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carie, puis des lésions de la moelle et des nerfs qui en émanent.

L'art est venu au secours des malheureux bossus avec assez de succès, et le traitement qu'on leur fait subir constitue une partie importante de l'orthopédie. Les principes qui sont spéciaux à cette affection sont les suivants : soustraire la colonne vertébrale au poids de la tête et de la partie supérieure du tronc, soit en maintenant les malades dans une situation horizontale, soit au moyen de béquilles très-longues ou autres appareils tendant à faire exercer sur la colonne vertébrale une traction qui la ramène à sa rectitude naturelle; obtenir la consolidation par un régime et des médicaments appropriés. Il est facile de concevoir que ces moyens ne peuvent être efficaces que quand l'ossification n'est pas encore tout à fait complète. De même aussi, après la guérison, il faut user de corsets garnis de lames d'acier pour empêcher les récidives. Voy. ORTHOPÉDIE.

GIBELINS. Voy. GUELFES.

F. RATIER.

GIBRALTAR, Calpe des anciens, Gibel-alTarik des Arabes, ville de la péninsule espagnole, par 36o 6' latitude Nord, 7° 39′ long. O., à 110 kil. S. E. de Cadix sur un cap qui domine la Méditerranée (Calpe mons ), avec une trèsbelle baie et un bon port; 20,000 habitants. C'est une des places les plus fortes de l'univers. Le rocher sur lequel est situé Gibraltar offre de profondes cavernes, qui sont autant d'arsenaux à l'épreuve de la bombe. Géographiquement, Gibraltar est dans l'Andalousie, mais elle est possédée par l'Angleterre depuis 1704. Elle sert aux Anglais d'entrepôt pour une infinité de marchandises d'Amérique et d'Orient, et fait un grand commerce de contrebande avec l'Espagne. Les Anglais surprirent cette ville en 1704, pendant la guerre de la succession d'Espagne, et le traité d'Utrecht leur en confirma la possession. Gibraltar coûte immensément à l'Angleterre ; mais cette place est pour elle la clef de la Méditerranée. La France et l'Espagne réunies ont plusieurs fois tenté de la reprendre, en 1704, en 1727, en 1779 et en 1782 (cette dernière fois à l'aide des fameuses batteries flottantes de d'Arçon ); mais toujours sans succès. On fait dériver le nom de Gibraltar de l'arabe gibel-el-Tarik, montagne de Tarik (le premier général qui ait amené les Mores en Espagne), ou de Gibel-el-Teir, montagne de l'oiseau.

GIBRALTAR (détroit de) fretum Gaditanum ou Herculeum des anciens, entre la péninsule hispanique et l'empire de Maroc, joint l'Atlantique à la Méditerranée. Un courant continuel

traverse ce détroit et porte les eaux de l'Océan dans la Méditerranée, dont le niveau est moins élevé. Selon les anciens, ce détroit n'existait pas primitivement; d'après la fable, ce serait Hercule qui aurait donné passage aux eaux de l'Océan, en séparant les deux monts Abyla et Calpe, qui depuis portèrent le nom de Colonnes d'Hercule. BOUILLET.

GILBERT. (NIC.-Jos.-LAURENT), poëte satirique, né en 1751, à Fontenoi-le-Château (Lorraine), d'une famille pauvre, vint à Paris après avoir achevé ses études, n'ayant d'autres ressources que son talent. Il s'essaya d'abord dans le genre de l'ode, mais ne recevant pas l'accueil qu'il attendait, il devint misanthrope, et embrassa le genre de la satire; il attaqua surtout les philosophes avec virulence; ses attaques lui firent des ennemis sans le tirer de la misère. Pendant qu'il luttait ainsi contre la mauvaise fortune, une chute de cheval le rendit fou ; il fut conduit à l'Hôtel-Dieu dans un de ses accès, il s'étrangla en avalant une petite clef, et mourut à l'âge de 29 ans (1780). La meilleure édition de ses œuvres est celle du libraire Dalibon, 1 vol. in-8°, Paris, 1822; on y remarque surtout Le dix-huitième Siècle, satire; Mon Apologie, et une Ode imitée des psaumes, qu'il composa huit jours avant sa mort. On trouve dans sa poésie une verve et une énergie qui promettaient un grand poěte.

