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Il est au contraire une espèce de fausseté qui ¡ (Paris, Clément Malassis, 1674, in-12, et ailleurs). cesse d'être malfaisante, tant elle est aisée à re- Le docteur Faust y est représenté comme fils connaître : celle-ci s'affiche par ses exagéra- d'un paysan de Veinmar sur le Rod. Après avoir tions. Prodiguant l'adulation aux personnes appris tout ce qu'il nous est donné de savoir, il présentes, dénigrant sans mesure tous les ab- se vend, comme dans le drame, au diable Mésents, elle ne peut laisser d'illusions sur la phistophėlės ou Méphistophilès. Le nom même valeur de ses éloges qu'aux gens doués d'un de son valet, Christophe Wagner, a été emamour-propre assez aveugle pour éteindre chez prunté à la légende, mais Goethe n'avait garde eux le jugement. Ici l'excès du mal en devient d'y prendre des tours plus dignes d'Ulenspiegel l'antidote quand la fausseté se laisse reconnaî- que d'un philosophe, tels que celui de manger tre à travers son masque, c'est comme si elle le une charrette de foin et une autre fois un homme. déposait. Voy. DUPLICITÉ. Ce type de la science fatiguée d'elle-même, cette figure de l'orgueil de la pensée a un pendant remarquable dans les traditions polonaises. Samuel Twardouski (non pas le poëte qui vivait au XVIIe siècle), après avoir épuisé toutes les sources de l'étude, évoqua le diable, et, selon l'usage, fit un pacte avec lui. Le mauvais esprit devait lui obéir dans trois cas déterminés; en retour de cette soumission, Twardouski appartiendrait à l'enfer corps et âme, à moins qu'il ne se dispensât d'aller à Rome, ville qu'il brûlait du désir de visiter. Réfléchissant que ce voyage dépendait entièrement de sa volonté, Samuel avait accepté les conditions du tentateur sans hésiter. Un jour qu'il se délassait aux portes de. Varsovie, dans un cabarat qui a été brûlé durant le dernier siége de cette ville, mais qui est ressorti de sa cendre avec son ancien nom, le diable lui apparut et lui dit: Mon cher, pour cette fois, tu m'appartiens. Comment cela? répliqua l'autre. Parce que tu es à Rome (Gim, nom ou enseigne du cabaret). — Rien de plus juste, reprit Samuel en se résignant, mais avant de te suivre, il faut que tu exécutes trois de mes volontés. Et d'abord j'exige que tu me bâtisses un palais magnifique en graines de pavots. » Grande était la difficulté, mais qu'y a-t-il de difficile pour le démon? Le palais s'éleva pompeux et fier. « J'ordonne, dit en second lieu Samuel, que tu prennes un bain d'eau bénite. Le diable fit une horrible grimace; cependant la convention était formelle; le malheureux se jeta bravement dans la cuve. Ce supplice subi d'assez bonne grâce, Samuel voyant que son adversaire était capable de tout, recourut aux moyens extrèmes : « Ami, lui dit-il, j'ai une femme jeune, douce et belle, aie la complaisance de vivre avec elle rien que six mois... >> A peine ces mots étaient-ils prononcés que le diable s'enfuit par le trou de la serrure. - On voit que la Pologne du moyen âge avait aussi ses épigrammes. Twardouski disparut inopinément. On croit qu'il alla en Allemagne et qu'il y prit le nom de Faust.— L'Abeille de Varsovie

