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On s'est beaucoup exercé à donner l'explication de la sensation de la faim, sans parvenir à trouver autre chose que des hypothèses telles que celles du froncement de l'estomac et de la pression ou du frottement de sa tunique interne, la lassitude de ses fibres musculaires trop longtemps contractées, la compression de ses nerfs, le tiraillement du diaphragme, enfin l'action des sucs gastriques sur les parois qui les contiennent. Il y a même des auteurs qui ont réuni ces hypothèses partielles sans donner une solution plus satisfaisante. On ne peut donc vraiment dire de la faim que ce que chacun en sait par expérience, en ajoutant que la faim prolongée amène une accélération de l'absorp

tiennent alors leur réhabilitation. Ces exemples sont rares; peut-être seraient-ils plus fréquents s'ils étaient excités par une législation plus intelligente et plus morale. Ce n'est pas une probité ordinaire que celle de l'homme qui, libéré par la loi de ses obligations et pouvant à la rigueur, au milieu du relâchement général des mœurs, se présenter dans le monde et dans le commerce, à peu près comme s'il eut toujours été un modèle d'exactitude et de fidélité à ses engagements, vient spontanément consacrer des sommes considérables pour reconquérir ce qu'il a perdu d'honneur commercial, pour se refaire une considération et un crédit sans tache. Par le temps où nous vivons, on pourrait appeler cela de la vertu, bien qu'au fond ce ne soit quetion, un ralentissement de la respiration, de la justice; et si l'on ne doit pas donner de récom- circulation et de la chaleur, avec une modificapense à un pareil acte, du moins eût-il été sage tion profonde des sécrétions, ainsi qu'un déranet moral de l'environner de quelque solennité.gement plus ou moins complet des facultés inOr, la loi nouvelle, comme le Code, est bien tellectuelles. sèche et bien froide; elle prescrit un simple enregistrement, une simple lecture de l'arrêt qui prononce la réhabilitation. Les codes ne doivent-ils pas aussi honorer et récompenser les bonnes actions? J. B. DUVERGIER. FAIM, sentiment qui signale d'une manière impérieuse la nécessité de prendre de la nourriture, et particulièrement des aliments solides; car le désir des liquides a reçu un autre nom (voy. Soir). La faim diffère de l'appétit, ainsi qu'il a été dit sous ce mot, et ces deux phénomènes, bien qu'ordinairement réunis, peuvent cependant exister l'un sans l'autre. On sait que la faim se manifeste par une sorte de titillation dans la région de l'estomac. sensation qui n'est pas sans charme, mais qui devient bientôt une douleur plus ou moins aigue et s'accompagne d'un affaiblissement général, le tout cessant avec rapidité par l'ingestion de quelques aliments pour se renouveler quand la digestion est terminée complètement.

La faim varie en intensité suivant l'âge, le sexe, le tempérament, indépendamment de ce que, dans l'état maladif, elle présente des anomalies quelquefois très-bizarres. Elle est jusqu'à un certain point sous l'influence de l'habitude, et affecte des retours généralement réguliers et qui déterminent les époques des repas. Poussée à l'extrême, la faim amène la mort dans un délai plus ou moins long, suivant une foule de circonstances dont les principales sont l'âge et le sexe, et avec des phénomènes graves dont les poëtes ont tracé le tableau avant peut-être que les physiologistes eussent entrepris de le faire par leurs expériences.

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Les sujets qui meurent de faim présentent des lésions variées, et qui ne seraient pas de nature à faire reconnaître absolument à quel genre de mort ils ont succombé. On a prétendu que leurs cadavres se putréfiaient avec une extrême rapidité.

Indépendamment de la nourriture, le sentiment de la faim peut être diminué par divers agents, tels que les liqueurs spiritueuses, les narcotiques, une température très-élevée. On sait que l'on peut réduire à bien peu de chose la quantité des aliments quotidiens sans altérer la santé, et l'on possède de nombreux exemples d'abstinences très-prolongées, soit volontairement, soit par suite de malheurs, tels que siéges, naufrages, inondations, éboulements, etc. Quant au fait du comte Ugolin, il paraît, d'après le témoignage de Morgagni, que c'est une belle fiction, au moins la description, puisque personne n'a pu être témoin de sa mort, la clef de la tour où il fut renfermé ayant été jetée dans l'Arno. Voy. ABSTINENCE.

FAIM CANINE. On désignait ainsi diverses altérations maladives de la faim, lesquelles sont généralement liées à des affections nerveuses des organes digestifs. Ainsi la faim canine proprement dite, ou cynorexie, consiste à dévorer avec une extrême avidité des aliments que l'on rejette peu de temps après par la bouche sans qu'ils aient été digérés. La boulimie est une faim accompagnée de sensation douloureuse et de défaillance, tandis que, dans la polyphagie, un appétit vorace, insatiable et sans choix, est accompagné d'ailleurs de digestions régulières. D'un autre côté se trouvent deux autres affec

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tions, savoir le pica, maladie commune chez | devant, réunis jusqu'à la première articulation, les femmes chlorotiques, et qui les porte à celui de derrière ne porte à terre que sur le manger des cendres, de la craie, du charbon, bout; queue très-étagée, conique, voutée, comde la terre, etc.; et le malacia, dans lequel les posée de dix-huit rectrices; ailes courtes. halades prennent du goût pour des aliments bizarres et inusités, comme la viande ou le poisson crus, etc.

