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la victoire de Culloden, remportée sur le prétendant, Charles-Édouard, en Écosse (1746). La paix de 1748 fut de courte durée, et la guerre s'étant rallumée en 1755, l'Angleterre éprouva de nouveaux revers en Allemagne; ils furent compensés par de brillantes conquêtes dans l'Inde. Ce prince mourut subitement en 1760.

GEORGE III, roi d'Angleterre, né en 1738, succéda en 1760 à George II, son grand-père, obtint de brillants succès contre la France et l'Autriche dans la guerre de sept ans, conclut en 1763 une paix qui fut trouvée peu avantageuse pour son pays et qui excita de grands mécontentements; eut à soutenir la guerre contre les colonies d'Amérique révoltées, et fut forcé en 1783 de reconnaitre l'indépendance des États-Unis. Il combattit de tout son pouvoir la révolution française. En 1810, il tomba en démence et ne mourut que dix ans après. Son fils, George IV, exerça pendant ce temps la régence, George III, eut pour principal ministre le célèbre Pitt; c'est sous son règne que se distinguèrent Fox, Burke, Sheridan, par qui l'éloquence de la tribune fut portée au plus haut degré en Angleterre.

GÉORGIE, nommée en arabe, en persan et en turc Gurdjistan c'est-à-dire pays d'esclaves), et en russe Grousia, province de la Russie méridionale, bornée au N. par le Caucase qui la sépare de la Circassie, à l'O. par la mer Noire, au S. par l'Arménie et le cours inférieur du fleuve Kour, à l'E. par le Daghestan et le Chirvan : 450 kil. sur 300; 240,000 habitants. Chef-lieu, Tiflis. Autres villes : Gouri et Telavi. La Géorgie se divise en trois districts: 1o le Karthli (vulgairement appelé Carduel ou Kartalinie); 2o le Kakheth; 3° le Somkheth. Après ces trois provinces, qui forment la Géorgie propre, longtemps appelée Géorgie persane, il faut ajouter la Gourie, l'Iméréthie, la Mingrélie et le Souaneth qui composaient la Géorgie turque, et qui appartiennent aujourd'hui également à la Russie. La Géorgie est toute couverte des famifications du Caucase; on y trouve partout des vallées fertiles et délicieuses; aussi plusieurs auteurs ontils voulu y placer le paradis terrestre. Elle est arrosée par de nombreuses rivières dont la principale est le Kour. Le climat est chaud et le sol très fertile; on y cultive avec succès le mûrier, le vin et le coton. On y élève de superbes troupeaux de gros et de menu bétail; on y trouve des mines d'or, d'argent, de fer, de cuivre et d'étain, des rubis, de l'alun, du jaspe, de l'ambre noir. Les Géorgiens sont très-braves; mais ils sont féroces, pillards et adonnés à l'ivrognerie.

par leur beauté. La religion des Géorgiens est celle des Grecs orthodoxes; ils ont une langue à part qui a deux dialectes, le sacré et le profane.

GEORGE IV, roi d'Angleterre, né en 1762, fils de George III, eut une jeunesse scandaleuse. Il fut appelé à la régence en 1811, lorsque son père fut tombé en démence, et ne prit le titre de roi qu'en 1820. Quoiqu'il se fût précédemment déclaré pour les whigs, il s'abandonna entière-Leurs femmes sont célèbres dans tout l'Orient ment aux torys, et eut pour principaux ministres Castlereagh et Wellington. Il contribua à renverser Napoléon, mais tint une conduite peu loyale envers le héros vaincu qui venait se confier à lui. Il rendit de nombreuses lois contre la liberté de la presse, eut à réprimer des troubles incessants dans l'Irlande, et intenta le plus scandaleux procès à la princesse Caroline, son épouse (voy. CAROLINE). Il mourut en 1830. G. DES S. GEORGE CADOUDAL, chef de chouans, né en 1769 au village de Brech, près d'Auray, dans le Morbihan, où son père était meunier, se soutint longtemps dans son pays et dans la Vendée contre les armées de Hoche et de Brune. Forcé enfin de renoncer à la guerre, il passa en Angleterre (1800); mais en 1803 il rentra secrètement en France, et forma, de concert avec Pichegru, une conspiration contre le premier consul: il s'agissait, dit-on, d'attaquer Bonaparte à force ouverte au milieu de sa garde. Le complot ayant été découvert, George fut pris, jugé et bientôt exécuté (le 25 juin 1804). X.

