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<< une terre inconnue. Il fit tous ses efforts « pour s'en approcher et la reconnaître, et il parvint à gagner une baie, dans laquelle il « mouilla près d'un cap ou d'une pointe qui << s'étendait au sud-est ; il y trouva vingt-huit, « trente et quarante brasses, fond de sable et << de roche il distinguait dans les terres, non <«<< loin de la côte, quelques montagnes cou« vertes de neige; il y fut exposé à des vents << très-orageux, et y séjourna quatorze jours. <«< Le temps enfin s'éclaircit; il reconnut alors qu'il était mouillé à une des extrémités de << cette terre, et il découvrit au sud-est et au << sud d'autres terres hautes, couvertes de neige. Un petit vent de sud-est lui permit d'appareiller; et, en faisant voile, il avait à l'ouest la côte de ladite isle, et les terres « méridionales lui restaient au sud et sud-est:

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<«< il lui parut que le canal entre l'isle et la <<< terre avait environ dix lieues de largeur; << les courans le portaient avec une grande « vîtesse au nord-est; et, en gouvernant à « l'est-nord-est, il se trouva, dans l'intervalle « d'une heure et demie, hors du passage, qu'il

* Cette terre, comme on le verra dans la note suivante, est la même que M. Duclos Guyot reconnut en 1756, et que le capitaine Cook, qui en a visité la côte septentrionale-orientale en janvier 1775, a nommée isle Georgia.

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Ceci suppose, ce qui n'est pas dit dans la relation, qu'il avait mouillé à la pointe d'une terre qui avait une isle à l'ouest ou au nord-ouest.

<<< dit être fort court, parce que l'isle nouvelle, qui forme ce canal avec les terres du sud<< est, est fort petite '.

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« En quittant cette isle', il fit route pen<«<dant vingt-quatre heures au nord-ouest; «< il fut alors accueilli d'un coup de vent de «sud si violent, qu'il l'obligea de courir pen«dant trois jours au nord jusqu'au 46° degré << de latitude méridionale. La tempête se cal«ma; et la Roche, se jugeant alors hors de danger, et dirigeant sa route pour la baie << de Tous-les-Saints, rencontra, à la hauteur << de 45a, une isle, qu'il dit être fort grande, agréable à la vue, et ayant dans la partie « de l'est un bon port, dans lequel il trouva << de l'eau, du bois et du poisson: mais il ne « vit point d'habitans pendant les six jours qu'il y passa.

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«De ce port il se rendit à la baie de Tous<< les-Saints. »

On s'est réglé, pour placer l'isle Grande sur la position de la première terre que la Roche avait découverte dans l'est de celle des États, et qui a été retrouvée dans ces derniers

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Il paraît que la Roche a passé, comme Cook, entre l'isle nommée par celui-ci Willis, et celle de l'Oiseau (Bird), mais qu'il a mal estimé la largeur du canal.

La Roche, en parlant de la déclinaison de l'aiguille aimantée, près de la côte orientale de son détroit, dit qu'elle était de 19 degré. (Antonio de la Roche, en su Derrotero, fol. 22 y 23. Voyez Seixas y Lovera, fol. 47.)

temps (l'isle Georgia de Cook). On a, en conséquence, placé la côte méridionale de l'isle Grande par 45 degrés de latitude, suivant l'indication de la Roche, et à trente lieues environ plus à l'ouest que la première terre qu'il avait découverte, parce qu'on a vu qu'en quittant celle-ci il avait fait route au nordOuest pendant vingt-quatre heures; qu'il est probable que le coup de vent de sud dont il fut accueilli dépendait un peu du sud-est qui avait régné jusqu'alors; et qu'enfin, depuis la fin du coup de vent jusqu'à la découverte de l'isle Grande, par 45 degrés de latitude, il avait fait constamment le nord, qui était sa route, pour aller chercher la baie de Tousles-Saints.

