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le courage et la fermeté qu'il fit paraître lors de l'invasion de Louis XIV. En 1678, de concert avec le chevalier Temple, il rédigea les préliminaires de la paix de Nimègue. Lors des négociations avec la France, il résista aux moyens de séduction que le comte d'Avaux employa pour le gagner, et refusa la somme de deux millions au prix de laquelle cet ambassadeur français avait espéré l'acheter. Tous ses efforts tendaient à élever Guillaume III au trône d'Angleterre. Ce fut lui qui, dans cette occasion, rédigea le manifeste de Guillaume, et qui fut l'âme de toute l'entreprise; il mourut avant d'avoir appris l'accomplissement de ses vœux. - Son neveu FRANÇOIs, né en 1659, mort en 1746, fils de HENRI FAGEL, fut, comme son oncle, secrétaire général aux états généraux, et un homme d'État d'un très-grand mérite. FRANÇOIS FAGEL, né en 1740 et mort en 1775, fut également secrétaire d'État. Hemsterhuys lui a consacré un magnifique panégyrique. — HENRI FAGEL, né en 1706, mort en 1790, contribua puissamment à l'élévation de Guillaume IV à la dignité de stathouder, en 1748. FRANÇOIS NICOLAS FAGEL, autre neveu de Gaspard, entra au service en 1672, et mourut en 1718; il était général d'infanterie au service des états généraux et feldmaréchal lieutenant au service de l'Empereur. Il se signala à la bataille de Fleurus, en 1690, commanda lors de la célèbre défense de Mons en 1691, et fit preuve de grands talents militaires au siége de Namur, à la prise de Bonn, puis dans le Portugal, en 1703, en Flandre (1711 et 1712), ainsi qu'aux batailles de Ramillies et de Malplaquet. - HENRI, baron Fagel, fils de Henri, dont il a été fait mention plus haut, fut adjoint à son père comme secrétaire d'État et lui succéda en cette qualité; il négocia et conclut, en 1794, l'alliance de la Hollande avec la Prusse et, l'Angleterre, suivit alors le stathouder dans ce dernier pays, et retourna en Hollande en 1813 avec Guillaume Ier, père du roi des Pays-Bas actuel. Il signa en 1814, comme ambassadeur des PaysBas à Londres, le traité de paix entre la GrandeBretagne et les Pays-Bas, et resta en Angleterre jusqu'en 1824. Il revint ensuite en Hollande, où il fut nommé ministre d'Etat, et mourut à la Haye le 24 mars 1834. Son frère, JACQUES FAGEL, fut depuis 1793 jusqu'en 1795 ministre plénipotentiaire des Provinces Unies à Copenhague, et prit une part active à la révolution qui éclata en faveur de la maison d'Orange. Son second frère ROBERT, baron Fagel, lieutenant général et premier aide de camp du roi des PaysBas, entra fort jeune au service, et commença à

se distinguer en 1793 et 1794, dans les campagnes contre la France. Il partit lorsque la révolution eut éclaté dans les Provinces-Unies, et continua de se montrer dans les pays étrangers un des plus fidèles et des plus chauds partisans de la maison de Nassau. Il retourna pour la première fois dans sa patrie en 1815; le roi Guillaume Ier le nomma son ministre plénipotentiaire à Paris. CONV. LEX.

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FAHRENHEIT (GABRIEL-DANIEL), habile physicien, né à Dantzig (Prusse), en 1686. Il est connu par divers travaux importants, mais le seul qui ait répandu son nom au loin, c'est la graduation d'un thermomètre dont on se sert encore généralement en Allemagne, et surtout en Angleterre. Ce thermomètre a ses deux limites entre la température de l'eau bouillante et celle d'un mélange réfrigérant de neige et de sel marin cette dernière est, comme l'on voit, assez arbitraire et loin de l'invariable fixation de celle des thermomètres Réaumur ou centigrade, dans lesquels le point de départ indique le degré où l'eau passe à l'état de glace. L'espace compris entre les deux points dont nous venons de parler, plus grand que celui de nos thermomètres, est divisé en 212 degrés, de manière à ce que le 320 degré répond à 0 centigrade et Réaumur, et le 180o à 100 et 80. Nous donnerons ici le moyen d'obtenir les degrés correspondants de ces trois instruments. Chaque degré de Fahrenheit est égal aux 4/9mes de celui de Réaumur, de sorte qu'il suffit, pour obtenir ceux-ci, de multiplier les premiers, soit au-dessus ou audessous de zéro, par 4, et de diviser par 9. Pour avoir les degrés centigrades, on n'a qu'à multiplier par 5 et diviser par 9, puisque chaque degré de Fahrenheit égale les 5/9mes d'un degré centigrade. Dans le cas où il s'agirait d'opérations contraires, il ne s'agit que de faire les opérations inverses. DICT. DE LA Conv.