GÉORGIE. Voy. ÉTATS-UNIS.

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Les Géorgiens habitent le pays connu autrefois sous le nom d'Ibérie, ainsi qu'une partie de la Colchide à l'O. et de l'Albanie à l'E. Ils font remonter leur origine jusqu'à l'an 2640 avant J. C. et reconnaissent pour leur premier roi Thagarnios, qu'ils font contemporain de Nemrod. Ils se soumirent volontairement à Alexandre; mais après la mort du conquérant (524), ils choisirent pour chef Pharnavaz, descendant de leurs anciens rois, qui délivra le pays de toute domination étrangère, et fit alliance avec Antiochus, roi de Syrie. Artocès, un de ses successeurs, fut un allié de Mithridate; mais vaincu par Pompée (65 avant J. C.), il reconnut la domination romaine; néanmoins cette contrée conserva ses rois particuliers. A la fin du Ive siècle, les Grecs introduisirent en Géorgie la religion chrétienne qui y remplaça le culte des astres; au vie, Chosroes Nourschirvan détrôna Bakour IV, et donna aux Géorgiens un roi sas

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| tique. Dans ce but, il allait venir à Paris, pour entrer au séminaire Saint-Magloire; mais, en apprenant les massacres de septembre, ses parents s'opposèrent à ses désirs et le retinrent dans sa ville natale.

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Celle-ci fut bientôi soumise elle-même à de terribles épreuves, dont M. de Gérando eut sa part. Blessé au siége de 1793, il fut fait prisonnier et condamné à mort. Échappé à l'exécution. de l'arrêt qui le frappait, il entra dans un bataillon de volontaires. Découvert dans ce corps, il allait y être arrêté, lorsqu'il gagna la Suisse. De là il passa en Italie, et résida deux ans à Naples, employé dans une maison de commerce. A l'époque de l'amnistie des Lyonnais, il rentra en France et vint à Paris avec Camille Jordan, son parent, son compatriote et son ami intime. Au 18 fructidor an v, il eut le bonheur de lui sauver la vie et de ménager sa fuite, dans laquelle il l'accompagna.

sanide (568); néanmoins les empereurs d'Orient | avoir fait ses études au collège de l'Oratoire, il `exerçaient encore une certaine influence sur la s'était décidé à embrasser la carrière ecclésiasGéorgie et disputaient aux rois de Perse le droit de lui imposer des souverains. Les Géorgiens résistèrent longtemps aux armes victorieuses des Arabes; mais en 732, Merwan II, le dernier des califes ommiades, étendit sa domination au delà du Kour, et à la fin du vin siècle, la Géorgie tout entière était regardée comme une province des califes. Elle avait alors pour rois des princes de la dynastie des Bagratides ou Pagratides, qui dejà régnait en Arménie. En 861, les Géorgiens secouèrent le joug des Musulmans; mais en 927, ils furent successivement soumis par les Deilemites sortis du Ghilan et par les Bouïdes. Sous Bagrat IV (1027-1072), Alp-Arslan | soumit la Géorgie, et un grand nombre de Turcs Seldjoucides s'établirent dans ce pays. David III releva la Géorgie (1089), et, secondé par les Khazars, étendit au loin ses conquêtes. En 1248, la Géorgie fut réunie au vaste empire des Gengiskhanides; de 1386 à 1400, elle eut à subir plusieurs invasions de Tamerlan qui la réduisirent à l'état le plus déplorable. Alexandre Ier, qui régna de 1407 à 1435, partagea ses États entre ses trois fils, qui formèrent les royaumes rivaux de Karthli, de Kakheth et de Gourie, et prépara ainsi la ruine de la Géorgie; aussi, dès 1620, la Géorgie orientale devint-elle vassale des sophis de Perse, et la Géorgie occidentale des sultans ottomans. Ceux-ci conquirent tout le pays en 1589; mais de 1603 à 1615, Chah-Abbas la reprit aux Turcs et la remit sous la domination de la Perse; elle retomba presque tout entière sous le joug des Turcs en 1724. Nadir Chahil dut depuis une compagne digne de lui, se en soumit une partie dont il donna le gouvernement à Theimouroz II en 1740. Héraclius, successeur de ce dernier (1760-1798), menacé d'un concurrent par le souverain de la Perse KerimKhan, s'allia aux Russes et finit par se reconnaitre leur vassal en 1783: mais en 1795, Aga Mohammed fit une invasion en Géorgie, prit Tiflis et emmena une foule d'habitants en esclavage. L'arrivée d'une armée russe prévint une nouvelle expédition (1797). George XI, fils d'Héraclius, ne régua que deux ans, et en mou-pelé à Paris. rant, il signa l'acte qui soumettait ses Élats à Lucien Bonaparte lui ouvrit la carrière adl'empereur Paul Ier (1799). En 1802, la Géorgie | ministrative et le nomma, en l'an viii, membre fut déclarée province russe; mais de conti- du bureau consultatif des arts et manufacnuelles révoltes rendent jusqu'à ce jour la postures, établi près du ministère de l'intérieur. En session de la Géorgie purement nominale pour l'an x11, il devint secrétaire général de ce minisles Russes. tère, sur les instances de son ami M. de ChamGÉRANDO (JOSEPH-MARIE, baron DE) est né à | pagny, qui venait d'être nommé ministre. Pour Lyon, le 29 février 1772, d'une famille honora- bien comprendre l'importance du poste de seble et aisée; son père était architecte. Après crétaire général de l'intérieur, qu'il a conservé

