Images de page
PDF
ePub

« Vous avez vu les généraux Lallemant, Lefevre<< Desnouettes, Pennières, Garnier de Saintes, etc.; « vous êtes le seul qui ayez bien opéré; il ne nous « reste qu'à vous imiter. »

Voici la lettre du député que les Français réunis à Philadelphie envoyèrent à Washington, pour stipuler leurs intérêts auprès du congrès.

Washington city, 25 février 1817.

Votre lettre du 3 de ce mois, mon respectable ami, m'est parvenue hier dans cette capitale du monde libre. J'ai été envoyé ici, par notre société, comme solliciteur près du congrès, et déjà par son décret du 21 de ce mois, le sénat nous a accordé une partie de nos demandes, c'est-à-dire 92,160 acres de terre payables dans quatorze années sans intérêt; il ne nous faut plus que le concours de la chambre des représentans et l'approbation du président (ce dont nous sommes très-assurés, je parle du président) pour que ce décret ait les caractères d'une loi.

N'ayant point d'introduction auprès de M. Claye, je m'en fis une de la copie que vous m'aviez envoyée de sa lettre du mois de juillet dernier. Sa réception fut celle d'un homme qui se fonde entièrement sur la popularité et dont par conséquent tout l'art est de satisfaire sans s'engager. Hier matin, je le vis encore; je savois que vous lui aviez écrit, il en convint, me reçut mieux, mais me parla peu de votre lettre. Le soir je le rencontrai en société ; j'avois alors reçu la copie de votre lettre de ce mois, et je le lui dis Dans ce cas obligez-moi de me la traduire : j'ai honte de l'avouer, mais j'ai perdu mon français et je ne puis lire cette lettre. Il étoit alors onze heures du soir; à neuf ce matin, je lui ai porté la traduction de votre lettre, et il a pu se nourrir tout à son aise

::

de la lettre la plus flatteuse qu'il ait jamais reçue de sa vie, mais la mieux écrite et tellement bien, qu'en dépit de l'excès des louanges, le caractère le plus républicain est obligé de se soumettre et d'avaler la pilule. Il me dit en souriant : Vous méritez qu'on s'emploie pour vous; vous ne vous êtes donc pas couché? Vous êtes digne d'être l'ami de M. Lakanal, je ferai tout pour son ami. Ah ! quand j'ai déclaré que vous étiez le génie qui conduirait notre barque à bon port, et quand j'ai accoutumé chacun de nos membres à vous appeler le régulateur de la société, je n'ai fait que satisfaire à l'élan de mon cœur et à la vérité, etc.

Recevez l'assurance du dévouement sans bornes de votre ami respectueux,

PARMANTIER.

EXTRAITS

DE MA CORRESPONDANCE

Avec les savans et les gens de lettres, durant l'exercice de mes hautes fonctions publiques, à la Convention nationale, au Conseil des CinqCents, dans les départements, comme représentant du peuple, et dans les départemens de la rive gauche du Rhin, comme commissaire général.

«

Les neuf dixièmes de cette correspondance sont perdus; je ne parle dans cette notice que des pièces autographes qui me restent.

Je ne produis aucune lettre d'aucun auteur vivant. Je tiens toutes ces pièces à la disposition de ceux de mes honorables confrères qui voudroient en prendre communication.

C'est sur le vu des pièces autographes que cet opuscule est imprimé.

VICQ-D'AZYR, LAVOISIER.

« I. J'envoie à monsieur Lavoisier le projet de décret tel que je l'ai conçu en faveur de la Société de médecine; il pourroit « être placé à la suite du décret qui conservera une existence provisoire à l'Académie des sciences. Il est certain que notre

« correspondance avec les officiers de santé des départemens,

[ocr errors]
[ocr errors]

« est utile et ne peut être interrompue sans inconvénient. Ainsi il est utile et juste que la Société de médecine soit « conservée provisoirement et seulement sous le rapport du « bureau de consultation pour les règles de salubrité. Toutes « les fonctions académiques de la Société cesseront et celles«< là seulement pourront subsister. Vous verrez ce matin le citoyen Lakanal; montrez-lui ce projet de décret qui « est simple et que, sans doute, on peut mieux rédiger encore. Que je vous doive un bien grand service, la conservation << d'un établissement qui me coûte tant de travaux,»

[ocr errors]

VICQ DAZYR.

II. Lettre sur les académies, destinées à håter les progrès des sciences, no 2; lettre sur la Société de médecine, no 4; lettre sur les services nombreux que la Société de médecine a rendus à divers départements, no 1. Voyez en outre dans cet opuscule à la page 223 ce qui est dit sur Lavoisier.

LAPLACE.

n° 1.

Ce 27 frimaire an 111 de la R. F.

« Le citoyen Laplace a reçu la lettre du citoyen Lakanal, relative à l'organisation des observatoires; il est venu exprès « à Paris, pour conférer avec lui sur cet objet très-impor« tant au progrès des sciences. Il prie le citoyen Lakanal de « vouloir bien lui indiquer un rendez-vous; il viendra demain « chercher sa réponse dans les bureaux du comité d'instruction « publique, d'où il lui écrit ce billet..

n° 2.

Au Mée, par Melun, ce 2 nivôse an 111 de la R. F.

« Voici le résultat de mes réflexions sur l'organisation des

« observatoires. Je propose d'attacher à l'observatoire national trois astronomes, et à chacun d'eux un élève.

« Pour ne laisser échapper aucune observation importante, a ou peut conserver l'observatoire de la ci-devant École « militaire, et y attacher un astronome et un élève.

«Je pense qu'il suffit d'entretenir cinq observatoires choisis convenablement parmi ceux qui existent dans les dépar

[merged small][ocr errors]

« Pour diriger ces observatoires, pour recueillir et publier « les observations, en tirer le meilleur parti, et perfectionner « les théories et les tables astronomiques, je propose de créer « une commission d'astronomic, formée de trois géomètres et « de quatre astronomes, attachés aux deux observatoires de « Paris.

« Les membres de cette commission seroient nommés par << la Convention nationale, sur la présentation du Comité « d'instruction publique.

« Avant de s'occuper des observatoires des départemens, « on peut former d'abord cette commission, et la mettre surle-champ en possession des deux observatoires de Paris : «< par ce moyen simple et peu dispendieux, les travaux astronomiques reprendroient leur activité, et le Comité d'ins«<truction publique trouveroit dans les lumières de cette commission, les renseignemens dont il auroit besoin pour organiser les observatoires, et pour accélérer les progrès << de l'astronomie.

[ocr errors]

«

«

« Cette belle science mérite de fixer particulièrement l'at« tention des législateurs par la sublimité de ses découvertes, « par leur importance dans la navigation et la géographie, et << surtout par ses rapports essentiels avec le bonheur et la

liberté de l'espèce humaine : les erreurs de l'astrologie, les << vaines terreurs qui ont accompagné les éclipses, et l'appa«rition des comètes, assiégent encore, si je puis ainsi dire, l'entendement humain, et n'attendent, pour y rentrer, que « le retour de l'ignorance: observez, d'ailleurs, que partout

« PrécédentContinuer »