GINGUENE (P. L.), littérateur français, membre de l'Institut, né à Rennes en 1748, mort à Paris en 1815, se fit d'abord connaître par un petit poëme intitulé : la Confession de Zulmé, 1779, et travailla à divers journaux littéraires et politiques. En 1789 il adopta avec modération les principes de la révolution: il remplit quelques fonctions administratives, fut en 1795 directeur général de l'instruction publique, puis ambassadeur à Turin sous le Directoire, et siéga quelque temps au tribunat. Resté fidèle aux idées républicaines, il se retira des affaires lors de la formation de l'empire, et se consacra tout entier aux lettres. Il fit pendant plusieurs années un cours de littérature à l'Athénée (1805-1816), et rédigea l'Histoire littéraire de l'Italie, 9 vol. in-8°, 1811- et années suivantes, grande, belle et vaste composition, qui a fait sa réputation, mais qu'il ne put achever. Cet ouvrage a été terminé par Salfi, qui publia en 1819 les trois derniers volumes. Il a paru en 1824 une seconde édition plus complète de cette Histoire, 10 vol. in-8°. | On a de Ginguené un grand nombre d'autres écrits, notamment : Rapports sur les travaux de la classe d'histoire et de littérature an

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cienne, 1807-1815; des Fables, 1810; et un grand nombre d'excellents articles dans la Biographie universelle. BOUILLET.

GIOTTO, ainsi nommé par corruption pour Angiolotto, diminutif d'Angelo, peintre, sculpteur et architecte, né vers 1266 à Vespignano près de Florence, mort en 1334, fut dans son enfance gardien de troupeaux. Cimabué devina son talent et le prit pour élève. Cimabué avait déjà restauré les arts en faisant revivre l'étude de la nature depuis longtemps abandonnée; mais sa manière était rude et sèche. Giotto, en prenant aussi la nature pour modèle, la revêtit de formes gracieuses, et prépara ainsi Raphaël. Parmi les nombreux tableaux de ce peintre on remarque un Saint François d'Assise recevant les stigmates (qui se voit au Louvre), et une mosaïque représentant Saint Pierre marchant sur les eaux (dans Saint-Pierre de Rome). Il dirigea comme architecte les fortifications de Florence en 1334. Giotto fut l'ami du Dante, dont il a conservé les traits dans un petit tableau, et qui lui consacra en retour quelques vers dans la Divine Comédie. Laurent de Médicis lui érigea un tombeau magnifique dans une église de Florence, et l'on mit au-dessous de son buste ce vers d'Ange Politien :

Ille ego sum per quem pictura extincta revixit.

ques pouces, qu'elle porte sur la tête, et qui ne sont, à proprement parler, ni des cornes ni des bois, mais des prolongements non caducs de l'os frontal, recouverts par une peau velue, la girafe présente encore au milieu du chanfrein une tubérosité plus large et moins saillante, qui simule une troisième corne, particularité uniquement propre à son espèce. Ses oreilles sont longues, ses yeux grands; une crinière à poils très-courts, de la couleur de la robe, descend derrière le cou jusqu'aux épaules. Une épaisse touffe de crins termine la queue, qui est de longueur moyenne. Quant aux caractères tirés des dents et des sabots, ils sont, en général, ceux qui appartiennent à l'ordre des ruminants (voy.), dont ce quadrupède fait partie. Une dernière particularité que nous ne pouvons omettre, parce qu'elle a vivement frappé tous les observateurs qui ont pu voir cet animal en pleine liberté, c'est la singularité de son allure. Habituellement c'est l'amble (voy.), c'est-à-dire qu'il déplace à la fois les deux membres d'un même côté; mais quand il trotte, il amène vivement les deux membres du train de derrière entre ceux du train de devant qu'il tient écartés, et prend ainsi son point d'appui sur les premiers pour s'avancer à l'aide des seconds, conservant pendant ce temps la même roideur dans le cou, qui ne plie jamais, mais qui se balance d'avant en arrière, comme un pendule, entre les deux épaules, qui lui servent de charnière. Sa course est d'ailleurs d'une telle rapidité que, s'il faut en croire quelques voyageurs, un cheval ne saurait l'atteindre..