M.

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Bientôt il revint en France et prit du service dans l'armée. En l'an ví, il était chasseur à cheval au 6e régiment, en garnison à Colmar, lorsqu'il eut connaissance que l'Institut avait mis au concours la question de savoir quelle est l'influence des signes sur l'art de penser. L'idée de traiter cette question séduisit son esprit ; mais le terme du concours allait expirer: il avait à peine le temps de rédiger son mémoire pour qu'il pût arriver à Paris en temps opportun. Les membres d'une famille dans laquelle il était accueilli avec bienveillance, et à laquelle

partagèrent la tâche de copier son manuscrit au fur et à mesure qu'il achevait d'en écrire les feuillets. Le mémoire envoyé par M. de Gérando obtint le prix; mais les juges, qui avaient été frappés de son mérite, furent surtout surpris, lorsqu'on rompit le cachet qui couvrait le nom de l'auteur, de voir qu'un travail d'idéologie aussi distingué était l'œuvre d'un simple soldat. Une démarche fut faite près du ministre de l'intérieur pour obtenir que M. de Gérando fût ap

huit ans, il faut se rappeler que ce ministère | blables, lui permirent dé joindre à ses fonctions comprenait alors les attributions de trois ou de conseiller d'État et de liquidateur, des foncquatre de nos ministères actuels, que tous où tions ou des occupations gratuites, qui auraient presque tous les services étaient à réorganiser, suffi pour remplir l'existence de plusieurs autres et que, les proportions de l'empire français hommes. Ainsi, il réunit ses efforts à ceux du s'augmentant chaque jour, le travail d'organi- vénérable duc de la Rochefoucauld-Liancourt sation s'étendait avec nos conquêtes. en faveur de l'instruction élémentaire, des caisEn 1806, M. de Gérando accompagna l'empe- ses d'épargne et en général de toutes les insti reur et M. de Champagny, dans le voyage qui se tutions de bienfaisance. Il donna une attention termina par le couronnement de Milan et qui particulière aux établissements concernant les fut rempli par de nombreuses et importantes aveugles et les sourds-muets; il a administrẻ mesures administratives, que M. de Gérando les Quinze Vingts pendant près de vingt années; fut presque exclusivement chargé de préparer. depuis 1814, il est membre du conseil d'admiParmi celles qui lui furent plus spécialement nistration de l'institution royale des Sourdsconfiées, on cite l'organisation de l'université Murets; il a d'ailleurs contribué à fonder la de Turin. Bientôt après, il fut envoyé à Gênes, société de la Morale chrétienne, et surtout celle avec M. de Champagny, pour en opérer la ré- pour l'encouragement de l'industrie nationale," union à la France. En 1808, il fut nommé maître dont il est le secrétaire général depuis 1800. Le des requêtes au conseil d'État et membre de la conseil supérieur de santé, et une foule de com junte de Toscane, chargé de l'organisation. L'an- missions ou d'associations qu'il serait trop long née suivante, il reçut la même mission pour les d'énumérer, ont eu leur part de son incomÉtats romains, comme membre de la consulte, parable activité. Néanmoins, dans une vie ́sì et fut, au retour, nommé conseiller d'État (fé- pleine, il a pu trouver encore le loisir nécesvrier 1810). En 1812, il fut appelé au poste diffi- | saire pour fonder, en 1819 et 1820, l'enseignecile et périlleux d'intendant de la Catalogne.ment du droit public et administratif à la faculté En 1814, M. de Gérando, quoiqu'il eût été ho- de droit de Paris. M. de Corbière fit supprimer noré de l'estime et de la confiance de Napoléon, cet enseignement en 1821: M. de Gérando fut qui l'avait fait baron de l'empire, avec une appelé à le rouvrir en 1828 sous le ministère de dotation de 25,000 fr. de rente, et officier de M. de Vatisménil, et il l'a continué depuis lors la Légion d'honneur, fut maintenu, avec quel- sans interruption. Voy. DROIT ADMINISTRATIF. ques-uns de ses collègues du conseil d'État impérial, sur la liste du service ordinaire du nouveau conseil.