Dans un sens beaucoup plus restreint et presque matériel, le mot fausseté désigne la qualité d'une chose fausse. Ainsi on dit la fausseté d'un | récit, d'un accord, d'un acte, etc. VIEILLARD. FAUST. Le personnage de Faust, dans lequel est mise en action une des plus profondes misères de l'humanité, devait, grâce au cortège merveilleux qui l'accompagnait, aux incidents terribles dont il était le nœud, ainsi qu'aux idées religieuses qu'il réveillait, s'emparer du souvenir de ceux mêmes dont l'intelligence ne pouvait concevoir cette soif inextinguible de connaître, cette curiosité inquiète et séditieuse qui, dit-on, entraînèrent Faust bien loin des limites du légitime et du possible. Marlowe, prédécesseur de Shakspeare, l'exposa sur une scène encore barbare; Klinger en fit le héros d'une espèce de roman; Lessing crayonna quel | ques scènes du même sujet, que l'illustre Gothe épuisa dans toute sa fécondité, après que Müller en eut marqué les principaux traits. Byron imita Goethe dans son Manfred, et un théâtre de Paris parodia burlesquement, il y a quelques années, cette conception formidable et singulière. Quant à l'admirable et quelquefois très-peu intelligible poëme de Goethe, MM. de Saint-Aulaire et Stapfer et Mme Tastu l'ont mis à la portée des Français qui ne savent pas l'allemand, si la prose, même la plus savante, peut donner une idée d'une poésie qui semble quelquefois l'écho d'une autre vie, et qui murmure des sons qui cessent d'appartenir à l'homme. - Il existe une vie de Faust digne de la Bibliothèque bleue, et où les principales données du drame de Gœthe se retrouvent. Ce grand poete suivit la biographie de Widman, imprimée à Francfort en 1587, puis réimprimée à Hambourg en 1600, avec de longs commentaires pieux. Palma Cayet la traduisit en français, et sa version, qui a été souvent reproduite, est fort recherchée des bibliomanes. Elle est intitulée : Histoire prodigieuse et lamentable de Jean Fauste, grand magicien, avec son testament et sa vie espouventable

publia dans le temps, sur ce personnage mystérieux, un article piquant répété dans un journal de Berlin. Twardouski est aussi le sujet d'une délicieuse ballade polonaise du poëte Adam Mickiewicz. (Voy. nos Particularités inédites sur Charles-Quint, p. 82.) DE REIFFENBERG. FAUSTINE, nom de deux impératrices romai nes, qui toutes deux ne se signalèrent que par leurs déportements. La première, Annia Galeria Faustina, était femme d'Antonin le Pieux; la seconde, Annia Faustina junior, fille de la précédente, épousa le vertueux Marc-Aurèle. Toutes deux furent, malgré leurs torts, traitées par leurs époux avec une excessive indulgence, BOUILLET.

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FAUTE. (Morale.) On appelle faute tout acte répréhensible à quelque titre et à quelque degré que ce soit; toute manière d'agir contraire aux prescriptions rigoureuses de la religion et de la morale, ou seulement opposée aux lois de la bienséance, aux usages de la société. L'épithète ajoutée au mot en détermine seule le caractère et la valeur ainsi l'on dit qu'une faute est énorme ou qu'une faute est légère, selon la nature des règles qu'elle enfreint et des intérêts qu'elle blesse. Le péché (voy.) est une faute contre la loi divine; le crime, le délit (voy.), sont des fautes contre la loi humaine. Dans le sens le plus élevé, nos saintes Écritures attribuent la chute de l'homme et l'introduction du mal sur la terre à la fuute de nos premiers parents. La réforme des lois criminelles a seule mis chez nous la législation d'accord avec cet axiome d'éternelle vérité qui dit que toutes les faules sont personnelles.

Mais, ce mot d'un usage si étendu et d'une application si variée, désigne moins, dans son acception la plus ordinaire, une infraction à la loi ou à la morale qu'une erreur de conduite par laquelle nos intérêts personnels ou ceux d'autrui se trouvent compromis. L'exercice même de la vertu peut, en certains cas, devenir une faute grave. En fait de gouvernement, cette qualification peut être donnée à la clémence et à la générosité, lorsqu'elles s'exercent d'une manière inopportune. C'est plus qu'un crime, c'est une faute, disait encore et peut-être avec justesse un homme plus politique que moral, à l'occasion d'un acte où il n'y avait certes ni générosité ni clémence. Saint-Évremond dit fort à propos

On juge de la conduite par le succès, et si l'é«vénement n'est pas heureux, la mauvaise fortune tient lieu de faute. »

Dans un sens purement matériel, le même mot signifie tout procédé qui constitue une erreur.

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Ce peut être une faute contre la tactique militaire, ou contre les règles de l'art, ou contre le goût; une faute de grammaire, de langage, d'orthographe, d'impression. On dit encore figurément qu'en littérature certaines fautes sont des beautés.

Faute s'emploie aussi adverbialement, ce que nous rappelons ici uniquement pour citer quelques locutions proverbiales dont ce mot fait partie : Faute d'un moine, l'abbaye ne manque pas; Faute d'un point, Martin perdit son âne.