FAIBLESSE. Ce mot exprime une idée purement relative. La faiblesse physique est une diminution habituelle ou accidentelle dans la rapidité ou l'énergie des mouvements organiques, diminution que l'on constate en comparant un individu, soit à lui-même dans les diverses périodes de son existence, soit à un individu de la même espèce ou d'espèce différente. La femme, l'enfant et le vieillard sont faibles par rapport à l'homme adulte; mais ils peuvent être robustes comparés avec telle femme, tel vieillard ou tel enfant. D'ailleurs la force ou la faiblesse s'estiment en raison des efforts qu'on peut avoir à faire, et la faiblesse corporelle unie à la vigueur intellectuelle ne surpasse-t-elle pas en résul

l'homme ses devoirs, la force de se conduire d'après ces principes est la qualité la plus désirable, et que la faiblesse qui les rendrait inutiles est l'imperfection la plus dangereuse. Quelques preuves de faiblesse, ou le faible qu'on a pour certaines choses, ne constituent pas un caractère faible. L'histoire nous montre des héros remplis de force et de sagesse s'abaissant tout à coup par des faiblesses honteuses. Salomon, Alexan

tats, de nos jours, les entreprises des géants? Qu'importent donc la faiblesse ou la force absolues? N'est pas faible qui suffit à son œuvre. Cependant il n'en faut pas moins, dans l'éducation physique et dans le cours de la vie, tâcher d'établir entre tous les systèmes et les appareils de l'économie un convenable équilibre. On atteint ce but au moyen d'une gymnastique bien entendue et d'une suffisante persévérance. Mais, dans l'état de maladie, la faiblesse indi-dre, Marc-Antoine, Henri IV, Turenne, une foule que en général une lésion plus ou moins profonde de quelque organe important à la vie; et plus on la voit augmenter, plus on doit concevoir d'inquiétude. Il faut cependant avoir soin de distinguer la faiblesse réelle de celle qui est seulement apparente et à laquelle on remédie par des moyens qui sembleraient justement propres à l'augmenter, c'est-à-dire par les débilitants. Les toniques et les excitants, efficaces contre la faiblesse réelle, donnent des résultats toujours défavorables lorsqu'elle n'est qu'apparente.

Il en est de la faiblesse partielle comme de la faiblesse générale : elle indique des lésions partielles des organes ou des appareils correspondants.

F. RATIER.

d'hommes illustres dans tous les rangs de la société, ont eu à rougir d'actions criminelles ou honteuses. C'est quand ils sont appelés au pouvoir que les hommes nous révèlent tout ce que la faiblesse a de dangereux et de coupable. Le roi, le ministre, le magistrat, le père de famille faibles, mettent en péril tous les intérêts dont ils ont à répondre. De la faiblesse viennent le caprice, l'incertitude, l'inquiétude, l'emportement, et parfois la cruauté. La connaissance du bien une fois développée par l'éducation, ce n'est qu'à la faiblesse que l'homme doit ses défauts et presque toujours ses malheurs.

Quant à la délicatesse résultant d'une organisatfon voulue par la nature, que l'on remarque dans les femmes, on doit si peu la confondre avec la faiblesse que l'Écriture n'hésite point à nommer celle qu'elle offre pour modèle à son sexe, la femme forte. Le mot faible implique toujours l'idée d'un être imparfait, parce que, comme on l'a dit plus haut, la force doit être relative aux besoins. L'enfant qui ne peut tendre l'arc de son père, l'homme qui ne peut déraciner un chêne, le fil du ver à soie qui ne

car dans l'ordre de la nature le premier doit attendre, le second s'aider d'un fer, et le troisième n'est destiné qu'à formé les plus fins tissus. Les créatures et les objets matériels capables de remplir la destination qui leur fut assignée par l'auteur de toutes choses ne sau

