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Les Républiques devraient se rapprocher les unes des autres: sous beaucoup de rapports, elles ont toutes le même intérêt. Mais cette maxime est spécialement vraie à l'égard des Républiques américaine et française. Leurs gouvernemens ont une grande analogie; ils chérissent tous deux les mêmes principes et reposent sur les mêmes bases, les droits égaux et inalienables de l'homme. Tout, jusqu'au souvenir des dangers communs, augmentera leur harmonie et cimentera leur union. L'Amérique a eu ses jours d'oppression, de difficultés et de guerre; mais ses enfans furent vertueux et braves; et l'orage qui a si long-tems obscurci son horison politique, s'est dissipé et l'a laissée dans la pleine jouissance de la paix, de la liberté et de l'indépendance.

La France, notre alliée et notre amie, qui nous a assistés dans notre conflit, s'est de même élancée aujourd'hui dans cette carrière honorable, et je suis heureux d'ajouter ici que tandis que la persévérance, la magnanimité et la valeur héroïque de ses troupes commandent l'admiration et les applaudissemens du monde étonné, la sagesse et la fermeté de ses conseils promettent également les résultats les plus heureux.

L'Amérique n'est pas spectatrice insensible de

vos efforts dans la crise actuelle ; je vous soumets, dans les déclarations de chaque département de notre gouvernement, déclarations fondées sur l'affection de la masse de nos citoyens, la preuve la plus convaincante de leur attachement sincère pour la liberté, la prospérité et le bonheur de la République française. Chaque branche du Congrès, conformément au mode de délibération qui y est établi, a requis le président de vous informer de ses dispositions, et en remplissant le desir de ces deux branches, je suis instruit de vous déclarer que le président a exprimé ses propres sentimens.

Les pouvoirs qui me sont confiés étant reconnus par vous, je me promets la plus grande satisfaction dans l'exercice de mes fonctions, parce que je suis intimement convaincu qu'en suivant les impulsions de mon propre coeur, en faisant des vœux pour la liberté et le bonheur de la Nation française, j'exprime les sentimens de ma patrie, et qu'en faisant tout ce qui est en mon pouvoir pour conserver et perpétuer la bonne harmonie qui existe si heureusement entre les deux Républiques, je vais servir leurs intérêts mutuels.

C'est vers ces grands objets que sont dirigés tous mes efforts. Si j'ai le bonheur de me con

duire de manière à mériter l'approbation des deux Républiques, je regarderai cet évènement comme le plus heureux de ma vie, et je me retirerai dans la suite avec cette consolation qui est exclusivement le partage de ceux dont les intentions sont pures et qui servent la cause de la liberté ».

La réponse du président de la Convention nationale au discours du plénipotentiaire, portoit en substance:

« Le peuple français n'a point oublié que c'est au peuple américain qu'il doit l'initiative de sa liberté; Comment ne seroient-ils pas

LETTRES DE CRÉANCE de M. Monroc, ministre plénipotentiaire des États-Unis.

GEORGES WASHINGTON, président des ÉtatsUnis de l'Amérique, aux Représentans du peuple français, membres du comité de salut public de la République française, la grande amie et bonne alliée des États-Unis.

Ayant été informé du desir de la République

amis, comment n'associeroient-ils pas les moyens réciproques de prospérité que leur offrent le commerce et la navigation, ces deux peuples qui sont devenus libres l'un par l'autre ? Mais ce n'est point une union purement diplomatique, c'est la fraternité la plus douce, la plus franche, qui doit les unir; c'est elle qui les unit en effet, et cette union sera à jamais indissoluble, comme elle sera à jamais le fléau des despotes, la sauvegarde de la liberté du monde, la conservatrice de toutes les vertus sociales et philantropiques »....

To the committe of public safety of the French Republick.

Georges Washington, president of the UnitedStates of America, to the representatives of the French People, members of the committee of public safety of the French Republick, the great and good friend and ally of the United-States.

On the intimation of the wish of the French

Republick, that a new minister should be sent from the United-States, I resolved to manifest my sense of the readiness with which my request was fulfilled, by immediately fulfilling the request of your governement. It was sqmetimes before a character could be obtained, worthy of the high office of expressing the attachment of the United-States to the happiness of our allies, and drawing closer the bounds of our friendship. I have now made choice of James Monroc, one of our distinguished citizens, to reside near the French Republick, in the quality of minister plenipotentiary of the United-States of America. He is instructed to bear to you our sincere solicitude for your welfare, and to cultivate with zeal the cordiality so happily subsisting between us. From a knoweledge of is fidelity, probity and good conduct, I have entire confidence that he will render himself acceptable to you, and give effect to your desire of persevering and advancing, on all occasions, the interest and connection of the two nations. I beseech you, therefore, to give full credence of whathever he shall say to you on the part of the United-States, and, most of all, when he shall assure you that your prosperity is an

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