Faute, substantif, figure dans ces dictons : Qui fait la faute la boit; La faute est pour le joueur. Enfin, pour terminer par un exemple emprunté à la poésie, nous citerons ce vers qu'une variante a rendu célèbre :

La faute en est aux dieux qui la firent si belle!

On sait qu'à la place de belle, Gresset a mis bête, dans la bouche du Méchant. VIEILLARD.

FAUTE (Droit), en termes de droit, la faute consiste dans le défaut de soin et de diligence apporté dans la gestion de l'affaire dont on était chargé, dans la conservation d'une chose appartenant à autrui.

Les jurisconsultes la distinguent en faute grossière, faute légère, et faute très-légère : elle se mesure suivant le degré de capacité des personnes et eu égard à leur âge, à leur sexe. Il doit être usé d'une grande prudence dans cette appréciation, parce que la véritable capacité des personnes n'est pas toujours facile à connaître. La règle la plus sûre sera de n'y exiger que le degré de diligence que chacun a coutume d'apporter dans ses propres affaires ; cependant la responsabilité de la faute devra être proportionnée à l'intérêt que son auteur avait à ne pas la commettre, et c'est le cas d'appliquer ici les conséquences de la distinction que nous venons d'établir.

Lorsque le contrat est fait dans le seul intérêt du créancier, il est raisonnable d'admettre que le débiteur ne soit tenu que de sa faute grossière, comme dans le mandat lorsqu'il n'est pas salarié, en matière de dépôt lorsqu'il est volontaire, et en général dans tous les contrats gratuits. Mais il doit être tenu de sa faute légère, lorsque le contrat est fait dans leur intérêt réciproque, comine dans le contrat de louage, de prêt, de nantissement, de société. Il est aussi des cas où il est tenu de sa faute la plus légère, comme dans le contrat negotiorum gestor, que doit s'imputer toujours celui qui s'ingère dans la gestion des affaires d'autrui. Ici la sévérité de la règle est justifiée par le danger qu'il y aurait à

ce que le premier venu pût se mêler des affaires qui ne sont pas les siennes sans répondre de sa négligence; il en est de même du mari coupable d'avoir, par sa faute, laissé acquérir des prescriptions contre sa femme, et du tuteur qui n'apporterait pas la plus grande diligence dans l'administration qui lui est contiée de la personne et des biens du mineur.

En résumé, il faudra considérer comme coupable d'une lourde faute, qui approche du dol, celui qui n'apporte pas aux affaires d'autrui le soin qu'y apportent les personnes les moins soigneuses; d'une faute légère, celui qui n'y a pas employé une diligence ordinaire, et d'une faute très-légère le débiteur qui néglige d'y apporter le soin que les personnes les moins attentives donnent à leurs propres affaires. Le Code civil français n'admet ni ne rejette cette distinction des fautes; il les qualifie toutes sans exception par ce mot ou par celui du négligence: elle est donc laissée à l'arbitrage des juges qui doivent se décider suivant la gravité des circonstances. J. L. CRIVELLI.

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au cardinal de Richelieu, fondateur de leur corps, mais à Louis XIV, que messieurs de l'Académie française doivent. l'avantage du fauteuil. Jusqu'alors le directeur seul en avait un, et ses confrères étaient placés autour de lui sur de modesles chaises. Le cardinal d'Estrées, qui, malgré son rang dans l'Église et ses infirmités, était trèsassidu aux séances de l'Académie, demanda, à raison de ces mêmes infirmités, à pouvoir y assister sur un siége plus commode. Il en fut référé au roi, qui, voulant maintenir l'égalité académique,ordonna que quarante fauteuils fussent placés dans la salle des séances de la docte compagnie.

Le fauteuil académique a fait naître, depuis ce temps, beaucoup de bonnes et de mauvaises plaisanteries. Il faut placer parmi les premières l'épigramme si connue de Piron, terminée par

ces vers:

Au bel esprit ce fauteuil est en somme
Ce qu'à l'amour est le lit conjugal,

De nos jours toutefois elle a perdu en partie le
mérite de la vérité : on sait que nous avons cer-
tains académiciens très-féconds et que n'a pas
du tout endormis leur fauteuil. M. OURRY.