On a soutenu les avantages d'une constitution faible sur une constitution forte. C'est un jeu d'esprit dont il faut cependant savoir tirer ce précepte, que les personnes d'une constitution faible doivent, par les secours de l'hygiène, ou conquérir la force qui leur manque, ou conserver le peu qu'elles en possèdent à force de soins et d'attention. La faiblesse morale est une disposition à cé-soutient pas une ancre, ne sont point faibles, der sans combattre à ses propres penchants et à la volonté d'autrui. L'homme faible connaît le prix de la tempérance, de la chasteté, de la discrétion, de la fidélité, de toutes les vertus, mais il cesse de les pratiquer dès qu'elles exigent de lui quelques sacrifices, ou seulement parfois une légère contrainte ou l'obligation de soute-raient encourir le reproche de faiblesse. Mais il nir une discussion. L'obstination dans le caractère se rencontre fréquemment avec la faiblesse de la raison, ainsi qu'on peut le remarquer chez les enfants, les malades, les femmes, et beaucoup d'hommes aussi les gens faibles ressentent-ils davantage l'influence des mauvais exemples que des bons, et sont-ils plus disposés à faire le mal que le bien, comme présentant moins de difficulté. C'est par faiblesse que, dans la jeunesse, on devient joueur, prodigue et même méchant, selon les mœurs des gens avec lesquels on vit; d'où il résulte qu'après les principes religieux et moraux, enseignant à

est juste de s'élever contre la présomption de quiconque, méconnaissant ses facultés morales ou physiques, entreprend volontairement des travaux qui ne sont point en rapport avec ses facultés. L'écrivain, l'artiste, l'athlète faibles seront toujours exposés à la critique, et un ouvrage faible sera bien facilement classé parmi les mauvais ouvrages. En poésie surtout, le faible, le médiocre et le détestable diffèrent à peine, et les vers faibles sont les premiers que l'on oublie.

Ainsi que la faiblesse morale, la faiblesse physique est le résultat et la preuve d'une im

perfection. Le corps n'est réellement faible que lorsque son organisation est incomplète, ou que certaines de ses parties ont été altérées : les gens atteints de maladies chroniques, ceux chez lesquels la colonne vertébrale a dévié, les convalescents, les nouvelles accouchées, ceux qui sortent de prison ou qui mènent une vie sédentaire, ainsi que les pauvres qui se nourrissent | de mauvais aliments ou n'en ont pas suffisamment, ceux-là sont faibles. On prévient ou l'on guérit la faiblesse par un régime sain, des exercices en plein air et une modération constante dans tous les plaisirs. Il est beaucoup plus difficile de se corriger de la faiblesse de caractère que de celle du corps l'éducation même n'y peut guère; c'est dans la volonté de l'individu que se trouve le seul moyen qu'il puisse opposer à ce penchant toujours subsistant de ne penser et de n'agir que dans le sens qui lui offre le moins de difficultés. Chez quelques individus la nécessité développe cette volonté; il en est d'autres que la misère, la mort, le déshonneur même ne parviennent pas à stimuler. En considérant que la faiblesse est incompatible avec toutes les vertus, qu'elle fait les esclaves, les traîtres et les lâches, il n'est point d'homme qui ne conçoive combien il est malheureux et souvent criminel de s'y abandonCase DE BRADI.

ner.

FAIENCE. (Technologie.) C'est une sorte de poterie de terre vernissée, ordinairement à fond blanc; 'on donne le même nom à toute terre émaillée, commune ou fine, de quelque couleur que soit l'émail. Son nom lui vient, selon les uns, de Fayence, petit bourg de Provence, qui fut, à ce que l'on assure, le premier endroit en France où l'on ait fabriqué cette espèce de poterie, et selon d'autres de Faenza, nom d'une ville d'Italie de 15,000 âmes, siége d'un évêché dans la délégation de Ravenne (État de l'Église), où l'on aurait commencé à fabriquer de la faïence vers 1298. De là les deux orthographes fayence et faïence. Si nous en croyons plusieurs auteurs, les habitants de l'ile de Majorque seraient les premiers qui se servirent de la faïence; et ce qui semblerait justifier leur opinion, c'est que les Italiens tirèrent en effet de cette île leur première faïence, et qu'ils appellent encore cette sorte de poterie majorlica ou mayolina, du nom de Majorque. Quoi qu'il en soit, en France, la première faïence a été fabriquée en Provence, si ce n'est peut-être à Nevers; car on prétend qu'un Italien qui était à la suite d'un duc de Nivernais, ayant trouvé dans ce pays une terre semblable à celle dont on se

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servait dans sa patrie pour faire de la faïence, la prépara et en fit l'essai dans un petit four qu'il fit construire. Cette branche de commerce est aujourd'hui considérable en France, et dans plusieurs de nos villes on a porté le travail de la faïence à un haut degré de perfection.