Tout porte à croire que l'isle Grande de la Roche est la même terre qu'Améric Vespuce avait découverte dans son troisième voyage, en 1502. Les géographes des deux derniers siècles avaient donné différentes positions à cette terre de Vespuce, parce qu'ils ne con. naissaient point le journal original de cet ancien navigateur; et, comme elle n'a pas été retrouvée depuis l'époque de sa découverte, les géographes modernes l'ont effacée de dessus les cartes. Cependant, en consultant les lettres originales d'Améric Vespuce, dans lesquelles il rend compte de ses navigations *,

* Vita e Lettere di Amerigo Vespucci, raccolte ed illustrate dall' abbate Angelo-Maria Bandini. Firenze, 1745. 1 vol. in-4°. Voyez aussi Novus Orbis; Basileæ, 1555, in-fol. page 226 et suivantes.

il paraît qu'il n'est pas impossible de fixer, à peu près, la position de la terre qu'il avait découverte en 1502. Il dit, dans le journal de son troisième voyage (page 54 de ses Lettres), qu'étant parti d'un port de la côte du Brésil, situé à 32 degrés de latitude méridionale [ce peut être le port nommé San-Pedro], il navigua au sud-est jusqu'au 52° degré de latitude, où il n'appercevait plus les étoiles de la petite Ourse nr celles de la grande. Il faut observer que Vespuce, en parlant de sa route, n'avait point égard à la déclinaison de l'aiguille aimantée, qui, à l'époque de sa navigation, devait être, dans ces parages, de 19 à 20 degrés vers l'est; et qu'ainsi cette route, qu'il indique au sud-est, doit être regardée comme ayant valu à peu près le sud-sud-est: or, si l'on part de la côte du Brésil à 32 degrés de latitude, pour couper le parallèle de 52a, par la noute du sud-sud-est, le point de section se trouve à environ 44 degrés à l'occident de Paris, c'est-à-dire un peu à l'ouest du méridien sur lequel on suppose que peut être l'isle Grande, et à cent quarante lieues environ dans le sud, un peu à l'ouest de cette isle. Vespuce, étant dans cette position, le 3 avril, fut accueilli d'un coup de vent de sud-ouest qui l'obligea de courir à see: il conserva cette allure jusqu'au 7, qu'il rencontra une terre nouvelle, qu'il côtoya sur un espace de vingt lieues, et qui lui parut devoir être d'un difficile accès, sans port et sans habitans. Les marins conviendront que, sans rien forcer, on

peut supposer que, durant les quatre jours que Vespuce a été poussé dans le nord par un vent de sud-ouest violent, il a pu faire, quoique naviguant à sec, trente-cinq lieues par vingt-quatre heures; et qu'il a dû conséquemment être porté jusqu'au 45° degré de latitude, étant parti de 52 degrés. Ce qui peut donner un grand poids à cette opinion, c'est que Vespuce dit qu'en quittant la nouvelle terre, il s'estimait à treize cents lieues de la côte d'Éthiopie [de Sierra-Leona}, où il aborda le 10 mai suivant; et que, pour y parvenir, il dirigea constamment sa route entre le nord et le nord-est: or, Sierra Leona est au nordnord-est 2 à 3 degrés est de l'isle Grande (suivant sa position dans la carte remise à M. de la Pérouse), et à douze ou treize cents lieues de distance. Au surplus, on ne connaît aucune isle à cette distance de la côte d'Éthiopie, et dans la direction du nord-nord-est et sudsud-ouest, qui puisse présenter une suite non interrompue de vingt lieues de côtes et comme la véracité de Vespuce sur un fait de cette nature ne peut être suspectée, on doit regarder son témoignage comme une preuve ancienne de l'existence de l'isle Grande, confirmée par le rapport plus récent d'Antoine

de la Roche.

20. Terre ou isle de la Roche, nommée par Cook isle Georgia. La note précédente a fait connaître l'époque et les circonstances de la découverte de cette isle par Antoine de la

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