FAUX OU FAULX (falx). ( Technologie.) Grand coutelas plus ou moins courbé en arc, qu'on

FAUTEUIL. Il ne s'agit point ici de ce meuble commode à dossier élevé, garni souvent d'un appui pour les oreilles, qui reçoit quelquefois le nom de Voltaire et qui sert si utilement aux malades, à la femme délicate et souffrante, à l'homme que les veilles et les travaux intellec-fixe au bout d'un long manche, et dont on fait tuels ont fatigué, à l'indolent amateur du doux usage pour couper les foins, les avoines, etc. far niente; mais d'une simple chaise à dossier Quoique ces instruments soient connus depuis et à bras qui joue un grand rôle dans nos as- l'antiquité la plus reculée, leur fabrication est semblées délibérantes. Là, tandis que les mem- demeurée longtemps concentrée dans certains bres ordinaires sont assis sur des banquettes, le pays: il n'y a pas encore bien longtemps que la fauteuil est une distinction réservée au prési- France tirait presque toutes ses faux d'Allemadent, comme la sonnette est un attribut de ses gue, et principalement de la province de Styrie. fonctions. Ce fauteuil est en outre placé à une Aujourd'hui, ce genre d'industrie a pris chez certaine élévation, afin que celui qui l'occupe nous un grand développement. — La fabrication soit vu facilement de tous ceux qui composent des faux ne présente pas de difficultés bien exla réunion et qu'il puisse lui-même en saisir l'as-traordinaires, et toutefois elle exige une suite pect d'un seul coup d'œil. Dans de moins graves d'opérations qui demandent une grande habiassemblées, et même dans les repas de corps, tude dans les ouvriers qui les exécutent. Les celui qui les préside a également les honneurs faux sont formées de deux barreaux d'acier de du fauteuil; seulement, dans cette dernière qualité différentes soudés l'un sur l'autre le circonstance, le sien se trouve de niveau avec tranchant est pris dans celui qui est le plus pur; les siéges des autres convives. Laujon et Désau- le dos ou la nervure peut sans inconvénient se giers s'assirent tour à tour, l'un par le droit de faire d'étoffe (mélange de fer et d'acier). Le tral'àge, l'autre par celui du talent, dans le fauteuil vail de la fabrication des faux se fait entièrede la société épicurienne du Caveau moderne. ment au charbon de bois ; on les façonne à l'aide Quant aux fauteuils de nos assemblées législa- de martinets, dont quelques-uns frappent justives, c'est à l'article PRÉSIDENT qu'il pourra qu'à 300 coups par minute; quelques opérations être donné des détails qui ne peuvent trouver se font avec des marteaux à la main. En Angleplace ici. terre, on fait des faux d'une manière fort économique: on découpe les lames dans une feuille de tôle d'acier, et l'on rapporte la nervure des

Un autre fauteuil est devenu le synonyme de place ou de fonctions d'académicien. Ce n'est pas

de criminalité suivant qu'il a lieu en matière d'écriture publique ou authentique, de commerce ou de banque, ou d'écriture privée ; suivant encore qu'il émane d'un fonctionnaire ou officier public agissant dans l'exercice de ses fonctions, ou d'un simple particulier. Dans le premier cas, c'est-à-dire lorsqu'il s'agit du faux en écriture publique ou authentique, le faussaire est puni de la peine des travaux forcés à perpétuité ( Code pénal, art. 145 ). Une ordonnance de François Ier, du mois de mars 1551, voulait que ceux qui étaient convaincus d'avoir fabriqué de faux contrats ou prêté de faux témoignages fussent punis de mort. L'édit de Louis XIV, du mois de mars 1680, avait établi une distinction entre ceux qui avaient commis

blique et ceux qui n'avaient pas de fonction semblable, ou qui avaient commis le faux hors des fonctions de leur office ou emploi. Les premiers étaient condamnés à mort, à l'arbitrage des juges, selon l'exigence des cas. A l'égard des autres, la peine était arbitraire; ils pouvaient néanmoins être condamnés à mort, selon la qualité du crime.

