Images de page
PDF
ePub

- On dit qu'il va y avoir de grandes réformes dans l'administration du trésor royal. Les payeurs-généraux et les payeurs de division seroient supprimés.

- M. le comte Reinhard, ministre de France près la confédération germanique, a présenté ses lettres de créance à la diete de Francfort, et a été admis en cette qualité.

La cour de cassation a rejeté le pourvoi des sieurs Comte et Dunoyer, contre l'arrêt qui les condamnoit à trois mois de prison et à 1000 fr. d'amende. Ils payeront de plus une amende de 150 fr.

Le premier conseil de guerre a condamné à la peine de mort, Antoine Portat, voltigeur au 5o. régiment d'infanterie de la garde royale, convaincu d'avoir frappé de deux coups de sabre un caporal de sa compagnie.

-

M. Clavier, professeur d'histoire au collège de France, et membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, est mort, le 17 novembre. C'étoit un helléniste connu par quelques traductions, et qui en préparoit d'autres.

-Babeuf, Laurent-Beaupré, Dufay, l'imprimeur Charles, Lefranc, Desbannes, Lebrun, Lescaux, Varin, et autres condamnés à la déportation par la cour d'assises de Paris, dans l'affaire du Nain tricolor, et dans celle des patriotes de 1816, sont partis de la Conciergerie pour être transférés au Mont-Saint-Michel.

- Un incendie qui a eu lieu, rue Saint-Jacques, dans la maison d'un assembleur, a consumé les feuilles du XIV. volume de Voltaire, de l'édition de Plancher, en 35 volumes. Sa perte est évaluée à 20,000 fr.

[ocr errors]

-On vient de publier une première partie des Mémoires du duc de la Rochefoucauld, qui étoit restée inédite, et qui forme cent pages. Elle contient des particularités curieuses. Le roi de Wurtemberg vient de changer presque toute la composition de son ministère. On croit que ce changement pourroit influer sur la conduite du gouvernement, pour ce qui touche la constitution de ce pays. On se rappelle les débats qui ont eu lieu à ce sujet au commencement de l'année. L'anniversaire de la délivrance de Moscou a été célébré dans cette ville par une fête à laquelle l'empereur Alexandre a assisté. Ce prince a posé la première pierre d'une nouvelle et grande église.

AU RÉDACTEUR.

Paris, ce 13 novembre 1817.

Monsieur, vous avez cru pouvoir vous joindre à un des rédacteurs de la Biographie, pour me reprocher de n'avoir pas toujours nommé les témoins de certains faits rapportés dans mes Mémoires sur le Jacobinisme, et dans l'Abrégé (1) que j'en ai fait moi-même. Ce reproche tombe plus spécialement sur la scène si touchante de ce M. Leroy, à qui la douleur et le remords arrachent les aveux les plus importans sur l'histoire du club d'Holbach. Permettez-moi d'abord d'observer qu'en nommant ce M. Leroy, je n'ai point dit tout court académicien; j'ai eu soin d'ajouter lieutenant des chasses de Sa Majesté; ce qui ne permet plus de le confondre avec tout autre homme du même nom. Je dirai ensuite que nommer ainsi que je l'ai fait, le seigneur à la table duquel s'étoit passé cette scène, n'est pas la rapporter sans en nommer le témoin le plus essentiel, et je ne sache pas que rien m'obligeât de nommer tous les convives. Quant à celui dont vous voudriez plus spécialement savoir le nom, c'étoit pour moi un vrai devoir de ménager sa délicatesse, parce qu'il m'avoit fait connoître combien il en coûteroit à son cœur de voir son témoignage publiquement allégué contre un homme qu'i a'il avoit cru long-temps digne de son amitié et de son estime.