BOUILLET. GIRAFE (camelopardalis), l'un des animaux dont la vue frappe le plus d'étonnement par ses étranges proportions. Ce cou démesurément long, immobile dans sa direction verticale, Les girafes vivent en famille sur la lisière des el que surmonte une petite tête; cette dis- vastes déserts de l'Afrique, où elles se nourrisproportion entre le train antérieur et le train sent de graines et de feuilles d'arbres. Quoique postérieur, d'où résulte l'obliquité du tronc et d'un naturel doux et paisible, elles savent, si la l'abaissement de la croupe; ces membres si fuite leur est impossible, se défendre par de vilongs, comparés à la brièveté du corps; enfin goureuses ruades contre le lion lui-même, leur la hauteur à laquelle atteint ce quadrupède, le plus dangereux ennemi. Les diverses peuplades plus élevé de tous les animaux, puisqu'il peut de l'Afrique leur donnent aussi la chasse pour dépasser 20 pieds de hauteur, tout, dans ses for- se procurer leur peau. Les Hottentots mangent mes extérieures, sort des règles ordinaires, tout leur chair; mais rarement peut-on les avoir en exclut la possibilité de quelque rapprochement vie : aussi, quoique Rome en ait vu dans ses entre lui et ses congénères. Si d'une part quel- cirques, l'Europe en a rarement possédé. C'est que analogie, quant à la forme de la tête et du depuis quelques années seulement que le Jardin cou, avec le chameau, et d'autre part la ressem- du roi à Paris et le Musée britannique ont pu, blance de son pelage ras, blanchâtre, parsemé pour la première fois, se procurer deux de ces de taches anguleuses, de couleur fauve, avec animaux vivants. A Paris, l'un, le mâle, périt celui de la panthère, a pu lui mériter son ancien peu de temps après son débarquement; l'autre, nom de chameau-léopard (camelopardalis), l'individu femelle, est celui qu'on y trouve enpar combien d'autres caractères ne cesse-t-il pas core et que tout Paris y a été voir. A Londres, la de pouvoir être comparé à ces mammifères! Ou- girafe femelle vient de mettre bas un petit tre les deux appendices osseux, longs de quelqu'elle s'est refusée d'allaiter et qu'on n'a pas

Le mot de girafe est d'origine arabe. X. GIRARDIN (ÉMILE DE ), directeur du journal parisien la Presse, descend indirectement d'une famille noble de la Champagne, qui rapporte son origine aux Gherardini de Florence.

réussi à faire vivre en le nourrissant de lait de putés de vives protestations l'y accueillirent; vache. on lui contesta l'âge nécessaire; néanmoins il parvint à se faire admettre. Élu une seconde fois, il fut admis sans difficulté. Dans le cours de cette session, M. de Girardin eut à subir, à l'occasion d'une exploitation de mines, un procès en police correctionnelle dont il sortit avec un acquittement sévère. Cette circonstance ne l'empêcha pas d'être réélu par le collége de Bourganeuf; les protestations se renouvelèrent, mais sans plus de succès qu'en 1834. Après la dissolution de la chambre, au mois de février 1859, M. de Girardin, qui, soit à la chambre, soit dans la Presse, appuyait de toutes ses forces le ministère Molé, fut réélu pour la quatrième fois; mais à la vérification des pouvoirs, la chambre, dans sa séance du 15 avril, refusa de l'admettre comme ne justifiant pas de sa nationalité. Les actionnaires de la Presse, profitant de cette déclaration, lui intentèrent sous le même prétexte un procès, à l'effet de lui contester la signature de cette feuille; mais tout dernièrement le tri-' bunal de première instance, contrairement à la décision de la chambre, a reconnu que M. de Girardin est né Français. Il s'est donc présenté de nouveau aux électeurs de Bourganeuf, au mois de mai 1839; mais, après une lutte acharnée, son compétiteur l'emporta sur lui à une faible majorité.