tinée à leur donner la roideur nécessaire pour qu'elles ne se faussent pas aisément.-Les faux reçoivent une trempe douce; leur épaisseur est de 1/3 de ligne, plus ou moins aussi celles qui viennent de la province de Styrie, et qui passent pour les moins imparfaites, ne pèsent-elles que 17 à 18 onces (550 gram.). On entretient le tranchant de ces instruments de deux manières : au moyen de la meule et par le martelage. Le premier de ces procédés est usité chez les Anglais, qui aiguisent leurs faux plus épaisses que les nôtres, comme un rémouleur affûte une hache, etc. Le faucheur du continent est muni d'une petite enclume qu'il fixe en terre; il s'assied auprès, et, au moyen d'un marteau aciéré, il amincit le bord du tranchant de la faux. Cette opération exige une certaine dextérité qui s'ac-un faux dans l'exercice de quelque fonction puquiert par la pratique. La faux étant battue, on ravive son tranchant de temps en temps au moyen d'une pierre à aiguiser que le faucheur porte dans un vase de bois ou de fer-blanc suspendu à sa ceinture, qui s'appelle coffin, dans lequel il met aussi de l'eau. On a vu des faucheurs donner le fil à leur instrument avec un morceau de bois saupoudré d'émeri. Faux à râteau ou ramassette. Lorsqu'on coupe les blés avec la faux, on munit celle-ci d'une espèce de claie, dans le but de ramasser toutes les pailles, et de les jeter avec ordre sur l'andin, lequel forme une javelle continue.-Faux artésienne, petite faux emmanchée au bout d'un manche vertical, avec laquelle on coupe les blés sans avoir presque besoin de se baisser. - Faux emmanchée au rebours. Dans les émeutes de campagne, les troubles civils, dans les guerres de Pologne, etc., on a vu des villageois s'armer de leurs faux, qu'ils ajustaient de façon que la lame et le manche avaient une même direction. Ces sortes d'armes sont fort dangereuses, car une faux coupe comme le meilleur damas. TEYSSÈDRE. FAUX. (Droit.) On nomme ainsi, en législation, tout fait contraire à la vérité, qui a pour objet de nuire à autrui. Il y a plusieurs espèces de faux prévus et punis par le Code pénal. Nous traiterons plus particulièrement dans cet article du faux en écriture, parce que les autres feront l'objet d'articles spéciaux, Voy. FAUX MONNAYEUR, TÉMOIN, etc.

Le faux en écriture se commet par l'application de fausses signatures, par l'altération des actes, écritures ou signatures, par supposition de personnes, par des écritures faites ou intercalées sur des registres ou d'autres actes publics depuis leur confection ou clôture. Le faux en écriture prend un caractère plus ou moins grave

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Le Code pénal (article 146) punit encore de la peine des travaux forcés à perpétuité tout fonctionnaire ou officier public qui, en rédigeant des actes de son ministère, en a frauduleusement dénaturé la substance ou les circonstances, soit en écrivant des conventions autres que celles qui ont été tracées ou dictées par les parties, soit en constatant comme vrais des faits faux, ou comme avoués des faits qui ne l'étaient pas.

Sont punis des travaux forcés à temps, c'est-àdire d'une durée de cinq à vingt années, toutes personnes qui, n'étant pas fonctionnaires publics agissant comme tels, ont commis un faux en écriture authentique et publique, ou en écriture de commerce ou de banque, soit par contrefaçon ou altération d'écritures ou de signatures, soit par fabrication de conventions, disposi❘tions, obligations ou décharges, ou par leur insertion après coup dans ces actes, soit par addition ou altération de clauses, de déclarations ou de faits que ces actes avaient pour objet de recevoir et de constater (art. 147). Ceux qui ont fait usage de ces actes faux sont aussi punis des travaux forcés à temps (art. 148 ).

Le faux commis en écriture privée, de même que l'usage d'une pièce fausse aussi en écriture privée, est puni de la reclusion (art. 150 et 151).

Tout faussaire condamné, soit aux travaux forcés, soit à la reclusion, subit l'exposition pu

blique et est encore condamné à une amende I dont le minimum ne peut être inférieur à 100 francs (art. 164 et165 ).

La gravité du faux, en matière d'écriture authentique et publique, a trouvé aux yeux du législateur une atténuation lorsqu'il s'agit de passe-ports, feuilles de route et certificats: la fabrication d'un faux passe-port, la falsification d'un passe-port originairement valable, l'usage d'une pièce ainsi falsifiée, la supposition de nom dans un passe-port, etc., ne sont que des faits purement correctionnels, c'est-à-dire punis de l'emprisonnement (Code pénal, articles 155 et suivants).