L'on distingue deux espèces principales de faïence : l'une est une poterie fine de terre cuite et recouverte d'une couche d'émail blanc; elle a la propreté et la beauté apparente de la porcelaine; elle sert aux mêmes usages et ne peut aller sur le feu; l'autre est une faïence plus commune, enduite d'un émail moins blanc. Elle remplace avec avantage les poteries de terre vernissées, car plus propre et plus agréable à la vue, elle va comme elles sur le feu.

La terre qui sert à la confection de la faïence est de l'argile un peu sablonneuse, bien liante, et qui contient le moins possible de parties ferrugineuses; les belles faïences se font avec des argiles blanches.

Comme toutes les argiles contiennent plus ou moins de sable grossier, on a soin de l'en séparer par le lavage. Cette opération consiste à délayer l'argile dans beaucoup d'eau. Puis, en la faisant passer au travers d'un tamis, on fait écouler cette eau chargée d'argile dans de grandes fosses pratiquées en plein air, dont les côtés sont garnis de planches et les fonds pavés en briques. Les faïenciers, après avoir laissé la terre à faïence dans les fosses pendant une année environ, afin qu'elle se pourrisse, se mûrisse et se façonne, l'enlèvent avec des pelles, et la laissent à l'air jusqu'à ce qu'elle soit assez desséchée pour être pétrie dans les mains sans s'y attacher. Alors, après l'avoir encore pétrie avec les pieds afin qu'elle se trouve partout d'une égale mollesse, ils la mettent sur le tour pour en former des pièces; puis, lorsque les pièces sont tournées, tournasées, moulées et séchées, on les encastre dans des étuis (ou gazettes). Les étuis remplis, l'enfourneur les place dans le four, qu'il bouche, mais en ayant soin d'y laisser cependant une ouverture pour retirer les montres, petits vases de la même matière que tous ceux qui sont dans le four, afin de reconnaître ainsi quand les marchandises sont assez cuites. L'opération de la cuite demande particulièrement de l'habitude et de l'expérience.

Sous le four, dans l'endroit le plus chaud, on place sur une couche de sable le mélange à fondre et qui doit former l'émail ou couverte de la faïence. Le feu doit être d'abord entretenu d'une manière très-modérée durant huit ou douze heures, selon la qualité de la terre dont est faite

la faïence on l'augmente ensuite peu à peu pendant deux ou trois heures; enfin on met sur la bouche du four toute la quantité de bois qu'elle peut contenir, et ainsi l'on continue ce grand chauffage jusqu'à ce que les poteries soient cuites. On quitte ensuite le four au bout de 50 ou 40 heures, et lorsqu'il est refroidi on défourne les pièces qui, dans cet état, se nomment le biscuit. Le four défourné, on retire aussi le blanc ou l'émail que la chaleur a fondu en une masse de verre blanc comme du lait et opaque. | On rompt le gâteau (la masse) avec un marteau, et on en ôte soigneusement le sable qui s'y est attaché.

Le blanc ou l'émail destiné à la couverte de la faïence est composé de plomb, d'étain, de sable et d'alcali fondus vitrifiés ensemble. Lorsque ce blanc a été vitrifié sous le four on le broie dans des moulins, et l'on en forme, avec de l'eau, une espèce de bouillie claire, a peu près de la consistance de celle qu'emploient les peintres pour les murailles en détrempe. L'émail appliqué sur le biscuit, on le laisse sécher; après quoi on place de nouveau les pièces dans les gazettes ou étuis, on les remet au four, et l'on chauffe de même pour faire fondre cet enduit d'émail: c'est ce qui forme la couverte de la faïence qui est blanche, laiteuse, opaque. De la blan- | cheur de cette couverte, qui doit être bien fondue, très-mince et d'une épaisseur égale partout, dépend toute la beauté de la faïence. On doit aussi avoir soin que l'émail ne soit pas sujet à se trézoler et à s'écailler, ce qui arriye trèssouvent.