Ces deux dernières affections se rapporteraient à l'appétit plutôt qu'à la faim.

L'oiseau de la Colchide, le faisan par excellence, qui fut une conquête moins vaine que celle que cherchaient le fier Jason et ses hardis compagnons, éternise autant et peut-être plus que ne l'ont fait de beaux poëmes, une expédi'D'ailleurs toutes les maladies dont il vient tion dénaturée sans doute par les prestiges de d'être fait mention ne sont pas idiopathiques, l'imagination et le souvenir des temps fabuleux. inais bien plutôt dépendantes d'autres maladies | Du_reste, que des avanturiers aient été pousnerveuses contre lesquelles se dirige le traite-sés vers des régions alors peu connues, par l'esment principal. Il est rare qu'on les observe chez des personnes éclairées, et partant peu ac'cessibles aux préjugés.

F. RATIER. FAIRFAX (lord THOMAS), un des généraux les plus célèbres dans les guerres civiles de l'Angleterre sous Charles Ier, né en 1611 à Denton dans le comté d'York, appartenait, par sa famille, à la secte religieuse et politique des presbytériens si acharnée contre la cour: son père, Ferdinand Fairfax, fut le premier général en chef de l'armée du Nord, opposée par le parlement à l'armée royale, et ce fut sous son père que Thomas Fairfax fit ses premières armes en qualité de général de la cavalerie: tous deux remportèrent en 1644 sur les troupes de Charles Ier la sanglante victoire de Marston-Moor. En 1645 Thomas Fairfax fut lui-même nommé général en chef, et il écrasa, de concert avec Cromwell, l'armée royale à Naseby. Mais lorsque Cromwell voulut perdre le malheureux Charles Ier, Fairfax refusa de siéger parmi les juges de ce prince; et après l'exécution de la fatale sentence, il refusa encore une place dans le conseil qui exerçait le pouvoir exécutif: il conserva cependant son commandement en chef. A la mort de Cromwell, il concourut, en secondant Monk, à la restauration de Charles II, se réconcilia entièrement avec le nouveau roi, et passa paisiblement le reste de sa vie dans la retraite, jusqu'en 1671, époque de sa mort. Thomas Fairfax contribua à la publication de la Bible polyglotte. Il est compté au nombre des poètes et des orateurs de son temps. Il a laissé des Mémoires qui ont été publiés en 1699, in-8°.

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BOUILLET.

FAISAN. Phasianus. Genre d'oiseaux de l'ordre des gallinacés. Caractères : bec médiocre, assez épais, avec la base nue; mandibule supérieure voûtée, caurbée, vers la pointe, dépassant l'inférieure; narines placées sur les cotés de la base du bec et recouvertes par une membrane; joues nues, verruqueuses; tarses éperonnés chez les mâles; quatre doigts, dont trois

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poir de recueillir des trésors, ou par le désir de reculer les limites de la civilisation, en nous rapportant ce précieux oiseau, ils ont acquis des droits réels à notre reconnaissance. Transportés des bords du Phase sur ceux de l'Achélous, les faisans ont été successivement répandus dans toutes les régions tempérées de l'Europe où, d'abord, on les éleva avec beaucoup de soin, où ils se multiplièrent, affranchis, du moins en apparence, du joug de la domesticité. On les retrouve encore et en abondance, dit-on, dans les plaines froides et humides de la Sibérie, ainsi que vers les lieux les moins découverts de l'aride Afrique; mais ils n'ont pu, à cause de la brièveté de leurs ailes, s'abandonner aux longues migrations d'outremer, et aucune espèce de faisan n'a encore été observée sur le nouveau continent. De même que le coq, le faisan est polygame; mais moins que lui il s'occupe du soin de sa progéniture, les femelles en restent exclusivement chargées; vers le mois de mai, celles-ci préparent au pied des arbres le nid de mousse et de duvet, dans lequel elles pondent une douzaine d'œufs d'un gris verdâtre, tachetés de brun; elles les couvent pendant vingt-cinq jours, mais rarement elles élèvent plus de deux ou trois des petits qui naissent; les autres périssent, à moins que l'on n'ait été à portée de les recueillir, et alors on les nourrit dans les basses-cours avec une pâtée composée de mie de pain, d'œufs cuits et de laitue hachée, à laquelle on ajoute des œufs de fourmis, qui paraissent leur être rigoureusement nécessaires; dès qu'ils ont acquis un peu de forces, ils se mettent d'eux-mêmes à chercher quelques insectes; mais ce n'est qu'à l'âge de trois mois que, dans l'état complet de domesticité, on peut les traiter comme les autres gallinacés. Vers l'automne, ils deviennent pour les amateurs de la boune chère un mets des plus exquis. La délicatesse de la chair du faisan a fait de cet oiseau un grand objet de luxe; les

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souverains, les grands et même les particuliers opulents ont des faisanderies qui servent à peupler leurs forêts, leurs bois, leurs parcs, et à leur procurer tout à la fois les plaisirs de la table et ceux de la chasse.

