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Secrétaire du Bureau de la Réunion des Fabricants de Bronzes

PARIS

TYPOGRAPHIE MORRIS PÈRE ET FILS

64, RUE AMELOT, 64

1889

KE21825

HARVARD

UNIVERSITY
LIBRARY

DEC 2 0 1930

INTRODUCTION

La propriété des modèles et les moyens à employer pour la faire respecter est et a toujours été l'objet des préoccupations constantes du Bureau de la Réunion des Fabricants de Bronzes; c'est l'article premier et fondamental des statuts de notre Société.

La Contrefaçon est la grande plaie qui tend à envahir toutes les industries qui se rattachent à l'art; non seulement elle démode rapidement nos meilleures créations et nous force à produire sans cesse de nouveaux modèles, sans pouvoir tirer profit des anciens, en nous réduisant au simple rôle de producteur d'échantillons, mais encore elle avilit, elle abaisse

l'art.

Quand après de longs essais, de coûteux sacrifices, nous créons enfin des modèles satisfaisants, nos premières livraisons sont de suite contrefaites en Allemagne, en Autriche, en Amérique, et, si il le faut dire, en France même.

A l'étranger, la contrefaçon s'affiche à l'aide de surmoulages grossièrement faits en une matière quelconque, et livrés au public en quantité incalculable d'épreuves.

En France, la contrefaçon est moins osée, mais elle met en circulation de mauvaises copies qui s'étalent jusque sur la voie publique.

Que ce soit des surmoulages ou des copies, les conséquences sont les mêmes; au lieu d'une œuvre originale, artistique, dont le travail achevé permet le prix élevé, des reproductions inférieures, courant sur le trottoir, déprécient l'œuvre et la déconsidèrent. A la fin, bon nombre de nos industriels se lasseront, se décourageront et cèderont la place aux contrefacteurs; car, à voir la liberté qui leur était laissée dans ces derniers temps, on peut se demander si la loi protège notre propriété.

Jusqu'à présent, nous avons pu ne pas trop nous inquiéter des contrefacteurs; nous les savions peu nombreux et de nature à ne pas nous effrayer; mais maintenant qu'ils augmentent, que leur arrogance s'accroît, qu'ils deviennent un danger et une menace pour l'industrie dont notre Chambre a la garde, notre devoir est tout tracé. L'esprit de tolérance que nous avons montré jusqu'ici ne peut exister; nous devons nous défendre et poursuivre ces voleurs de nos industries sans trève ni pitié, en intéressant à notre cause tous les honnêtes gens.

Votre Secrétaire a pensé qu'aux approches de l'Expo

sition de 1889, et des congrès ou conférences qui se tiendront à cette occasion, il serait opportun de résumer ce qui a été fait et dit sur cette grave question; qu'il fallait chercher les moyens de défense de nos droits et de nos intérêts; qu'il était utile de rappeler la législation et la jurisprudence en vigueur; car nous sommes très décidés à faire savoir aux incrédules que nous pouvons et que nous voulons faire respecter notre propriété.

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