Pour empêcher que la faïence n'éclate au premier feu, et que la chaleur ne lui fasse perdre la beauté de son émail, il faut, avant de s'en servir, avoir soin de la mettre dans un vase plein d'eau, que l'on fait bouillir après y avoir jeté beaucoup de cendres. Lorsque l'eau a bouilli pendant trois à quatre heures et qu'elle est refroidie, on en retire la faïence; les sels des cendres, en se dissolvant dans l'eau, s'incrustent par l'action du feu dans les pores de la faïence, la rendent ainsi plus compacte, fortifient la continuité de l'émail, le préservent de toutes gerçures, et diminuent ainsi la fragilité de la faïence.

On fabrique en France beaucoup de faïences de toutes les sortes, mais c'est plus particulièrement à Angers, Rouen, Nevers, Montereau, Sceaux, Rennes, Moulins, Paris, Marseille, etc., que se trouvent les grandes fabriques de faïence. La ville de Marseille et d'autres localités du déparlement des Bouches-du-Rhône contiennent 43 fabriques de poterie, dont 4 de faïence blanche, 12 de faïence jaune et une de brune. Le département du Var en possède 90 fabriques, dont 12 de faïence blanche. On compte dans le département des Basses-Alpes 23 fabriques, dont 10 de faïence blanche à Moutiers, et une de jaune à Sisteron. Enfin, dans le département de Vaucluse, on trouve 11 fabriques de faïence de toutes qualités. En résumé, les fabriques de faïence en France emploient de 5,000 à 6,000 personnes, et, dans la plupart des villages où elles sont exploitées, elles fournissent du travail à la population entière. Le salaire de la majeure partie des ouvriers qui travaillent la faïence s'élève de 20 à 25 p. 0/0 sur la valeur de la mar

La plus grande partie des faïences sont peintes. Pour peindre la faïence, on y applique des couleurs qui forment différents dessins; on met❘chandise fabriquée. quelquefois les couleurs sur la couverte avant de la cuire. La faïence commune est le plus souvent peinte en bleu, car cette couleur est à trèsbon compte et résiste très-bien au feu.

La faïence qui va sur le feu est au fond la même que l'autre; seulement les faïenciers, pour lui donner cette propriété, ajoutent dans sa composition une certaine quantité de terre cuite réduite en poudre. L'intérieur des pièces de faïence faites pour supporter le feu est enduit d'un émail blanc de la même nature que celui de la belle faïence, mais moins beau à l'œil, attendu qu'il est chargé d'une grande quantité de verre de plomb; son extérieur est enduit d'une couverte en émail brun qui ne diffère du blanc que parce que, au lieu d'oxyde d'étain, on a fait entrer de l'ocre dans sa composition.

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On appelle faïenciers ceux qui vendent de la faïence et de la poterie fine, et faïencerie lelieu où la faïence se fabrique; on dit par exemple la faïencerie de Saint-Cloud, les faïenceries de Nantes, d'Orléans, etc. E. PASCALLET.

FAILLITE. (Commerce.) On désigne par cette expression l'état d'un négociant qui a cessé ses payements. L'exactitude la plus parfaite est nécessaire dans l'accomplissement des engagements commerciaux; le premier devoir des marchands et commerçants est de payer, au jour fixé, les billets et autres obligations qu'ils ont souscrits. En cas de retard, leur crédit est perdu; l'administration de leurs biens cesse de leur appartenir, leur honneur même est compromis; ils sont exclus de la bourse, déchus des droits de citoyen. Tout cela s'exprime et se justifie par ces mots : Ils ont failli.

C'est le tribunal de commerce qui, par un jugement, déclare et constate le fait.

Lorsque la faillite est accompagnée de certaines circonstances, elle dégénère en banqueroute simple ou en banqueroute frauduleuse. Alors la loi ne se borne plus à prescrire des règles pour opérer convenablement la distribu

Ce jugement crée une incapacité légale; il prescrit l'apposition des scellés; il peut aussi ordonner le dépôt du failli dans la maison d'arrêt pour deltes, ou le placer sous la garde d'un❘tion des biens du failli entre ses créanciers : elle officier de police ou de justice.