Je crois, Monsieur, connoître la règle des témoins aussi bien que tout autre; et c'est pour cela que j'ai toujours eu soin de remonter, autant qu'il m'étoit possible, aux premières sources; c'est-à-dire, d'interroger ceux qui pouvoient me rendre plus certain des faits que j'avois à raconter. Je sais, et je ne l'ai que trop éprouvé, qu'il est des circonstances et des temps où un historien a besoin de prudence et de discrétion, pour ne point exposer ceux qu'il pourroit nommer à la haine et à la vengeance de certains partis. Je sais aussi qu'alors toute la confiance des lecteurs repose sur l'idée qu'ils peuvent avoir de la probité et de l'impartialité de l'historien; et je crois avoir trop souvent dit la vérité à tous les par

(1) La lecture de cet ouvrage a servi à convertir un protestant, qui vient de faire abjuration. a vol. in-ta; prix, £4r. et 7 fr. So c. Au byreau du Journal.

tis, pour qu'on puisse me soupçonner d'avoir supposé des témoins dont je n'aurois pas connu la véracité. Tout ce qu'on peut exiger d'un auteur, dans ces circonstances, c'est qu'il se nomme, et soit prêt à répondre à ceux qui auroient à se plaindre de lui; et vous avez pu voir, dans l'ouvrage même dont il est question, que personne n'est plus disposé que moi à satisfaire à de pareilles plaintes. Vous auriez pu observer aussi, sur ce que j'avois dit du club d'Holbach, que tout extraordinaires que pouvoient paroître les aveux de M. Leroy, j'avois eu soin d'environner ce qu'il en déclare de tant d'autres preuves, qu'à peine en avions-nous besoin d'autres pour constater les travaux de ce club. Les seuls aveux de Condorcet, que j'avois eu grand soin de citer, et que vous remettez sous les yeux de vos lecteurs, ne vous permettent pas de révoquer en doute le plan et la marche des sophistes conjurés; et vous êtes étonné de ceux d'un adepte, à qui le repentir les arrache en présence de M. d'Angivilliers et de tous ses convives! Vous auriez voulu que je fisse plus d'usage des écrits de Jean-Jacques, et c'est précisément le témoin qu'ils sont le plus disposés à récuser, à cause de ses bizarreries et de l'antipathie trop notoire qu'il avoit pour eux. Les Mémoires de Marmontel et la Correspondance de Grimm auroient pu, dites-vous, me fournir bien des lumières; c'est, sans doute, une distraction de votre part, puisque ces ouvrages n'ont été publiés que bien des années après le mien. J'avoue même, avec plaisir, que le bon usage que vous en avez fait dans votre journal, est la première chose qui me les a fait connoître. Pensez d'ailleurs, Monsieur, que je fus le premier à fouiller dans la triple mine des conjurés; et peut-être serez-vous étonné, comme bien d'autres, de l'abondance des preuves que j'en ai tirées. Vous semblez croire aussi que j'ai mis Voltaire, Diderot, d'Alembert, Rousseau, Montesquieu, Raynal, sur la même ligne. Là-dessus, Monsieur, j'en appelle à tous mes lecteurs, soit quant au caractère, soit quant aux opinions que je leur attribue, soit quant au role que je leur fais joner d'après leurs écrits même; comme j'en appelle à votre justice, sa vous priant de vouloir bien insérer, dans un de vos prochains numéros, cette lettre, que je terminerai l'assurance des sentimens d'estime et de respect avec lesquels je suis, L'abbé BARRUEL,

Votre très-humble serviteur,

par

(Mercredi 26 novembre 1817.)

(No. 344.)

LE CONCORDAT (1).

Le voile qui couvroit encore en partie les destinées de l'Eglise de France vient d'être soulevé. Le gouvernement a fait part à la chambre des députés du nou veau Concordat,, ainsi que des bulles et actes qui l'accompagnent. Voici le texte de la convention du 11 juin dernier, rédigée en latin et en françois. Nous ne donnons que le françois :

Convention entre le souverain Pontife Pie VII, et S. M. Louis XVIII, Roi de France et de Navarre.

