dans

4. Ailes longues; première remige très-courte, moins longue que la cinquième ; la seconde un peu plus courte que la quatrième; la troisième ou la quatrième la plus longue. Tarses très-minces les busards.

5. Ailes de moyenne longueur, atteignant au plus les trois quarts de la longueur de la queue : les buses.

6. Mandibule supérieure point ou très-faiblement dentée; face nue : les caracaras.

7. Tarse robuste. Bec grêle; mandibule supérieure fortement crochue et arquée : les cymindis.

8. Face emplumée; ailes longues, dépassant ordinairement la queue : les milans. DR..Z.

FAUCON BLANC (ORDRE DU), ou de la Vigilance, ordre institué en 1732 par Ernest-Auguste de Saxe-Weimar pour récompenser les services militaires. La décoration de l'ordre se compose d'une croix d'or octogone, étoilée, émaillée de vert et chargée d'un faucon blanc armé et becqué d'or. La devise est : Vigilando ascendiBOUILLET.

mus.

FAUCONNEAU. (Art militaire.) Pièce d'artillerie d'ancien modèle qu'on a nommée aussi bombarde allongée, falconnet, fauconnet. Il y en a eu de fortes, il y en a eu de légères : ces dernières étaient portées à bras par des goujats, par des pionniers. Le poids de la balle des fau

conneaux variait d'un quarteron à cinq livres. | disposé à étendre ses priviléges, prenant le droit Le fauconneau a été en usage depuis Charles VIII jusqu'au commencement du XVIIIe siècle. Les milices turque et persane s'en servent enGal BARDIN.

core.

FAUCONNERIE, art de dresser et de gouverner des oiseaux de proie pour la chasse, particulièrement des faucons'. Cet art, si estimé au moyen âge, perdit presque toute son importance par suite de l'emploi, devenu habituel, des armes à feu. Cependant les dernières traditions de la chasse à l'oiseau s'étaient conservées jusque vers la fin du siècle dernier, surtout en Allemagne. Le roi de Danemark et le duc de Courlande envoyaient, chaque année, au roi de France, des oiseaux dressés par leurs ordres. Le grand maître de Malte envoyait de même douze faucons, pour lesquels le chevalier qui en était porteur recevait un présent de 3,000 livres.

illimité de chasse par tout le royaume, prélevant sur tous les marchands oiseleurs qui venaient vendre à la cour ou à la ville un tribut rigoureusement exigé, sous peine de confiscation en cas de non-payement, ayant, aussitôt après avoir prêté serment entre les mains du roi, le droit de conférer ou de retirer les emplois de chefs de vol et de gardes des aires royales; et, dans les chasses au faucon, jouissant exclusivement de l'insigne honneur de poser le faucon sur le poignet du roi. Louis XVI fit des efforts inutiles pour rendre moins dispendieuse cette administration, dont Louis XIV avait encore augmenté l'État et qui engloutissait des sommes exorbitantes; mais bientôt après elle disparut avec tant d'autres devant l'orage révolutionnaire. A. SAVAGNER. FAULX. Voy. FAUX.

FAUNES, Fauni, divinités champêtres, issues de Faunus. On les représente avec des cornes et des pieds de chèvre. On les distinguait des Satyres en ce que leurs occupations se rapprochaient davantage de l'agriculture, qu'ils étaient moins hideux et avaient moins de brutalité. BOUILLET.

FAUNE. (Zoologie.) De même que les botanistes donnent le nom de flore à la description des plantes d'un pays, de même le nom de faune désigne l'histoire naturelle des animaux d'un

On a nommé aussi fauconnerie l'ensemble des individus et du matériel dont se composait un équipage de chasse à l'oiseau. La charge du grand fauconnier du roi, qui présidait à tous ces détails, était fort importante; c'était un démembrement de celle du grand veneur. On trouve ce titre en usage dès 1250; il fut changé en celui de grand fauconnier de France au commencement du xve siècle (voy. plus loin). La fauconnerie, inconnue des anciens et peut-pays, d'une province. être empruntée de l'Orient, a été surtout perfectionnée en France; du moins la richesse de notre vieux dictionnaire sous ce rapport doit le faire supposer.

La chasse elle-même recevait généralement le nom de vol; elle se faisait d'ordinaire à cheval; les dames et les gentilshommes seuls avaient droit de s'y livrer. On portait l'oiseau sur le poing, chaperonné (voy. FAUCON), pendant tout le temps où il ne chassait pas. On se servait pour cela d'un gant de forte peau, de sorte que l'emploi de ces gants était devenu une sorte d'attribut de noblesse, et peut servir à reconnaître, sur les peintures et monuments du moyen âge, la qualité des personnes qui s'y trouvent représentées. C. N. ALLOU.

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FAUSSAIRE. Voy. FAUX,

X.

FAUSSET, comme écrit l'Académie française, ou plutôt faucet, comme il serait plus naturel d'écrire, puisque ce mot est dérivé de fauces, gosier, voy. Voix.

FAUSSETÉ. La fausseté est à la fois un travers de l'esprit et un vice du cœur; elle vient de la perfidie et va à l'imposture. Chez les hypocrites, elle se couvre du masque de la dévotion; chez les égoïstes, elle emprunte les dehors de la bien❘veillance. Quand elle parle, c'est le mensonge; quand elle agit, c'est la convoitise ou la haine. Elle fait germer le soupçon entre les amis, engendre les querelles, jette le trouble et la dissension au sein de la famille et de la société. Le genre de fausseté le plus odieux peut-être est Sous François Ier, le grand fauconnier, dont celui qui revêt la malveillance des couleurs de le premier titre avait été celui de maître de la l'amitié, et qui fait tomber la confiance au piége fauconnerie du roi, acquit une importance con- de la flatterie; mais la fausseté la plus dangesidérable. Alors, en effet, la fauconnerie royale reuse est celle qui prend l'extérieur d'une franentretint plus de 300 oiseaux, 50 aides et 50 gen-chise poussée jusqu'à la brusquerie. Le fourbe tilshommes ayant tous de riches traitements. Ille plus à craindre est celui qui dit à l'homme en résultait une certaine splendeur pour leur chef, aux appointements de 4,000 florins, très

'On possède plusieurs ouvrages sur cet art : nous ne citerons que le poème en 3 livres que l'illustre président de Thou composa

dont il veut faire sa dupe : « Vous savez bien que moi je ne vous flatte jamais ! »

pour le petit-fils du chancelier de l'Hospital et qui est intitulé Hieracosophion (de iépaš, faucon), vel de re accipitraria. S.

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