Dans les cent-jours, Napoléon, qui avait conservé à M. de Gérando son titre de conseiller d'État, l'envoya, en qualité de commissaire extraordinaire, dans la Moselle, pour y organiser la défense du territoire national. L'accomplissement de cette mission le fit d'abord négliger par le gouvernement, lors de la seconde restauration. Cependant il reprit bientôt son siége au conseil d'État, où quelques-uns de ses collègues et lui (notamment MM. Allent, Bérenger et Cormenin) luttèrent habilement et utilement pour faire conserver les principes de la jurisprudence administrative, respecter les droits acquis et le maintien des ventes nationales.

En 1816, il fut nommé, en remplacement du comte Corvetto, membre de la commission char gée de liquider l'arriéré de la dette publique, opération qui portait sur plusieurs milliards.

Les habitudes laborieuses de M. de Gérando, l'étendue de ses connaissances et de son esprit, et son ardent amour pour le bien de ses sem

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En 1820, M. de Gérando fut promu au grade de commandeur de la Légion d'honneur; le 3 octobre 1837, il a été appelé à la chambre des pairs.

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Toutes ces fonctions, avec leurs devoirs si multipliés, n'ont pas empêché M. de Gérando de fournir une carrière d'écrivain aussi variée et presque aussi occupée que sa carrière publique. Ses nombreux écrits peuvent être rangés sous trois classes: philosophie, administration pu| blique et bienfaisance. J. BOULATIGNIER.

GÉRARD (FRANÇOIS-PASCAL - SIMON, baron), célèbre peintre d'histoire, né à Rome en 1770, d'un Français et d'une Italienne, mort en 1857, étudia d'abord la sculpture sous Pajou, et devint en 1784 l'élève de David. Sa première œuvre importante fut le Bélisaire, 1795; vinrent ensuite Psyché recevant le premier baiser de l'Amour, 1796; les Trois Ages, 1806; la Bataille d'Austerlitz et Ossian, 1810. Toutes les notabilités de l'empire et de l'Europe voulaient être peintes par Gérard; il fit plus de cent portraits en pied et un nombre immense de portraits en buste dans l'espace de trente années. Sous la restauration, Gérard produisit : l'Entrée

de Henri IV à Paris, 1817; Corinne improvisant au cap Misène et Thétis portant les armes d'Achille, 1819; Louis XIV déclarant son petit-fils roi d'Espagne, 1828; le Sacre de Charles X, 1829; l'Espérance, 1829, etc. On lui doit encore la Peste de Marseille, 1852, plusieurs tableaux de circonstance et les quatre pendentifs de la coupole du Panthéon. Il laissa en outre plusieurs toiles inachevées. Gérard fut le dernier peintre de l'école de David, et un des derniers imitateurs de la belle antiquité. BOUILLET.

se trouvait le 17 du même mois au combat de Halle, qui suivit de trois jours la bataille d'Iéna. Le maréchal prince de Ponte-Corvo, qui n'avait pas pris une part directe au combat du 14, rencontra le prince de Wurtemberg établi, avec sa cavalerie et ses réscrves, hors de la portée du canon, pour soutenir la retraite de l'armée prussienne. Bernadotte envoya contre lui le 95me et le 4me de hussards: ce dernier, commandé par Gérard en personne, exécuta sur la cavalerie ennemie une charge des plus brillantes, donna le branle à la déroute et conduisit bientôt le reste de l'armée française à Berlin. Jusqu'à la fin de la campagne, le général Gérard fut attaché successivement au 7me et au 8me corps.