La procédure en faux est réglée par des dispositions spéciales contenues dans les articles 448 et suivants du Code d'instruction criminelle. La pièce arguée de faux est examinée par des experts qui sont appelés à donner leur opinion sur le degré d'authenticité qu'il faut attribuer à à cette pièce. On sait combien de semblables expertises sont difficiles et avec quelle défiance les magistrats et les jurés doivent accueillir l'opinion de ceux qui y ont procédé.

On appelle faux incident civil, la déclaration que fait dans le cours d'une procédure celui à qui une pièce est opposée, qu'il entend s'inscrire en faux contre cette pièce. Cet incident est réglé par les dispositions des articles 214 et suiv. du Code de procédure civile.

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de faux étaient fort communs, et pour n'en citer qu'un des exemples les plus mémorables, nous rappellerons ici les fausses décrétales fabriquées au vine siècle par Isidore Mercator (voy. DÉCRÉTALES). Les temps modernes ont vu aussi de semblables fabrications, qui, sans pouvoir produire d'aussi désastreux résultats, n'en doivent pas moins être repoussés comme des actes indignes d'aucune croyance et inventés dans un but presque toujours coupable. TAILLANDIER.

FAUX DÉMÉTRIUS, en russe Dimitri Samozvanetz, ou le soi-disant Dimitri. La dénomination russe, s'il était permis de la traduire ainsi verbalement, nous semblerait préférable à celle que nous donnons pour titre à cet article ou à celle non moins usitée de Démétriùs l'Imposteur, comme ne tranchant point une question laissée indécise jusqu'à ce jour, même par les savantes recherches de G. F. Müller (Sammlung, etc., t. V), de Karamzine et de son continuateur (Histoire de Russie, t. XI).

A l'article DIMITRI IVANOVITCH OU IOANNOVITCH, on a vu par quel motif Boris Godounof avait fait exiler ce jeune fils d'Ivân le Terrible, avec sa mère, à Ouglitch. « L'on tient, dit Margeret', témoin oculaire des événements que nous allons raconter, que la mère et quelques autres seigneurs, prévoyant bien le but où ledit Boris tendoit, et sçachant le danger que l'enfant pourroit encourir (par ce qu'il estoit désia avenu à plusieurs seigneurs envoyez en exil par lui, desquels plusieurs estoient empoisonnez par

Indépendamment du faux en écriture, il en existe d'autres qui ont des conséquences non moins graves, soit pour l'État, soit pour les par-les chemins), trouvèrent moyen de le chanticuliers, soit pour ceux qui s'en sont rendus coupables.

Ainsi la fausse monnaie, le faux témoignage, qui feront l'objet d'articles à part, sont des actes qui rentrent dans l'expression géné

rale du faux en matière criminelle. La contrefaçon des sceaux de l'État, des billets de banque, des effets publics, des poinçons, timbres et marques, doit être classée aussi parmi les faits faux qui ont été prévus et punis par le législateur. Les articles 159 à 144 du Code pénal contiennent des dispositions qui s'appliquent à ces différents crimes.

Il nous est impossible de terminer cet article sur le faux sans dire un mot d'une espèce de pièces fausses qui, sans rentrer immédiatement dans les dispositions de la loi pénale, doivent être réprouvées par les hommes éclairés, car elles sont destinées à égarer le jugement de l'histoire, et même quelquefois à favoriser certaines entreprises, à faire triompher d'injustes prétentions, etc., etc. Au moyen âge, ces sortes

ger, et supposèrent un autre à sa place. » Ce fait, ainsi raconté par le capitaine français, est possible, mais il a trouvé de nombreux contradicteurs; il manque de preuves suffisantes, et même en l'admettant il ne serait pas encore sûr, comme Margeret le croit, que ce fût le vrai czarévitch, échappé à la mort, et non un moine réfractaire (en russe razstriga), appelé Grégoire ou Grischka Otrépief, ou tout autre imposteur, qui vint mettre fin à l'usurpation de Boris en revendiquant et conquérant le trône de son père, Ivân IV Vassiliévitch. Car les traits du premier des Faux Démétrius ne ressemblaient pas à l'impression qui était restée à des témoins oculaires de ceux du jeune czarévitch. Au reste, Margeret (dont déjà de Thou a recueilli le témoignage, combattu plus tard par G. F. Müller), discute avec netteté tous les arguments pour ou contre son opinion; et s'il ne fait pas partager au lecteur habitué à la criEstat de l'Empire de Russie et Grande-Ducké de Moscovie, 18.

P.

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