Des syndics, d'abord provisoires, puis définitifs, sont chargés d'administrer les biens et de préparer la liquidation. Ils agissent sous la surveillance spéciale et quelquefois avec l'autorisation de l'un des juges du tribunal de commerce, désigné à cet effet sous la dénomination de jugecommissaire.

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s'arme de sévérité, elle punit, en faisant une juste distinction entre le banqueroutier simple, c'est-à-dire celui qui a été imprudent, léger, aventureux, et le banqueroutier frauduleux, c'est-à-dire celui qui a voulu, par des moyens dolosifs, frustrer ses créanciers. Voy. BANQUEROUTE.

On a souvent crié au scandale à la vue de Des dispositions nombreuses et compliquées commerçants qui, après leur faillite, sont plus règlent toutes les opérations qui doivent être riches que la plupart de leurs créanciers et qui faites pour arriver au but qu'on se propose; étalent un luxe excessif lorsqu'ils devraient être elles prévoient tous les incidents qui peuvent réduits au strict nécessaire. On suppose que, la survenir, elles déterminent le mode à suivre plupart du temps, la faillite est préparée, et qu'avec la bonne volonté de faire honneur à ses pour faire reconnaître les créances qu'on a contre le failli, elles tracent les formes des dé- engagements on aurait pu l'éviter. Il y a du libérations des créanciers, elles organisent les vrai dans ces imputations; cependant elles ne assemblées dans lesquelles se fait le concordat, sont pas exemptes de quelque exagération. Pour elles établissent les droits particuliers des créan-être exact, il faut dire que presque toujours c'est ciers hypothécaires et privilégiés, et ceux de la involontairement que la faillite a lieu; mais une femme du failli. Elles prévoient les cas où les fois qu'elle est déclarée et qu'on a subi la honte propositions faites aux créanciers sont repous- du jugement qui la déclare, le failli cherche à soustraire aux créanciers le plus qu'il peut; il sées, où par conséquent il n'y a point de concordat possible, et elles règlent tout ce qui est paye les plus pressants, pour obtenir le concordat auquel ils opposeraient une résistance relatif à l'union des créanciers. Il serait difficile d'offrir une analyse exacte de toutes ces dispo- opiniâtre; il laisse au temps et à la procédure sitions sans reproduire à peu près les textes: il le soin d'embrouiller l'affaire, d'attiédir les resfaut donc se borner à en indiquer sommaire- sentiments, et il arrive à faire un traité par lequel, moyennant un faible dividende, il se libère ment le sens et le but. et il se retrouve peut-être plus riche que précédemment. On ne comprend pas comment la majorité des créanciers peut se déterminer à accepter, la plupart du temps, une aussi misérable quotité de ce qui lui est dû, souvent cinq pour cent; encore ne sont-ils pas toujours payés.

Il importe surtout de faire comprendre ce qu'on entend par l'expression de concordat. C'est la convention faite entre le failli et ses créanciers par laquelle ceux-ci consentent ordinairement à ne recevoir qu'une portion de leurs créances. En règle générale, chacun est maître d'exercer son droit comme il le juge convenable, et dans les relations civiles un seul créan-❘ cier peut exiger son payement intégral, quoique tous les autres consentent à sacrifier une partie de ce qui leur est dû. Par une exception fondée sur la position du commerce, si la majorité des créanciers d'un failli consent à lui faire une remise plus ou moins considérable, la minorité ne peut résister; elle est obligée par la volonté du plus grand nombre. Toutefois, il ne suffit pas que la majorité numérique des créanciers se prononce en faveur du failli pour que le concordat ait lieu: il faut que cette majorité soit propriétaire des trois quarts en somme des créances.

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La législation française sur cette matière vient d'être refondue. Une loi sur laquelle les chambres ont longuement discuté pendant plusieurs sessions a été sauctionnée par le roi le 28 mai 1838 et promulguée le 8 juin; elle remplace le livre III du Code de commerce. Est-ce avec de grands avantages? Personne ne peut se faire cette illusion. Il est évident que tout se borne à quelques améliorations dans les détails, le système restant le même au fond.

De temps à autre il se trouve d'honnêtes commerçants qui, après avoir eu le malheur de faire faillite, consacrent toute leur activité à conquérir une fortune nouvelle pour l'offrir à leurs créanciers et les payer en capital et intérêts; ils ob

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