Le faisan domestique est d'un naturel assez doux, confiant et social; sauvage, il devient craintif et farouche, il fuit jusqu'à la société de ses compagnes, il s'enfonce dans le plus épais du taillis, où il se tient le plus souvent tapi contre terre, cherchant avec défiance l'insecte ou la graine qui concourt à sa subsistance. Aux approches de la nuit, les faisans se perchent sur les arbres élevés pour s'y livrer au sommeit; le cri des males est rauque et désagréable; celui des femelles est un peu plus doux et beaucoup moins fort.

ces ), et qu'il déposait les faisceaux ( deponere
fasces) quand il sortait de charge. Lorsque ces
magistrats voulaient se rendre agréables au
peuple ou lui montrer de la déférence, ils fai-
saient baisser les faisceaux devant lui ou éloi-
gner d'eux leurs licteurs, et cet acte de défé-
rence s'appelait submittere fasces. L. Valérius
Potitus, l'un des décemvirs et qui fut consul
l'an 449 avant Jésus-Christ, mérita le surnom
de Publicola pour avoir plusieurs fois abaissé
les faisceaux ou écarté de lui ses licteurs devant
le peuple.
TH. DELBARE.

FAISCEAU D'ARMES, réunion d'armes entrelacées, se soutenant mutuellement ou s'appuyant autour d'un piquet ou d'un chevalet, et formant une espèce de pyramide. Il ne faut point confondre le faisceau d'armes avec le râtelier d'armes placé dans les chambres des casernes et dans les salles d'armes des arsenaux.

La ligne des faisceaux d'armes dans un camp est tracée le long du front de bandière, à 10 mètres en avant de la première ligne des tentes ou des baraques; les armes, par compagnie ou par demi-compagnie, sont arrangées en faisceaux autour d'un chevalet ou d'un piquet; on les recouvre d'un manteau, dit manteau d'armes, pour les préserver des intempéries de la saison. Le drapeau se place sur la ligne des faisceaux d'armes, et au bivac les armes se mettent en faisceaux en avant de la ligne des premiers feux. Lorsque la troupe est sous les armes, soit en marche, soit pour les exercices ou manœuvres, on fait former les faisceaux avant le repos qu'on donne aux soldats. Les faisceaux se forment alors par file en avant du premier rang, au commandement de: Formez les faisceaux, et après le repos, chaque soldat reprend son arme au commandement Rompez les faisceaux.

Les måles de presque toutes les espèces de ce genre offrent les plus éclatantes parures; il semble que la nature y ait prodigué l'or, y ait employé toutes les ressources de sa riche palette. Mais les couleurs s'altèrent par la domesticité et surtout par le croisement des diverses espèces. Les métis sont assez souvent féconds, ce qui a fait penser à quelques naturalistes, meilleurs historiens qu'observateurs, que les espèces les plus brillantes parmi les faisans pouvaient être anciennement issues de l'espèce commune, et modifiées par le beau climat de la Chine; mais comment concevoir que ce pays ait pu exercer tant d'influence sur un oiseau originaire de Colchide, lorsque nous voyons des espèces qui en sont presque congénères, telles que la perdrix grise, habiter les régions les plus froides comme les plus chaudes de l'Europe sans être assujetties à aucune différence? DR..z. FAISCEAUX. C'étaient, à Rome, les marques de la puissance souveraine : une hache entourée de branches d'orme, que le fer de ces instruments surmontait, était portée par les licteurs qui précédaient toujours les premiers magistrats. Suivant Plutarque et Tite-Live, ce fut Romulus qui introduisit l'usage des faisceaux et qui se fit précéder de douze licteurs, en mémoire des douze oiseaux qui lui avaient annoncé son élévation au rang suprême, ou en mémoire des douze peuples qui l'avaient reconnu roi. Suivant Florus et Silius Italicus, ce fut Tarquin l'ancien qui emprunta l'usage des faisceaux aux Étrusques, ses compatriotes. Quoi qu'il en soit, cette marque de la souveraineté subsista à Rome sous les rois, sous les consuls, et même pendant quelque temps sous les empereurs. On disait d'un consul qui entrait en charge qu'il prenait les faisceaux (sumere fas-phrases telles que celle-ci : On a cru longtemps

Un poste, dont la force varie selon l'étendue de la ligne des faisceaux, fournit des sentinelles pour veiller à la conservation des C. A. HAILLOT.

armes.

FAIT (Philosophie), du latin factum, ce qui a été fait, est un mot qu'on peut considérer soit en lui-même ou métaphysiquement, soit par rapport à notre esprit ou logiquement. Sous le premier point de vue, ce mot signifie, mais d'une manière plus générale, la même chose que le mot effet, c'est-à-dire toute manifestation d'une force agissant selon des lois particulières que la science étudie. Logiquement, il se prend par opposition à ce qui est simplement possible, à ce qui est conçu par l'esprit comme pouvant ou comme devant avoir lieu. C'est le sens qu'il a dans des

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