En 1809, à la reprise des hostilités contre l'Autriche, il devint chef d'état-major général du 9e corps, commandé par le prince de PonteCorvo, composé en entier du contingent du roi de Saxe, et fort de 20,000 hommes, qui, après avoir longé la frontière occidentale de Bohême, vint faire sa jonction avec la grande armée

avant la prise de cette capitale, le général se distingua, le 7 mai, au combat d'Urfahr, en avant du pont de Linz. A Wagram, il commandait la cavalerie saxonne et contribua au succès de cette bataille. Il fut ensuite attaché au 9e corps de l'armée d'Espagne, du 26 juillet 1810 au 1er octobre 1811, époque à laquelle il fut mis en disponibilité.

GÉRARD (MAURICE-ÉTIENNE, Comte), pair et maréchal de France, commandant supérieur de la garde nationale du département de la Seine, etc., est né à Danvilliers (Meuse), le 4 avril 1773. Il entra au service comme volontaire, au 2me bataillon de la Meuse, le 1er octobre 1791, fut nommé sergent le 11 décembre 1792, lieutenant le 5 pluviôse an II, et fit ses premières armes à la bataille de Fleurus, sous les ordres de Jourdan. Promu au grade de capitaine, le 1er floréal an v, dans la 30me demi-presque sous les murs de Vienne. Quatre jours brigade, qui faisait partie de l'armée d'Italie, il devint aide de camp du général Bernadotte, et l'accompagna bientôt à l'ambassade de Vienne, si pleine de périls. Après avoir été nommé adjoint aux adjudants généraux, attaché au 9me hussards, il devint chef d'escadron le 25 messidor an VII, chef de brigade le 24 brumaire an Ix, et fut employé en cette qualité aux armées de l'Ouest. L'arrêté du 18 vendémiaire an x n'ayant plus permis aux généraux de division de conserver pour aide de camp un officier au-dessus du grade de chef d'escadron, le chef de brigade Gérard cessa ses fonctions auprès du général Bernadotte, et il resta en non-activité pendant plus de trois années, jusqu'au 2 fructidor an XIII, époque à laquelle il fut nommé, par décret impérial, adjudant commandant et premier aide de camp de Bernadotte, promu lui même à la dignité de maréchal de l'empire. A la bataille d'Austerlitz, les troupes du maréchal, placées au centre gauche de l'armée française, attaquèrent la réserve du grand - duc Constantin, composée de la garde impériale russe, et la culbutèrent d'abord; mais cette dernière ayant ensuite pénétré dans les intervalles de l'infanterie française, elle rencontra en seconde ligne la cavalerie, qui lui fit rebrousser chemin et se mit à sa poursuite. Dans cette charge, le commandant Gérard fut blessé à la cuisse d'un coup de canon à mitraille. Nommé général de brigade par décret du 13 novembre 1806, vers la fin de la campagne de Prusse, il

Ayant été appelé bientôt après à faire partie du 1er corps de la grande armée, le général Gérard se trouva au sanglant combat de Valoutina, le 19 août 1812. Le maréchal Ney, après avoir franchi le Dnieper, rencontra les Russes, qui se décidèrent enfin à reprendre l'offensive. La division Gudin, formée en colonnes d'attaque, s'ébranla contre eux, renversa tout devant elle, et fit croire aux ennemis qu'ils avaient à combattre la garde elle-même. Aux premiers coups de canon, Gudin tomba mortellement atteint d'un boulet qui lui fracassa les deux jambes; Gérard, le plus ancien des généraux de brigade, le remplaça dignement, et, secondé par les 12, 21 et 127e de ligne, il prit part à celle mêlée horrible qui ne se termina qu'avec le jour. Les Russes laissèrent couvert de morts ce champ de bataille qu'ils avaient surnommé le champ sacré, et qu'une tradition religieuse faisait regarder comme une position inexpugnable. Le lendemain de ce combat, la division Gérard reçut quatre-vingt-sept décorations, avec des grades, et le 127, nouvellement formé, qui jusqu'alors avait marché sans enseigne, reçut son

