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degrés à l'occident, par la latitude de 57 degrés sud, et il suivra ce parallèle jusqu'à 95 degrés de longitude, pour chercher la terre et le port de Drake (note 23).

Il viendra ensuite couper le méridien de 105 degrés, par le parallèle de 38 degrés, qu'il conservera jusqu'à 115 degrés de longitude, pour tâcher de reconnaître une terre qu'on dit avoir été découverte par les Espagnols en 1714 (note 25), à 38 degrés de latitude, entre le 108° et le 110° méridien.

Après cette recherche, il ira se mettre en latitude de 2d 5', sur le méridien de 108 degrés à l'occident, pour chercher sur ce parallèle l'isle d'Easter ou de Pâque, située à 112d 8' de longitude. Il y mouillera pour remplir l'objet particulier qui lui sera prescrit dans la seconde partie de la présente instruction.

De cette isle il se reportera à la latitude de 32 degrés, sur le méridien de 120 degrés à l'occident, et il se maintiendra sur ledit parallèle, jusqu'à 135 degrés de longitude pour rechercher une terre vue par les Espagnols en 1773 (note 27).

A ce point de 135 degrés de longitude et 32 de latitude, les deux frégates se sépareront. La première s'élevera jusqu'au parallèle intermédiaire entre 16 et 17 degrés, et s'y maintiendra depuis le 135° jusqu'au 150° méridien à l'ouest de Paris, d'où elle fera route pour l'isle d'O-Taïti. L'intervalle du 16° au 17° degré de latitude, sur un espace de 25 degrés en longitude, n'ayant été visité par

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aucun des navigateurs 'modernes, et tout le voisinage de ces parallèles étant semé d'isles basses, il est vraisemblable que le bâtiment qui suivra la direction ci-dessus tracée rencontrera des isles nouvelles qui peuvent être habitées, ainsi que le sont la plupart des isles

basses de ces parages:

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Dans le même temps, la seconde frégate, à partir du même point de 32 degrés de latitude et 135 degrés de longitude, s'élevera dans le nord jusqu'à 25d 12', et tâchera de s'établir sur ce parallèle, à commencer du 131° ou 132 méridien. Elle y recherchera l'isle Pitcairn, découverte en 1767 par Carteret, et située à 25d 12' de latitude. La longitude de cette isle est encore incertaine, parce que ce navigateur n'avait aucun moyen pour la fixer par observation: il est fort à desirer qu'elle puisse être déterminée avec précision, parce que la position de cette isle, bien connue, servirait à rectifier de proche en proche celle des autres isles ou terres découvertes ultérieurement par Carteret.

En quittant l'isle Pitcairn, le second bâtiment fera route dans l'ouest, et ensuite dans le nord-ouest, pour rechercher successivement les isles de l'Incarnation, de Saint-JeanBaptiste, de Saint-Elme, des Quatre-Couronnées, de Saint-Michel, et de la Conversion de Saint-Paul, découvertes par Quiros en 1606 (note 28), qu'on suppose devoir être situées dans le sud-est d'O-Taïti, et qui n'ont point été reconnues ni même recherchées par les

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navigateurs de ce siècle. Le second bâtiment parviendra ainsi, par la route du nord-ouest, jusqu'au 150° méridien occidental et au 19o degré de latitude, d'où il se rendra à O-Taïti.

Il est à présumer que les deux bâtimens pourront y être rendus dans les derniers jours d'avril. Cette isle sera le second rendez-vous des bâtimens du roi en cas de séparation. Ces deux frégates mouilleront, en premier lieu, dans la baie d'Oheitepeha, située à la pointe nord-est de la partie de l'isle nommée Tiarraboo ou O-Taïti-ete, laquelle se trouve au vent de la baie de Matavai, située à la pointe du nord ou pointe Vénus; et elles relâcheront ensuite à cette dernière, afin de se procurer, par ces deux différentes relâches, plus de facilités pour obtenir les rafraîchissemens dont elles auront besoin.

Le sieur de la Pérouse quittera O-Taïti après un mois de séjour. Il pourra visiter en passant les isles de Huaheine, Ulietea, Otaha Bolabola, et autres isles de la Société, pour s'y procurer des supplémens de vivres, pourvoir ces isles des ouvrages d'Europe qui sont utiles à leurs habitans, et y semer les graines, y planter les arbres, légumes, etc. qui pourraient par la suite présenter de nouvelles ressources aux navigateurs européens qui traverseraient cet Océan.

En quittant les isles. de la Société, il fera route dans le nord-ouest, pour se mettre en latitude de l'isle Saint-Bernard de Quiros (note 28), vers 11 degrés. Il ne poussera la

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recherche de cette isle que du 158° au 162* méridien; et, de la latitude de 11 degrés, il s'élevera le nord-ouest jusqu'au 5 parallèle sud, et au méridien de 166 à 167 degrés; il prendra alors' sa route dans le sudouest, pour traverser, dans cette direction la partie de mer située au nord de l'archipel des isles des Amis, où il est vraisemblable qu'il rencontrera, d'après les rapports des naturels de ces isles, un grand nombre d'autres terres qui n'ont point encore été visitées par les Européens, et qui doivent être habitées. Il serait à desirer qu'il pût retrouver l'isle de la Belle-Nation de Quiros, qu'il doit chercher entre le parallèle de 11d et celui de 11, depuis le 169° degré de longitude jusqu'au 171, et successivement les isles des Navigateurs de Bougainville, d'où il passerait aux isles des Amis pour s'y procurer des rafraîchissemens.

En quittant les isles des Amis, il viendra se mettre par la latitude de l'isle des Pins, située à la pointe du sud-est de la nouvelle Calédonie (note 29); et, après l'avoir reconnue, il longera la côte occidentale, qui n'a point encore été visitée; et il s'assurera si cette terre n'est qu'une seule isle, ou si elle est formée de plusieurs.

Si, après avoir reconnu la côte du sud-ouest de la nouvelle Calédonie, il peut gagner les isles de la Reine-Charlotte, il tâchera de reconnaître l'isle de Sainte-Croix de Mendana (note 30), et d'en déterminer l'étendue vers le sud.

Mais si le vent se refuse à cette route, il ira atterrir sur les isles de la Délivrance, à la pointe de l'est de la terre des Arsacides, découverte en 1769 par Surville (note 32); il en prolongera la côte méridionale, que ce navigateur ni aucun autre n'a reconnue, et il s'assurera si, comme il est probable, ces terres ne forment pas un groupe d'isles, qu'il tâchera de détailler. Il est à présumer qu'elles sont peuplées à la côte du sud, comme on sait qu'elles le sont à celle du nord; peut-être pourra-t-il s'y procurer quelques rafraîchis

semens.

Il tâchera pareillement de reconnaître une isle située au nord-ouest de la terre des Arsacides, dont la côte orientale a été vue en 1768 par M. de Bougainville: mais il ne se livrera à cette recherche qu'autant qu'il jugera pouvoir sans peine gagner ensuite le cap de la Délivrance, à la pointe sud-est de la Louisiade (note 33); et, avant de parvenir à ce cap, il reconnaîtra, s'il le peut, la côte orientale de cette terre.

Du cap de la Délivrance, il fera route pour passer le détroit de l'Endeavour (note 34); il tâchera de s'assurer dans ce passage si les terres de la Louisiade sont contigues avec celles de la nouvelle Guinée, et il reconnaîtra toute cette partie de côte, depuis le cap de la Délivrance jusqu'à l'isle Saint-Barthélemi à l'est-nord-est du cap Walsh, sur laquelle on n'a jusqu'à présent que des connaissances trèsimparfaites.

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