La femme de M. Émile de Girardin, qui s'était fait, encore très-jeune, une renommée poétique sous le nom de DELPHINE GAY, est la seconde fille de Mme Sophie Gay (voy.). Elle est née à Aix-la

Un acte de notoriété a établi qu'il est né en France dans l'année 1805. Il entra très-jeune dans la carrière littéraire; lui-même nous dit qu'il n'avait pas encore 20 ans lorsqu'il composa un livre intitulé Émile, où il passe pour avoir voulu raconter les premières années de son existence. Nommé inspecteur des beaux-arts en 1827, il avait déjà, en 1830, fondé deux journaux, le Voleur et la Mode. Après la révolution de juillet, on le voit prendre part à l'établissement du Garde national, puis fonder, en octobré 1831, le Journal des connaissances utiles, la première des publications à bon marché qui ait paru en France, et celle de toutes qui a eu le plus grand nombre d'abonnés qu'on ait encore réuni. Ce recueil d'économie politique, domestique, rurale et industrielle, était d'une incontestable utilité. M. Émile Girardin créa en outre l'Almanach de France, destiné à remplacer dans les mains du peuple le ridicule Matthieu Laensberg qui a trop longtemps entrenu dans les campagnes les superstitions et les préjugés; l'Institut de Coëtbo, sorte d'école primaire d'agriculture; le Musée des Familles, publications imitées des Anglais, et dont le Magasin pittoresque avait déjà pris l'initiative chez nous; enfin le Panthéon littéraire, collec-Chapelle vers 1805, pendant que son père y oction où l'éditeur s'était proposé de réunir dans un nombre restreint de volumes et à un prix modéré les chefs-d'œuvre de l'esprit humain. Il s'occupait en même temps très-activement de la propagation des caisses d'épargne (voy.), el publiait un livre sur l'Instruction publique, ainsi qu'une brochure sur l'Emploi de l'armée aux travaux publics. Mais c'est surtout au journal la Presse, créé en 1854 en opposition aux grands journaux alors existants, et qui, par son prix de 40 francs au lieu de 80, eut bientôt un nombre prodigieux d'abonnés, que M. Émile de Girardin a dû la position politique qu'il s'est faite. A la suite d'une polémique violente engagée entre cette feuille et le National, au sujet de la réduction du prix d'abonnement, il eut, le 22 juillet 1834, avec M. Armand Carrel, une ren-lyre; et tel fut le succès de ses compositions contre dans laquelle l'énergique et habile rédac- qu'on la vit avec indulgence, avec faveur même, teur en chef de cette dernière feuille succomba. se réjouir dans ses vers du bonheur d'être belle, En 1834, le collège de Bourganeuf (Creuse), et se proclamer elle-même la Muse de la patrie avait envoyé M. de Girardin à la chambre des dé- | (Essais poétiques, Paris, 1824; 4e édit., 1829).

cupait une recette générale. Son enfance et sa jeunesse se sont passées entourées de toutes les illustrations des lettres et des arts, dont les salons de Mme Gay furent le rendez-vous. Au milieu de cette atmosphère favorable, la vocation poétique de la jeune Delphine se manifesta de bonne heure; elle avait dix-sept ans lorsqu'elle composa les Sœurs de sainte Camille, poëme qui, bien que mis hors de concours par l'Académie française, parce que le sujet n'était pas entièrement traité, obtint une mention honorable et fut lu au bruit des applaudissements par M. Al. Duval, dans la séance solennelle du 24 août 1822. Depuis lors, il s'est passé en France peu d'événements remarquables qui n'aient tour à tour fait vibrer les cordes de sa

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