aigle pour prix de sa bravoure; car dans ces | l'aile droite, en gardant le pont de l'Aube, et temps de gloire il fallait conquérir son drapeau qu'il repoussa, deux jours après, les efforts de sur le champ de bataille pour prouver qu'on Giulay pour passer la rivière en cet endroit. saurait le conserver. A la bataille de la Moskowa Cette manœuvre, qui avait pour résultat de cou(7 septembre 1812), le général Gérard était sous vrir Nogent, permettait en outre à Napoléon les ordres du vice-roi d'Italie, et huit jours d'agir avec plus de liberté sur la rive gauche après l'empereur lui conférait le grade de géné- de la Seine. Le 2 février, après avoir pris posiral divisionnaire. tion à Saint-Pane-aux-Tertres, il repoussa le général Colloredo, qui voulait s'emparer du pont de la Guillotière, et lui fit 400 prisonniers. Il assistait encore au combat de Montereau le 18 février: le prince de Wurtemberg, ne croyant pas l'artillerie française suffisamment soutenue, venait de la faire charger par deux bataillons russes, et déjà il avait réussi à enlever un canon, lorsque le général Gérard, à la tête seulement de 500 hommes, s'exposant comme un simple soldat, s'élança sur l'ennemi, le repoussa, lui fit des prisonniers, et contribua par cet acte de hardiesse au succès de la journée.

Lors de la désastreuse retraite de l'armée française, l'arrière-garde, détruite et reformée pour la septième fois, était arrivée à Kovno, le 14 décembre; le lendemain, Platof y parut avec ses Cosaques et voulut la canonner Gérard, qui s'y trouvait alors avec une poignée de braves, triste et faible débris du er corps, le tint quelque temps en respect; mais il ne put empêcher l'hetman de passer le Niemen avec sa troupe pour attaquer la ville sur la rive gauche. Déjà le poste français placé au pont avait pris la fuite, effrayé de ce mouvement, lorsque le prince d'Eckmühl, secondé par la bravoure et le sangfroid du général Gérard, parvint à sauver l'arrière-garde, qui évacua Kovno dans la nuit.

Avant de continuer l'offensive, l'empereur fit subir à l'armée une nouvelle organisation : l'infanterie Gérard (division de réserve de Paris) A peine relevée de ces désastres, l'armée re- fut amalgamée dans le 2e corps, dont le comparut plus grande que jamais. Au départ de mandement lui fut définitivement confié. II Murat, le vice-roi Eugène prit le commandement s'occupa d'abord à rétablir à Pont-sur-Seine les de l'armée de la Vistule, et donna au général moyens de communication détruits par l'enGérard une division française du 11e corps, qui nemi; puis en se retirant il rencontra Platof, se trouva au combat de Lützen, le 2 mai 1813, le 22 fév., à Méry-sur-Seine. C'était pour la troiavec la rude tâche de lutter contre la division sième fois qu'il avait à combattre le vieux chef prussienne du général York et la garde impé- de Cosaques : il dispersa facilement son avantriale russe. L'empereur ayant repris l'offensive garde et parvint le soir à Villemaur, d'où il put sur l'armée alliée de Silésie, Lauriston, qui communiquer avec le maréchal duc de Tarente. commandait alors le 11e corps à la place du duc Rien n'égale l'activité du général dans cette de Tarente, eut ordre d'attaquer Goldberg, et | mémorable campagne. Lorsque presque tout marcha sur les troupes prussiennes portées sur l'état-major de l'armée perdait déjà l'espérance, la rive gauche de la Katzbach. La division Gé-il fut du petit nombre de ceux qui ne se laissèrard, spécialement chargée de l'attaque de Nieder-Au, après un engagement très-vif avec la division du prince de Mecklembourg, démonta ses batteries, enfonça ses bataillons et les força à repasser la rivière.

La campagne de 1814, dont les résultats furent si tristes pour la France, mais dont les souvenirs seront à jamais glorieux pour elle, fit sortir le général Gérard de la position secondaire qu'il avait occupée jusqu'alors dans le commandement. Napoléon, avant de quitter Paris pour se mettre à la tête de l'armée réunie sous Châlons, voulut mettre la capitale à l'abri d'un coup de main en créant une réserve composée de 58 bataillons tirés des dépôts les plus voisins, qu'il plaça sous les ordres du comte Gérard. C'est avec ces troupes que le général arriva à Dienville, le 30 janvier, pour former

rent point abattre et dont le courage ne se démentit pas jusqu'au dernier moment. Un des chefs de l'armée, un maréchal, ayant osé se plaindre du peu de ressources qu'offrait la situation en personnel et en matériel, Napoléon lui fit répondre entre autres ce qui suit : «... Le « corps du général Gérard, qui fait de si belles choses, n'est composé que de conscrits à demni nus; il a en ce moment une division de 4,000

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