Au nom de la très-sainte et indivisible Trinité; sa Sainteté le souverain pontife Pie VII, et sa Majesté très-chrétienne, animés du plus vif désir que les maux qui, depuis tant d'années, affligent l'Eglise, cessent entierement en France, et que la religion recouvre dans ce royaume son ancien éclat, puisqu'enfin l'heureux retour du petit-fils de saint Louis sur le trône de ses aïeux, permet que le régime ecclésiastique y soit plus convenablement réglé, ont en conséquence résolu de faire une convention solennelle, se réservant de pourvoir ensuite plus amplement et d'un commun accord aux intérêts de la religion catholique.

En conséquence, sa Sainteté le souverain pontife Pie VII, a nommé pour son plénipotentiaire, son Em. Ms. Hercule Consalvi, cardinal de la sainte église romaine, diacre de SainteAgathe ad Suburram, son secrétaire d'Etat.

Et sa Majesté le Roi de France et de Navarre, son Exc. M. Pierre-Louis-Jean-Casimir comte de Blacas, marquis

́(1) Concordat entre notre saint Père le Pape et S. M. le Roi trèschrétien, signé à Rome, le 11 juin 1817, avec les bulles et pièces qui y sont relatives, en latin et en françois, suivi de la liste des évêques de France. Brochure in-8°. ; prix, 1 fr. 50 c. et 1 fr. 75 c. franc de port. A Paris, au bureau du Journal, chez Adrien Le Clere. Edition imprimée sur l'original qui nous a été envoyé de Rome.

Tome XIV. L'Ami de la Religion et du Ro1. E

1

d'Aulps et des Rolands, pair de France, grand-maître de la garde-robe, son ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire près le saint Siége.

Lesquels, après avoir échangé leurs pleins pouvoirs trouvés en bonne et due forme, sont convenus des articles suivans: Art. 1er. Le Concordat passé entre le souverain Pontife Léon X, et le Roi de France François Ier, est rétabli

2. En conséquence de l'article précédent, le Concordat du 15 juillet 1801 cesse d'avoir sou effet.

3. Les articles dits organiques, qui furent faits à l'insu de sa Sainteté, et publiés sans son aveu, le 8 avril 1802, en même temps que ledit Concordat du 15 juillet 1801, sont abrogés en ce qu'ils ont de contraire à la doctrine et aux lois de l'Eglise.

4. Les siéges qui furent supprimés dans le royaume de France par la bulle de sa Sainteté, du 29 novembre 1801, seront rétablis en tel nombre qui sera convenu d'un commun accord, comme étant le plus avantageux pour le bien de la religion.

5. Toutes les églises archiepiscopales et épiscopales du royaume de France, érigées par ladite bulle du 29 novembre 1801, sont conservées, ainsi que leurs titulaires actuels.

6. La disposition de l'article précédent relatif à la conservation desdits titulaires actuels dans les archevêchés et évêchés qui existent maintenan! en France, ne pourra empêcher des exceptions particulières fondées sur des causes graves et légitimes, ni que quelques-uns desdits titulaires actuels ne puissent être transférés à d'autres siéges.

7. Les diocèses, tant des siéges actuellement existans, que de ceux qui seront de nouveau érigés, après avoir demandé le consentement des titulaires actuels et des chapitres des siéges vacans, seront circonscrits de la manière la plus adaptée à leur meilleure administration.

ger

8. Il sera assuré à tous lesdits siéges, tant existans qu'à éride nouveau, une dotation convenable en bien-fonds et en rentes sur l'Etat, aussitôt que les circonstances le permettront, et en attendant il sera donné à leurs pasteurs un revenu suffisant pour améliorer leur sort.

Il sera pourvu également à la dotation des chapitres, des cures et des séminaires, tant existans que ceux à établir.

9. Sa Sainteté et sa Majesté très-chrétienne connoissent

« PrécédentContinuer »